L'Ordre des Chevaliers Divins

L'Ordre des Chevaliers Divins regroupe nombre de soldats plus ou moins expérimentés mais se battant pour une cause juste, Dieu.
 
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 Mission : affaire de famille.

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*chaos*
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Votre Chevalier
Nom: Adrian Gordon
Grade: Capitaine
Statut: En mission

MessageSujet: Mission : affaire de famille.   Ven 8 Oct - 20:58

Une épaisse fumée noirâtre recouvrait la vallée dans laquelle était tapie Fendeille, une petite bourgade qui, le jour précédent devait compter une centaine d’habitants et qui, en cette heure, ne contenait plus le moindre villageois.
Deux formes surgirent de l’épais brouillard, tels des spectres. Aucun bruit n’était audible, seul le son des sabots martelant le sol résonnait dans l’étendue gelée. Derrière les deux silhouettes, un cris retentit, une jeune femme les dépassa en courant, surprenant leurs montures qui s’écartèrent instinctivement. Un instant plus tard, le corps inerte de l’infortunée gisait sur le sol. Le cavalier de droite s’avança, mit pied à terre, tirant avec force sa hallebarde qui avait stoppé la course de celle qui s’avérait être une paysanne.

Un léger rayon de soleil filtra à travers la brume, dévoilant le visage étonnement pâle de Shiva, Capitaine de l’Ordre des Chevaliers Divins et seconde d’Adrian Gordon. La guerrière portait une armure de plates, recouverte d’une tunique noire et d’une épaisse cape en fourrure, ses longs cheveux foncés reposant sur ses épaules tandis que son regard fixait sa dernière victime. Elle déclara d’une voix dure :

- Je suis lasse de tout ça…

Elle tourna son visage vers le second cavalier qui était lui aussi sorti de la brume qui diminuait de plus en plus. L’homme était un géant, monté sur un destrier tout aussi colossal. Les deux êtres se ressemblaient : massifs,démesurés et apparemment indifférents à toute chose.

Gordon portait son habituelle cotte de maille, recouverte de sa tunique et de sa cape, chacune ornée de son blason alors que ses bras étaient nus, laissant apparaître des muscles ravec de multiples cicatrices. Seuls ses avant bras demeuraient protégés par deux canons de cuir noir, eux-mêmes surmontés de petits boucliers. Une gigantesque épée était attachée à la selle du colosse, de manière à ne pas toucher le cheval et tout en étant facile à dégainer, en plus des deux lames plus courtes qui pendaient à sa ceinture.

Son visage était rude, comme forgé dans la roche, ses cheveux étaient forts longs, regroupés en une queue de cheval grossière, une fine barbe recouvrait ses joues et son menton, tandis qu’une large balafre lui barrait la face, débutant sur le front et rejoignant la joue gauche, en passant par le sommet du nez. Quant à ses yeux, ils étaient d’un bleu fort pâle.
L’homme parla avec fermeté, tout en contemplant le sang qui se répandait sur le sol, colorant le givre qui ne tarderait pas à se transformer en une boue rougeâtre, vu l’éclat avec lequel le soleil brillait.

- Il nous faut pourtant continuer, les résultats sont excellents, nos coffres sont pleins, nos caves regorgent de nourriture malgré l’hiver, de nouveaux paysans rejoignent nos terres sans cesse. Nous devons profiter de l’indifférence des toulousains pour continuer à les affaiblir.

La femme se pencha, essuyant sa lame avec le tissu de la robe de sa victime, elle se remit en selle. Au même instant, un bruit d’effondrement retentit, suivi de nombreux cris, une des maisons incendiées devait encore contenir quelques habitants bien dissimulés.
De nouveaux cavaliers surgirent, certains montés sur les superbes shires, d’autres sur des chevaux de selles, français, moins robustes mais plus rapides. Leurs maîtres n’étaient armés que d’un arc,d’un bouclier et d’une hache, ils formaient l’unité dite des auxiliaires. Les autres soldats étaient les terribles exécuteurs, les redoutables bouchers qui n’obéissaient qu’au Capitaine Gordon. Chacun d'entre-eux portait soit une claymore, soit une faux de guerre, selon ses préférences ainsi qu’une épée bâtarde. Ils n’étaient plus obligés de s’encombrer des deux armes traditionnelles de l’unité, pour un soucis évident de mobilité.

Les soldats portaient tous des tuniques noires, marquées du blason du leur commandant. Leurs selles étaient munies d’énormes fontes, destinées à contenir tout le butin que les pillages leur permettaient de récupérer. La plupart des hommes étaient recouverts de sang, ils étaient souriant malgré le froid et semblait d’humeur gaillarde. Un grand guerrier s’avança au trot et prit la parole :

- Le village est anéanti Capitaine ! Nul survivants et nous avons récupéré assez de viandes salées, de cruchon de vins, de fourrures, mais peu d’or malheureusement…

L’homme s’inclina tout en tendant une bourse à son supérieur. Celui-ci la soupesa, hochant de la tête avec satisfaction, avant de déclarer :

- C’est plus que ce que je n’espérais. Nous rentrons, donne le signal aux éclaireurs de nous suivre, Hannibal.

Le sergent acquiesça. Partant au galop vers la colline la plus haute, il prit le cor qui pendait à son cou et souffla à deux reprises avec force. le son se propagea fort loin, une dizaine de réponses résonnèrent dans la vallée. Le Capitaine talonna sa monture, démarrant au grand galop, suivi de ses soldats.
Une fois Hannibal rejoint, le Géant du Nord lança un ultime regard sur le village de Fendeille. La fumée s’était dissipée, laissant apparaître les ruines encore chaudes de nombreuses chaumières, des corps jonchaient le sol, tandis que d’autres brûlaient dans les flammes. Le colosse sourit, ce serait un nouvel exemple pour les villageois des alentours qui seraient bien obligés de disparaître à leur tour ou de rejoindre les terres de l’Ordre où ils travailleraient pour alimenter les armées,comme tant de leurs frères l’avaient déjà fait...

La troupe repartit au galop, ne ralentissant l’allure que pour laisser les montures se reposer. Il fallut plus d’une dizaine d’heures pour rejoindre Fort Guède, le petit château qui était devenu quelques mois plus tôt, la propriété du Capitaine Gordon.
Depuis son arrivé, le Démon du Nord avait imposé une discipline spartiate, ses hommes subissaient des entraînements incessants, tandis que les serfs avaient consacrés toute leur énergie à restaurer les murailles, colmatant les brèches, construisant de nouvelles tours pour les archers, installant sous le regard des ingénieurs de nombreuses balistes… Le fort était devenu une petite forteresse, capable de résister à un siège éprouvant grâce aux énormes réserves de nourriture obtenues grâce aux pillages mais surtout, grâce à ses défenseurs, qui avoisinaient maintenant les 500 hommes.

Les soldats présent étaient séparés en trois groupes distinct : les faucheurs, qui n’étaient que 50, représentant l’élite de l’ordre. Ils étaient tous aguerris et habitués aux combats, leur terrible entraînement avait fait d’eux des machines de guerre, aussi bien à pied qu’à cheval. Ils semaient la mort avec un efficacité et un entrain effrayant.
Les auxiliaires, soldats légers et destinés à saper les défenses adverses étaient 200, assez pour défendre les murs à l’aide de leurs arcs courts, semblables à ceux utilisés par les archers montés. Ils pouvaient aussi enfoncer les flancs ennemis à l’aide de leurs haches, en cas de nécessité absolu, bien qu’ils ne soient pas équipés pour des combats au corps à corps trop violents.
Le dernier groupe était composé de piquiers. En effet, Gordon, comme en Hongrie des années plus tôt, avait voulu rendre hommage à la phalange grecque et s’était mis en tête d’entraîner des combattants afin qu’ils manient des vouges extrêmement longues, destinée à stopper la cavalerie ennemie et à ralentir l’infanterie. Cette unité représentait la moitié du total de la garnison.

Ces hommes étaient tous au service d’un même homme. Ils avaient cessés d’être les Chevaliers Divins, pour devenir les serviteurs d’Adrian Gordon qui était totalement indépendant de la politique de l’Ordre : il menait la guerre contre Toulouse à sa propre manière, faisant fi de l’honneur et de la noblesse pour se concentrer sur l’efficacité. Sa stratégie consistait à frapper en traître les toulousains, les affaiblir pour faciliter leur destruction, brûler leurs ressources ou les dérober, à anéantir ou effrayer les habitants de leurs terres, détruire les forts et châteaux isolés... En un mot, à saper le moral de l’ennemi... Les tactiques brutales de Gordon étaient connues au sein de l’Ordre et suscitaient de nombreuses réactions, hostiles pour la plupart tandis que Rénald appréciait le zèle dont l'Ecossais faisait preuve. De plus l’or prélevé lors des pillages lui était en partie restitué.
Du coté toulousain, plusieurs seigneurs avaient fait le serment de venger la mort de Raoul, le Comte de Fenouillet, à commencer par son frère et ses plus proches parents qui n’avaient toujours pas pu récupérer la dépouille du noble qui pourrissait toujours sur les remparts du fort.

La troupe fit halte devant le pont-levis. Un homme de taille moyenne au tain légèrement basané, accueillit le Capitaine Gordon. S’inclinant, il demanda :

- La récolte fut bonne, Seigneur ?

Adrian, sautant de sa monture, posa sa lourde main sur l’épaule de son intendant, répondant :

- Excellente, fais diviser cette bourse en deux, fais envoyer la moitié à Rénald, et répartis le reste entre les hommes qui ont participé à l’opération.

L’individu hocha de la tête, avant de reprendre d’une voix hésitante :

- J’ai des nouvelles de l’armée toulousaine qui faisait marche vers nous, ils nous ont envoyé un message. Celui qui mène les troupes n’est autre que Alain de Fenouillet, le père du noble que vous avez vaincu.

Le colosse s’étonna peu de la nouvelle, il se doutait que vu l’importance de l’armée qui approchait, et l’insignifiance stratégique de la position de Fort Guède, ce devait être une affaire de vengeance.

- Que veulent-ils ?

Le serviteur tendit le parchemin, que Gordon lit d’une traite. Il appela ensuite Shiva et Hannibal, leur ordonnant de se tenir prêt à quitter le camp dans quelques heures. Il reprit ensuite les rênes de sa monture et se dirigea vers les écuries mais son intendant le héla une nouvelle fois.

- Qu’il y a-t-il d’autre, Romuald ?

- Les mercenaires sont arrivés, leur Capitaine vous attend dans la cour d’entraînement.

Le géant sourit légèrement, il attendait depuis plusieurs semaines les mercenaires gallois dont son ancien second, Wallace, lui avait vanté les mérites. L’Ecossais avait en effet retrouvé sa terre natale, et grâce à la protection du roi et à son statut de chevalier, avait pu se procurer un grade de gouverneur d’une petite cité. Il avait eu besoin de faire appel aux mercenaires pour la défendre contre les assauts d’une bande de rebelles, et s’était montré des plus impressionné vis-à-vis des qualités d’archers de ces hommes maniant l’arc long. Il en avait rapidement informé son vieil ami, qui avait décidé de lui envoyer suffisamment d’or pour engager les gallois pour six mois et les faire passer la Manche, tout en se montrant un peu défiant quand à la loyauté de ces hommes, qui finalement avaient honoré leur accord et étaient arrivés en fin de soirée le jour précédent.
Bien que fort aise de la présence de ces recrues de choix, le Démon du Nord était désireux de cacher son enthousiasme, et choisit de ne point se précipiter. Au contraire, il ramena lui-même sa monture dans les écuries, la descellant et la bouchonnant lui-même

Se décidant enfin à rejoindre le Capitaine des mercenaires, Adrian fut surpris de le trouver en train de s’occuper de l’entraînement de ses soldats. L’Ecossais demeura un instant immobile, observant ses nouveaux archers.
Les gallois maniaient les terribles longbows, décochant leurs flèches à cadence régulière, perçant sans difficultés les cibles de pailles, sans visiblement se fatiguer. C’étaient bien des hommes de métier qu’il avait engagé, et non pas n’importe quels incompétents.

Adrian interpella celui qui donnait les ordres, un homme déjà d’un certain âge, portant une brigandine recouvrant son corps presque entièrement, un arc placé dans son dos, le carquois et l’épée au flanc. Il retira son bonnet en fourrure à l’approche du géant, découvrant un crâne presque chauve, et s’empressa de dire :

- Eudes vient de s’absenter, my Lord, il ne devrait pas tarder.

Adrian n’eut pas le temps de prononcer un mot qu’une voix résonna derrière lui :

- Hey quoi, Lormet, vieux brigand, on baille aux corneilles ?

Le colosse écossais se retourna, croisant machinalement ses bras monumentaux, il dévisagea le nouveau venu. L’homme était grand, large et solidement battit. Son visage était rude, son front marqué d’une double entaille en forme de croix trahissait une certaine jeunesse, aucune ride n’enlaidissant encore sa peau,. De longs cheveux noirs et raides descendaient sur les épaules de l’homme qui pour l’heure semblait plutôt enthousiaste.

L’équipement était des moins orthodoxes, une cuirasse étrange, un peu à la mode romaine, ornée de gravures en argent, était en partie recouverte par une cape pourpre. Une ceinture représentant un lion monstrueux surmontait des jambières faites dans le même acier que l’armure et que les canons d’avant bras qui brillaient sous le pâle soleil hivernal. Une large hache à double tranchant dépassait dans le dos de l’individu, une épée à large pommeau ornait son flanc, tandis que ses bras tenaient deux cruches partiellement maculées de bière.

L’homme passa à coté de Gordon, ne lui accordant pas un regard et tendit l’un des récipient au dénommé Lormet qui pâlit, se tournant ensuite vers l’écossais. Il l’interpella d’un ton familier :

- Salut l’ami, alors on essaye de distraire mon second de sa tâche ? Allons, je ne t’en veux pas, tu veux trinquer avec nous ?

Gordon se tenait droit, fronçant les sourcils, apparemment impassible. Il s’amusait en réalité de l’effronterie de cet homme, qui devait avoir plus ou moins son âge, mais qui semblait bien insouciant. Romuald arriva presque instantanément, déclarant :

- Ah ! Je vois que vous avez trouvez notre recrue, Commandant Gordon. Je vous présente Eudes de Normandie, et voici Lormet,son écuyer.

Se tournant vers celui-ci, il lui demanda :

- J’espère que ma description vous a permis de reconnaître celui à qui vous devez dorénavant allégeance ?

L’homme hocha de la tête, répondant avec gêne :

- En effet Sire, par contre je n’ai pas eu le temps de prévenir mon Seigneur…

Le Seigneur en question, visiblement peu dérangé, tendit sa main vers Gordon avec enthousiasme. Celui-ci toisait avec sévérité le jeune homme, décroisant ses bras, il arracha d’un geste la cruche à la main de l’homme et en but une gorgée, parlant ensuite :

- L’alcool est seulement admis en fin de journée, et pour les soldats qui rentrent de mission. Les officiers sont autorisés à deux verres de vins ou quatre choppes de bière par jour, toujours en cas de succès de leurs expéditions et seulement à partir du moment où le ciel est couché.

Le dénommé Eudes s’attrista d’un coup, simulant le chagrin, il gémit :

- Et pour un modeste chef de guerre qui vient vous livrer une centaine des meilleurs archers de toutes l’Europe, quelle sera la ration ?

Romuald et Lormet, simultanément pâlirent, ce dernier ayant compris que Gordon n’était pas homme dont il fallait se payer la tête, ils furent tous deux surpris de voir le géant esquisser un sourire, moins de le voir frapper d’un énorme coup de poing le visage du Capitaine qui recula d’un pas sous l’impact. Ce dernier, se tenant la joue gauche, reprit :

- Cela répond peu à ma question…

En un éclair, il dégaina sa lame, son visage s’était soudain obscurci, il parla avec colère :

- Fut-ce un client, aussi important que toi, personne n’a jamais osé me frapper sans le payer de sa vie.

Gordon sourit largement devant cette menace, découvrant ses dents pointues de carnassier, son regard illumina un instant, tandis qu’il dégainait la claymore qu’il avait replacée dans son dos après être descendu de son cheval.

Eudes chargea, lançant une série d’assauts fort rapides, destinés à tester son adversaire, tout en raillant son adversaire qui se taisait, se contenant de parer. Le dévoué Lormet, furtivement dégaina une dague, esquissant un mouvement de jet, Romuald agrippa le poignet de l’homme et lui murmura quelques paroles qui semblèrent calmer le vieil homme.

Le mercenaire était maintenant sur la défensive, attendant que l’Ecossais à son tour se lance à l’attaque, ce qui ne tarda pas. Avec sa violence habituelle, le colosse se déchaîna, surprenant le jeune homme qui ne s’attendait pas à une telle rapidité de la part d’un adversaire aussi monumental. Il fut bientôt contraint de reculer, les coups de Gordon étaient tels les coups du forgeron martelant son enclume. Bientôt le jeune homme lâcha prise, une frappe verticale particulièrement puissante l’ayant surpris au point que son arme avait été emportée dans le mouvement.

Ce fut au tour du Commandant d’être surpris. En effet, instantanément après avoir perdu son arme, le mercenaire avait dégainé sa hache et administra un solide coup de manche dans le foie d’Adrian,qui lâcha son arme tant la douleur fut fulgurante.

Le géant demeura un instant ébahi, ils étaient bien peu nombreux ceux qui avaient réussi à le désarmer. Il demeura immobile quelques secondes, tandis que Eudes s’élançait, levant sa hache comme si il allait fendre une bûche, et effectivement, ce fut du bois qu’il rencontra .Adrian avait lever ses deux bras,protégés par ces rondaches,qui résistèrent au choc,la première étant brisée, mais la seconde supportant l’attaque.

Les deux gaillards, déséquilibrés par le choc, tombèrent au sol. En un éclair, l’Ecossais était sur son adversaire, lui décochant un second coup de poing. Un bref instant,les regard des deux guerriers se croisèrent, aussi incrédules l’un que l’autre, la rage laissant place à la stupeur.

Le Capitaine se releva, dépoussiérant sa cape d’un geste. Il observa son bras ou sa protection de bois était à demi-arrachée. A quelques centimètres prêt, son avant bras aurait été tranché net. Le mercenaire quand à lui eu plus de mal à se remettre sur ses pied, son nez était brisé, le sang coulait abondamment, il se contentait de contenir le liquide qui s’échappait de son corps, déboussolé.
Romuald et Lormet étaient eux aussi sous le choc, chacun avait vu son champion, l’homme qu’il croyait invincible, à deux doigts d’être anéanti,et ce, non pas suite à un combat long et éprouvant, mais en quelques minutes ou le génie de combattant de chacun avait pu s’exprimer.

Adrian s’était redressé, le poing sur sa dague dégainée, attendant une réaction de son adversaire, qui, étonnamment sourit largement, malgré le sang qui lui recouvrait déjà le visage. Il mit un genou à terre et parla d’un ton enjoué :

- Vous avez été charitable de ne pas m’avoir percé comme un papillon, je crois que vous êtes le premier à avoir eu ma vie à votre merci, j’aurais sûrement eu bien piètre allure en me présentant devant Saint Pierre, une dague au milieu du corps et le nez fendu.

En effet, l’homme était conscient qu’il avait été vulnérable un bref moment, suffisamment longtemps pour être anéanti. Gordon, à la surprise générale sourit à son tour, déclarant :

- Vous êtes un combattant de premier ordre, à mon service de plus, j’avais peu d’intérêt à vous supprimer.

Se retournant, le géant déclara tout en quittant le lieu :

- Cependant, à la moindre nouvelle agression, vis-à-vis de moi ou l’un de mes soldats, je vous fais écarteler.

Le ton était donné, Eudes n’aurait osé, à cet instant répliquer, car il ne pouvait s’empêcher de penser, qu’il avait failli perdre la vie, non pas comme un véritable guerrier, mais bien comme un sot qui s’était sentit trop sur de lui. Quand Lormet lui tendit la cruche de bière, son premier réflexe ne fut ni de la boire, ni de la briser mais de déclarer simplement :

- Je la boirai ce soir…
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MessageSujet: Re: Mission : affaire de famille.   Ven 8 Oct - 20:59

Quand Shiva fut mise au courant de l’affaire, de la bouche même d’Adrian, elle eut du mal à dissimuler sa surprise. Le boucher écossais était donc encore capable de ressentir un sentiment autre que l’indifférence et la haine. Elle sourit longuement en songeant que peut être, tout esprit d’humanité n’avait pas disparu chez cet homme qu’elle suivait depuis déjà si longtemps.
L’Amazone déchanta bientôt, quand le soir même, vingt archers gallois, les moins doués, destinés à servir d’exemples, furent pendus pour avoir consommés trop de boissons et avoir semés le trouble dans le Fort, malgré les ordres de leur capitaine.

Gordon lui-même ordonna de trancher les jambes des condamnés, car la technique de l’Ecossais était différente de celle des bourreaux habituels. Il ne surélevait pas les corps, les cordes étaient simplement ajustées aux cous de chacun, mais une dizaine des exécuteurs, devaient, d’un coup de faux, trancher les ligaments de jambes, les empêchant ainsi de soutenir le poids du corps qui était ainsi suspendu. Cette technique évitait de briser la nuque et prolongeait l’agonie, tout en offrant un spectacle terrible que ces individus se débattant, remuant leurs moignons qui déversaient leur sang.
Traditionnellement, les bourreaux étaient payés d’une livre d’or, symbolique, qui était censée être la rémunération de leur travail. Mais dans le cas présent, chacun des hommes avait dû réaliser deux fois la même sinistre besogne.

Adrian offrit cinq pièces à chacun des exécuteurs qui, sous leurs capuches rouges couvertes de sang, exultaient devant le présent. Une pièce par victimes, avec un supplément de trois pièces pour l’habileté dont ils avaient fait preuve. En effet, chacun était parvenu du premier coup à mutiler ses victimes.

Peu après l’exécution, le géant écossais, accompagné de Shiva, d’Hannibal et d’Eudes qu’il avait finalement choisi d’inviter à ses cotés, quittèrent le fort, sans prononcer le moindre mot, chacun étant obsédé par le spectacle qu’il venait de voir.
Le Capitaine de mercenaires, étonnamment, n’avait pas montré le moindre signe de révolte. Il avait lui-même menacer ses hommes, peu avant qu’ils ne soient arrêtés, néanmoins, la sanction était trop lourde à son goût. Hannibal quand à lui affichait une mine sombre. Il servait fidèlement son supérieur mais commençait à être dégoûté de la cruauté gratuite affichée de manière permanente par celui-ci. Ayant déjà amassé une bonne somme grâce aux pillages, il songeait à demander à être changer d’unité, mais doutait que Gordon accepte.
Shiva demeurait impénétrable. Elle se disait souvent qu’elle aurait voulu demeurer plus longtemps au fort, qu’enfin Adrian stoppe ses attaques incessantes, que chacun puisse prendre un peu de repos. Les mois de chevauchées commençaient à lui peser, bien qu’elle n’en dise rien.

Le Démon du Nord songeait aux événements à venir. Une armée considérable avançait sur son territoire et son commandant, dans une lettre fort polie qui flairait la noblesse, l’avait invité à un entretien. L’Ecossais n’avait pas résisté, connaître son ennemi était une priorité. Quelques phrases peuvent révéler bien des choses sur un général et ses stratégies.

La petite troupe arriva dans une jachère, le sol en était boueux et de multiples traces de sabots étaient visibles témoignant du passage d’un grand nombre de cavaliers. Sans doute des éclaireurs songea Adrian. Un groupe d’homme était visible au loin, une bonne dizaine à vue de nez.

Trois personnages se détachèrent de la masse. Tandis que les sombres chevaliers s’approchaient, Gordon vit que les soldats restés en retrait disposaient d’arbalètes et tenaient en joue chacun de ses suivants, et lui-même bien sur. Son adversaire au moins était prudent. En effet, la pensée de massacrer le commandant ennemi pour déboussoler son armée avait depuis longtemps germée dans la cervelle du nordique.
Les trois chevaliers toulousains mirent pied à terre. Se débarrassant chacun de leur heaume, ils dévoilèrent leur visage, attendant l’arrivée de leurs futurs adversaires. Adrian sauta à terre, imité par ses compagnons. Tenant sa monture par les rênes, il fit quelques pas en direction de l’homme situé devant lui, le toisant du regard. Le chevalier situé au centre était âgé, le visage plissé, la peaux tannée par le grand air et légèrement bronzée. Ses yeux étaient pales, semblant avoir perdu beaucoup d'éclat qui devait être le leur bien des années plus tôt. Une barbe finement taillée contrastait avec les longs cheveux en désordre, d’un blanc neigeux, tout comme les sourcils. Ce visage conservait quelques forces, le regard était encore vif, croisant souvent celui de l’Ecossais. Les deux hommes semblaient chacun chercher à déchiffrer la nature de l’autre, sans prononcer le moindre mot. Enfin le vénérable individu parla :

- Bonjour Capitaine Gordon, et salut à vous aussi dont j’ignore les noms.

Adrian désigna chacun :

- Shiva, Capitaine de la cavalerie, Hannibal, Capitaine de l’infanterie et voici Eudes, qui dirige les archers.

L’Amazone ne bougea pas, le jeune faucheur se courba légèrement en signe de respect et le mercenaire fit un petit salut de la main. Le vieil homme, posant sa main sur l’épaule d’un de ses voisins, parla :

- Voici Gaucher, mon aide de camp et fidèle ami, il m’a déjà suivi dans bien des batailles, et à ma droite, se tient Henry, mon fils le plus jeune. Il est le frère de Raoul, mon héritier que vous avez vaincu il y a déjà de trop nombreuses semaines.

L’épéiste posa son regard sur Gaucher. L’homme était d’une stature proche de son voisin, lui aussi avait une allure de vétéran. Son visage portait fièrement quelques cicatrices. L’aide de camp se contenta d’un bref mouvement de tête pour saluer.
Henry, quant à lui, ressemblait peu à son père, mais énormément à son aîné. Il portait lui aussi une toison rousse des plus immondes. De belle taille, assez large, le jeunot n’avait par contre pas la noblesse de visage de son géniteur, au contraire, l’imbécillité était reflétée par chacun de ses regards, ainsi qu’une certaine perversité, au vu de la manière qu’il avait de fixer la seconde de Gordon.

Adrian reprit :

- Vous étés donc le Comte de Fenouillet, je m’étonne que votre fils se soit paré de votre titre alors que vous étiez encore en vie, il l’a pourtant crié assez haut.

Le vieil homme sourit, son visage prenant un air bienveillant :

- Je lui avais offert mon statut, me sentant trop vieux pour assumer mes responsabilités de seigneu. Mon bras me semblait trop vieux pour lever à nouveau l’épée, mais il a suffit que la guerre commence pour que cet inconscient, Dieu garde son âme, se mette dans l’idée de briller et de faire parler de lui repoussant les conseillers militaires que je lui avais assigné. Il est parti, emportant une bonne part de la noblesse de notre Comté.

Le visage du vieil homme trahissait maintenant une certaine tristesse, il continua :

- Raoul était brave mais n’avait pas plus de cervelle qu’un oisillon. Il est normal que vous en ayez profité pour le vaincre, ce sont les lois de la guerre. Je ne discute pas, mais vous m’avez privé de la compagnie de mon fils, et avez refusez de me restituer sa dépouille. Je n’ai donc d’autre choix que de vous portez défi, je suis navré mon garçon.

Le colosse écossais, bien qu’il n’en dise rien, se sentit un peu triste pour ce noble vieillard, qui sûrement avait toute sa vie bataillé pour offrir un héritage à ses enfants, et qui se retrouvait avec deux nigauds sur le dos. Le premier s’étant fait vaincre et humilié dés sa première bataille, et le second étant de la même race de sot, car les regards du père vers le fils trahissait suffisamment le dépit qu’il éprouvait face à ce grand nigaud.

- Est-ce à moi en personne que vous adressez votre défi, ou bien en ma personne de Capitaine de l’Ordre des Chevaliers Divins ?

La question était claire, le Comte désirait-il un combat à mort contre le colosse ou bien une bataille rangée.

Le vieil homme répondit :

- Malheureusement, je ne puis me contenter de vous affronter. Je sais ce dont je suis encore capable, et mes forces seules ne me permettraient sans doute pas de venger mon enfant. C’est pourquoi je vous demande de mobiliser vos troupes et de les lancer contre les miennes.

Adrian était un peu déçu de la réponse, il aurait voulu éviter de perdre trop d’hommes dans une bataille, d’autant plus que les toulousains étaient plus nombreux selon ses éclaireurs. Mais la sagesse de son interlocuteur le réconforta aussi, pour une fois il n’avait pas affaire à un sot. Cet homme, malgré son rang et son âge, connaissait ses forces et acceptait humblement la volonté de Dieu. Soit, il n’était plus en état pour guerroyer seul, soit sa descendance lui faisait honte à chaque instant, mais il ferait le maximum pour honorer la mémoire de son fils, aussi niai fut-il.

- Je pourrais me contenter de rester dans ma citadelle et attendre que vous m’assiégez, ce serait la solution la plus simple et la moins risquée pour moi. Vous ne disposez pas de suffisamment de troupes pour prendre Fort Guède.

Le vieux soldat haussa les épaules :

- C’est vrai,mes espions me l’ont eux aussi affirmés, d’autant plus que vos troupes semblent bien particulières. Mais il me suffirait d’appliquer votre propre stratégie, ravager vos terres et massacrer vos serfs jusqu'à vous obliger à sortir de votre tanière. Cela ne servirait donc à rien au final, sinon à augmenter les souffrances d'innocents.

Adrian marqua un moment de silence, il était surpris par la présence d’espions, ainsi que l’éventualité exprimée par le commandant ennemi. Ce n’était pas la tactique d'un Chevalier, c’était donc à un véritable homme de guerre et non pas un idiot confondant tournoi et bataille qu’il faisait face. Il choisit finalement d’accepter la proposition :

- Je vois… j’accepte votre défi. Dans deux jours, je prendrai la tête de mon armée et je vous attendrai au bosquet de la sorcière. Vos éclaireurs doivent connaître l’endroit et pourront vous le situer facilement.

Le vieillard hocha de la tête :

- Oui, je connais aussi l’endroit, un terrain plat, avec une foret non loin. C’est un bon emplacement, je vous remercie et je suis content de voir que j’ai affaire à un adversaire censé. J’aurai néanmoins une faveur à vous demander…

Adrian se renfrogna, se doutant que l’homme allait à nouveau demander la restitution de la dépouille de son fils.

- Je voudrais que vous me rendiez l’épée de mon fils, c’est celle des premiers Fenouillet. C’est un héritage familial important et j’ai toujours lutter avec, jusqu’au moment où je l’ai léguée à mon fils.

Le géant se retourna, posant ses mains sur sa selle. Il dégaina une épée à une main et demie dont le fourreau était situé sur le flanc gauche de la monture. Il avait pris cette lame magnifique sur le corps de Raoul, en effet, jugeant dommage qu’une telle arme appartienne à un tel fou. Pourtant, il la tendit à son propriétaire sans hésiter.
Le vieux guerrier sourit fébrilement, tout en empoignant la garde. Il garda l'épée un instant en main avant de se retourner, non sans avoir précédemment longuement dévisagé Gordon. Il se remit en selle et conclut la discussion :

- Ce sera un grand plaisir de croiser le fer contre vous, Capitaine. J’espère que nous resterons suffisamment longtemps en vie pour pouvoir nous affronter.

Le Démon du Nord hocha la tête, et remontant sur sa monture, fit signe à ses compagnons que l’entrevue était terminée.

Le silence ne fut pas brisé durant l’entièreté du chemin du retour, chacun s’étonnait du choix du commandant de livrer bataille. On connaissait assez son mépris vis-à-vis du peuple pour savoir que ce n’était pas le fait qu’il puisse souffrir qui motivait Gordon, pas plus que les éventuels dégâts que pourraient subir les récoltes.

Ce fut Shiva qui obtint la réponse, après avoir dîner frugalement aux cotés de l’écossais, elle l’avait interrogée :

-Tu désires à ce point anéantir l’armée ennemie ? La victoire ne me semble pas certaine, vu les rapports des éclaireurs…

En effet, ce n’était pas moins de huit cent ennemis qui constituaient la formidable troupe toulousaine, deux cents cavaliers lourds, qui constituaient une terribles menaces,environ deux cents vougiers,des mercenaires probablement,ainsi qu’un peu plus d’une centaine d’arbalestiers et pour finir,trois cent hommes d’armes.

L’armée d’Adrian était inférieure en nombre, ne comptant que 580 hommes, de plus, les faucheurs serraient désavantagés en cas de lutte contre les chevaliers adverses, étant vulnérables aux charges des lanciers, les piquiers auraient bien du mal à lutter contre les hommes d’armes, tout comme les auxiliaires qui serraient forcément contraint à combattre au corps à corps.

La situation était donc assez mauvaise, hâter le combat semblait être une erreur stratégique, pourtant Gordon était loin d’être un mauvais tacticien, ce qui provoquait l’incompréhension de l’amazone.

-Si je reste dans Fort Guède,mon adversaire aura la possibilité de s’en prendre à une bonne partie du territoire de l’ordre,Renald m’a confié cette frontière,qui est vulnérable,les garnisons sont presque toutes à ses cotés.

Marquant un temps d’arrêt, le géant se dirigea vers le foyer ou brûlait une énorme bûche, il continua :

-Ce compte de Fenouillet brûlera chaque village, anéantira chaque récolte, jusqu’à ce que je l’affronte, c’est un homme de parole, il l’a dis lui-même, il utilisera ma propre technique, coupant ainsi le ravitaillement des troupes.

Shiva balaya l’argument :

-Tu sais fort bien qu’il ne disposera pas longtemps des finances pour entretenir une telle armée, celle que nous avons balayé a déjà du lui coûter assez chère,c’est une armée privée,qui a levé juste en son nom,jamais son compté ne lui fournira assez de revenus pour qu’il la conserve.

Adrian ne broncha pas, répondant :
-Cet homme à sans doute déjà revendu son compté à l’un ou l’autre de ses nobles voisins, je ne m’inquiète pas pour sa trésorerie,il n’aurait pas pu même mettre en place une telle troupe à lui seul,il ne compte pas survivre à cette guerre,son seul objectif est de venger son fils,pas d’assurer son avenir et il a sans doute vendu tout ce qu’il possédait pour mener sa dernière bataille.

Shiva resta muette, ne comprenant pas comment son supérieur pouvait savoir tant de choses en si peu de temps, pourtant, l’écossais n’avait pas reçu le moindre nouveau rapport, il avait simplement deviné ces choses en discutant avec son opposant, ces deux hommes de la même espèce s’étaient compris.

La discutions en resta la, la décision du colosse était irrévocable, le combat aurait bien lieu, advienne que pourra.

Dés le matin, Gordon donna une série d’ordres fort clairs, il s’assura auprès de son intendant que tout était en ordre,les archers disposeraient chacun de trois carquois,les gallois disposeraient des pieux le long de leur position,ceux cis étaient déjà taillés et placés dans des chariots.

Adrian décida de changer sa stratégie, il décida de ne conserver que la moitié de ses piquiers, certains devant s’armer de l’équipement standard des chevaliers, à savoir le bouclier, la vouge et l’épée.

La moitié des auxiliaires, soit cent hommes serrait commandée par Shiva, et serrait montée, ce qui permettrait d’harceler les lourds cavaliers ennemis, tandis que ceux à pieds soutiendraient l’infanterie.

Le démon du Nord, quand à lui mènerait les faucheurs, laissant à Hannibal le soin de la piétaille,il faudrait réussir à frapper les ennemis une fois le corps à corps amorcé,tout en bloquant la cavalerie adverse,,ne lui laissant pas assez d’espace pour charger.

Les soldats, contrairement à d’habitudes, n’affichaient pas le moindre enthousiasme, pas même les exécuteurs, chacun savait que la bataille serrait rude et le résultat bien incertain, même en cas de victoire, il y aurait peu de rescapés.

Seuls les gallois semblaient conserver un peu d’entrain, grâce notamment à leur capitaine, en lequel ils avaient toute confiance, celui-ci pensait la victoire envisageable, après tout, il commandait une unité des meilleurs archers d’Europe.

Durant sa promenade quotidienne en compagnie de Shiva, Adrian ne pouvait dissimuler une certaine nervosité fort rare chez lui, cet homme d’originaire si indifférent se laissait envahir par le doute et l’excitation, c’était un énorme défi qu’il s’était lancer à lui-même en acceptant d’affronter l’armée toulousaine, il se demandait au fur et à mesure que le temps passait si il serrait capable de l’emporté.

Tandis que le jour disparaissait, le ciel laissa s’échapper de minces flocons au fur et à mesure des heures, le blizzard s’épaissit si bien, que bientôt une épaisse couche de neige recouvrit la campagne, bouleversant les plans de Gordon, ou plutôt les favorisant, en effet, les toulousains ferraient leurs montures, qui auraient tendance à glisser sur la neige.

Les Shires en revanche, de part leur poids et l’absence de ferrage, les sabots étant suffisamment résistant pour ne pas nécessiter de support, ne risquaient rien, quand aux montures des auxiliaires, il fut ordonné dés l’aube de les débarrasser de leurs fers, et des les ménager, de manières à ce qu’elles aient le temps de se réadapter.

Gordon savourait pleinement ce coups du sort qui lui permettait d’espérer la victoire avec plus de conviction, de plus il adorait le froid auquel il était assez insensible, néanmoins il choisis de modifier son armement pour le combat à venir, sachant pertinemment qu’il serrait sans doute désigné comme la cible prioritaire de l’armée ennemie.

Apres un petit tour à l’armurerie,suivis d’un cours passage aux étuves,Adrian fut informé par Romuald que tout était en ordre,et que l’armée attendait le départ,l’écossais ordonna que les troupes se mettent en marche dés à présent,il les rejoindrait en cours de route.

Les ordres furent rapidement transmis et bientôt l’armée se mit en marche, menée par Shiva, et suivie par les lourds chariots transportant le ravitaillement, les munitions, chirurgiens et pieux, il faudrait plusieurs heures à cette masse humaine pour atteindre le champ de bataille.
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MessageSujet: Re: Mission : affaire de famille.   Mer 20 Oct - 22:41


Le géant commença à s’équiper,par-dessus sa chemise de lin noire,il revêtit le gambison qu’il venait de se procurer,c’était un model expérimental,en effet il était munis d’attaches,ce qui permettait de l’ouvrir en son centre plutôt que de devoir l’enfiler,cette nouveauté était conçue pour faciliter les soins apportés aux blessés,mais l’on craignait que cela ne rende plus vulnérable le torse.

Par-dessus sa veste matelassée, vient s’ajouter la cotte de maille, recouvrant non seulement la moitié des bras mais aussi des jambes, ensuite la tunique et la cape, et enfin les canons d’avant bras munis des rondaches, qui avaient été remplacées par des modèles plus solides, recouverte en partie d’acier, Gordon passa ensuite sa ceinture, supportant sa dague et une épée bâtarde.

Adrian passa ensuite sa sangle dorsale, à laquelle tenait sa terrible épée à deux mains, avant d’empoigner son nouveau heaume, celui-ci recouvrait tout le visage, une partie en maille offrait une protection supplémentaire à la gorge, cela faisait plusieurs années que Gordon avait cesser de s’équiper aussi lourdement, pourtant, en ce jour cela ne lui semblait pas superflu.

Le colosse, déjà fort large en temps normal était véritablement monumental, son gambison l’élargissant de plusieurs centimètres, il avait l’apparence d’une véritable tour de siège, il sortit de sa chambre, ayant l’envie d’aller inspecter peut être une dernière fois, le for qui lui avait été confié par le maître.

La neige avait cessée de tomber, les allées du petit château avaient été déblayées, Gordon monta jusqu'au sommet des remparts, desquels il pouvait observer toute la campagne environnante, admirant un instant la beauté de ce paysage, le géant ne vit pas son intendant qui le rejoignait, celui-ci se contenta de s’accouder aux cotés du capitaine.

Soudain, plusieurs sons d’armes sorties du fourreau firent se retourner les deux hommes, qui se retrouvèrent face à cinq homme, chacun portant les couleurs de l’ordre, ainsi qu’une arme, l’un avait dégainé deux dagues, l’autre une épée bâtarde, le troisième une épée courte, le quatrième était munis d’un vouge et le dernier se cachait derrière un large bouclier, tenant dans sa main une hache.

Gordon dégaina sa lame,l’offrant à Romuald qui n’avait d’autre arme qu’une dague,avant de s’emparer de sa lourde lame,la portant de sa main gauche tandis que la droite était toujours encombrée du heaume,il demanda,sur un ton placide :

-Vous êtes les espions de Fenouillet ?

L’homme qui portait une épée courte répondit :

-Nous avions pour ordre de seulement attendre le départ des troupes,afin de pouvoir ensuite quitter le fort,mais sans doute,le comte serra il fort aise de savoir que l’assassin de son fils à péri avant même la bataille,c’est un présent de choix que ta tête…

Cette familiarité déclencha la colère du colosse, qui s’élança vers l’homme,le soldat équipé d’un bâtarde s’interposa,tentant une frappe d’estoc,Gordon évita d’un petit bond sur le coté,frappant d’un énorme coups du poing,recouvert du heaume.

Il fracassa le crâne du soldat, avant de jeter le casque dans le visage d’un autre guerrier qui l’attaquait, celui-ci le prit en plein front et fut rejeté en arrière, tandis que l’écossais parvenait enfin à atteindre sa proie initiale, lui balayant les jambes d’un grand coup de taille.

Le démon du Nord se retourna juste à temps pour empaler l’homme aux deux dagues, celui qui avait reçu le heaume en plein visage, il s’était ensuite élancer tel une flèche vers le commandant, ses deux armes en avant, mais la fameuse flamberge avait pénétrer sa chaire bien avant qu’il ne soit suffisamment proche, dans le même temps, le vougier était vaincu par l’intendant.

Adrian dégagea sa lame d’un geste rapide, avant de l’abattre sur l’homme dont il avait entaillé les genoux et qui gisait par terre, l’acier éventra d’un seul coups l’infortuné, une seconde plus tard, l’écossais était frapper dans le dos d’une lourde frappe qui l’atteignit dans la clavicule droite, le faisant tomber à genoux.

Romuald se rua sur le guerrier sournois, maniant d’une main sa dague et de l’autre l’épée, il fallut peu de temps pour que la gorge du traître ne fût percée,Adrian quand à lui se remit sur pied,faisant face au dernier rescapé,celui qui se cachait derrière son bouclier.

L’écossais tenta une première série de coups, qui à chaque fois atteignit la protection, lâchant subitement sa lame, il se précipita sur l’homme, tel un bélier, heurtant le bouclier de son épaule, entraîné par le poids et la force du colosse, le renégat fut projeté en arrière, déséquilibré par l’humidité qui régnait et la masse de son pavois, l’homme glissa, tombant au bas de remparts.

Adrian se redressa, rengainant sa lame, tout en récupérant la seconde des mains de Romuald, le géant souffrait atrocement,l’espion avait eu la main lourde,il avait d’ailleurs déchiré la cape ainsi que les mailles,.

Le gambison quand à lui avait tenu le choc, l’écossais se demanda si ce n’était pas une volonté divine qui lui avait ordonné de s’équiper aussi lourdement, le dieu de la guerre, décidément lui accordait sa protection.

Le commandant choisis de retarder un peu son départ, le choc avait été rude et il avait quelques difficultés à bouger son bras droit, ce n’était guère un bon présage, au vus de la complexité de la bataille à venir, il décida de se reposer encore quelques heures avant de rejoindre le point de rencontre.

Le titan décida de retourner aux étuves, une jeune paysanne fut chargée de longuement masser la région endolorie,malgré le manque d’expérience de la pucelle,la chaleur de l’eau et le contact humain finit par chauffer suffisamment le muscle pour apaiser la douleur.

Quand Gordon fut à nouveau harnaché, il se sentait passablement soulagé, l’activité suffirait momentanément à calmer la souffrance, il pouvait donc partir en guerre sans craindre trop de gène.

Le commandant ordonna à son intendant de décapiter les traîtres, et de placer ensuite leurs têtes dans un sac,le macabre objet fut donné au géant tandis qu’il se mettait en selle,ayant placer sur son crâne le heaume déjà couvert de sang.

Le démon du nord offrait une vision terrifiante, ses vêtements déjà empourprés, sa monstrueuse monture ainsi que la gigantesque épée qui avait retrouvé sa place sur les flancs de l’animal, fit penser Romuald aux fameux cavaliers de l’apocalypse.

Gordon empoigna fermement le paquet de toile et partit au galop, adressant un signe de tête à son intendant comme seul salut, le vacarme des énormes sabots fracassant le sol fut audible pendant de longues minutes avant que le cavalier soit invisible.

Le colosse parvint enfin après une longue chevauchée à rejoindre son armée, les hommes poussèrent une vague de cris de guerre à son arrivé, il fut rejoint par Shiva qui lui lança un regard interrogateur,puis le commandant,vidant son sac du haut de sa monture,harangua ses troupes :

-Ces têtes sont tous ce qu’il reste des espions envoyés par ces couards de toulousains, d’ici ce soir,vous aurez eu l’occasion d’en occire tant que vous n’aurez plus de force dans le bras,et chacune de vos victimes servira à vous enrichir,je vous laisserai l’entièreté des pillages,qui seront répartis aux survivants !

Les soldats poussèrent des cris de joie, motivés par l’appât du gain, le colosse reprit d’une voix plus forte :

-Restez donc en vie suffisamment longtemps pour percevoir votre récompense !

De nouvelles acclamations furent poussées, Adrian conclut d’une voix décidée et cruelle :

-Tuez jusqu'à plus soif,faites périr ces chiens qui pensent pouvoir vous défier,ils sont plus nombreux,soit cela ne changera rien mis à part que nous démontreront qu’un seul d’entre vous vaut bien deux de ces faibles.

Sous les acclamations, le démon du Nord descendit de selle, replaçant les têtes dans le sac, il chevaucha ensuite jusqu’aux premières lignes ennemies, qui venaient de faire leurs apparitions au loin, les adversaires stoppèrent à la vue du cavalier, soudain un vougier poussa un cris d’horreur tandis que son pavois venait d’être heurté par les terribles trophées.

Adrian était satisfait de l’humeur belliqueuse de ses hommes, ils avaient suffisamment d’expérience pour craindre un combat mal engagé mais assez aussi pour ne pas le fuir,ce n’étaient pas tous des vétérans,mais ils la majorité avait déjà combattu au moins une fois.

Galopant face à ses troupes, tout en brandissant sa terrible lame, symbole de sa force et de la confiance dont l’avait honoré Renald, le géant galvanisait ses troupes,les archers gallois eux-mêmes acclamaient leur employeur,visiblement emportés par la folie meurtrière des faucheurs qui étaient placés à leurs cotés.

Le calme retomba temporairement, tandis que les adversaires se plaçaient, Gordon lançaient les derniers préparatifs, s’assurait du placement de chacun de ses officiers.

Le commandant avait opté pour un lieu qui lui donnait un léger avantage, la pente permettait aux archers de bénéficier d’un angle de tir assez intéressant,favorisait la charge des faucheurs,ralentissait celle des cavaliers adverses,et le petit bois aux alentours permettrait aux auxiliaires de se réfugier,en cas de poursuite par les lourds chevaliers adverses.

Deux rangés des pieux étaient placés sur la plaine,la première entourait l’entièreté de la troupe d’archers,protégeant en partie leurs flancs et surtout le front,la seconde était placée un peu plus haut,dans la même disposition,et semblait inutile.

Les gallois étaient donc en première ligne, suivis de près par les piquiers, qui eux même étaient encadrés par les hommes d’armes, et soutenus par les auxiliaires à pied, les deux unités de cavaliers gardaient les flancs.

Du coté adverse, les arbalestiers étaient placés en avant, l’énorme masse de vougiers leur succédait, précédant elle-même les hommes d’armes, dont le nombre impressionna vivement du coté de l’ordre, moins néanmoins que la centaine de cavaliers lourds sur les flancs.

Trois cavaliers précédaient la ligne de bataille,à gauche le comte de Fenouillet en personne,dirigeait la cavalerie,secondés par son fils qui,placés devant les cavaliers de gauche semblait responsable de cette aile,au centre ,celui qui avait été présenté comme Gaucher,l’aide ce camps de Fenouillet.

Adrian fut plutôt satisfait de la disposition des officiers adverses, les cavaliers étaient vulnérables tandis qu’il était difficile d’anéantir un général à pied, au milieu d’une telle foule, la mise à mort de Fenouillet serrait donc facilité, de plus, le fait que la cavalerie soit en partie commandée par le crétin de frère de Raoul était une nouvelle réconfortante.

Les commandants adverses firent mine de vouloir s’approcher, sans doute pour les formulations d’usage, mais Gordon n’était guère d’humeur à bavarder, il ordonna aux mercenaires de corder leurs arcs, montrant par ce geste que toute négociation était inutile, les adversaires stoppèrent mis à part celui au centre qui s’avança, Adrian le rejoint, ôtant son heaume.

-Je désirais seulement vous assurer, une fois que je vous aurais défait, et si je survis à cette bataille, que je n’infligerais aucun sévices à vos serfs,je ne suis pas de la même espèce que vous,et jamais je n’aurai infliger des souffrances inutiles à des innocents.

Adrian sourit devant cette déclaration, il avait cru son adversaire aussi déterminé que lui-même, ce n’était pas le cas, ce n’était qu’un simple bluff destiné à le faire sortir de son repère, et, il devait bien l’avouer, il s’était fait jouer, il conclut l’entretien :

-Je vous avais donc surestimé, mais qu’importe, dés ce soir vos soldats auront été massacrés, de la même manière que vos assassins,vous étés donc incapable de faire les choses jusqu’au bout,vous voulez vous montrez cruel mais refusez de le faire complètement,vous êtes faibles,tout comme votre fils l’était.

Le géant tourna bride, quand la voix, non plus énergique comme un instant plus tôt, mais à présent désolée du vieil homme résonna :

-L’homme est peut être faible, mais il est capable de faire preuve de pitié et par la même occasion d’aimer et d’être aimer,voué sa vie à la cruauté,c’est la vouée à se détruire soit même et à se couper de toute sorte d’affection,je suis sincèrement désolé pour toi mon garçon…

Le ton paternel du misérable vieillard déclencha un véritable incendie de colère dans le cœur du démon du Nord, qui, soudainement désira briser le corps de cet imbécile, un fou dont la lignée était sur le point d’être anéantie, et donc les derniers mots étaient destinés à le plaindre, lui qui était l’un des membres les plus puissants et les plus redoutés de l’ordre, lui dont le nom faisait blêmir les généraux et dont la force faisait plier les armées.

Gordon rejoint ses faucheurs, ayant choisis de se contenir, il suait à grosses goûtes, sa fureur était telle qu’il avait l’impression d’étouffer, il enfila son casque, contractant chacun de ses muscles, insensible à la douleur de son épaule, il ne quittait plus du regard sa cible, qui avait reprit lui aussi sa place et avait ordonné à l’armée de se mettre en marche.

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MessageSujet: Re: Mission : affaire de famille.   Mer 20 Oct - 22:43

La distance était encore des plus considérables, quand Eudes, ordonna à ses archers d’encocher leurs flèches, un instant plus tard, les traits sifflaient dans le ciel, restant un instant en suspension, avant de retomber, atteignant les cibles à plus de 200 mètres, les pointes d’aciers effilées pénétrant sans peine la chaire des chevaux, une bonne trentaine fut mise hors de combat par cette premier attaque.

Une seconde salve, presque instantanée s’envola, frappant cette fois l’autre unité de cavalerie qui, déjà, sous l’impulsion du comte, commençait à se replier derrière les fantassins, une bonne vingtaine d’hommes fut néanmoins atteint dans le dos, et instantanément tués.

Adrian, observant la situation était ébahis, surpris par l’efficacité redoutable des gallois, du coté toulousain, les arbalestiers couraient, se hâtant de se placer suffisamment prêt pour ouvrir le feu, malgré les tirs des mercenaires, et les auxiliaires à pieds.

Malgré des pertes nombreuses, les tirailleurs parvinrent enfin à faire feu, les lourds carreaux atteignirent de plein fouet les archers légers de l’ordre qui avaient été obligés de se placer devant les mercenaires, ne parvenant sinon à atteindre leurs cibles.

Les arbalètes,rendues moins efficace par l’humidité et l’impossibilité de retirer leurs cordes,à l’inverse des arcs,n’en demeuraient pas moins des armes redoutables,une quarantaine d’hommes furent touchés,pour la plupart,ils furent seulement blessés,assez gravement néanmoins vus la puissance des tirs.

Une salve de flèches répondit rapidement à l’agression, mais déjà, un groupe de vougiers accourait afin de protéger les tireurs derrières leurs pavois, néanmoins, de nombreux traits atteignirent leurs cibles.

Les arbalètes, bien que fort puissantes, ont l’énorme désavantage d’être longues à recharger, mais les gigantesques boucliers des lanciers les mettaient à l’abris des attaques durant le laps de temps nécessaire, les gallois et auxiliaires lancèrent encore quelques salves en direction des hommes d’armes, sans grand succès, quelques cavaliers furent néanmoins encore atteints, ceux de l’aile droite qui demeuraient à portée.

Le commandant Gordon lança l’ordre à ses troupes de replier,les hommes à pieds,lentement,avançaient en marche arrière,tout comme les archers,qui eux aussi progressaient,se mettant ainsi hors de porté,tout en continuant tirer,bien qu’ayant des difficultés à viser ainsi.

Simultanément, les archers montés commencèrent à contourner l’armée ennemie, visant les flancs, principalement les cavaliers aux ordres de Henry, le cadet du compte, les tirs étaient trop faibles pour atteindre les fantassins qui se dissimulaient derrière leurs boucliers, mais suffisant pour les empêcher de progresser.

Le commandant en second, Gaucher ordonna aux arbalestiers survivants, soit à peine une quarantaine de se déplacer, et de repousser les auxiliaires, mais tandis qu’ils se ruaient vers leurs cibles, ils s’exposaient aux flèches des gallois, qui parvinrent à diminuer encore leurs nombres

Soudain,ce que chacun attendait du coté de l’ordre eut lieu,les chevaliers,sous les ordres d’Henry,se lancèrent à la charge,menés par le bouillant jeune homme,les lourds destriers s’élancèrent à la poursuite des troupes de Shiva,qui instantanément avait ordonnée la retraite.

Les auxiliaires, continuant à tirer tout en fuyant, se hâtèrent de rejoindre les bois, suivis des près par les cavaliers, devant ce nouveau revers, Gaucher ordonna à l’infanterie de charger, cela Gordon ne l’avait pas prévus.

Immédiatement, les hommes d’armes accoururent, suivis de près par les vougiers et leur flanc gauche assuré par le comte de Fenouillet, hors, Adrian avait planifier qu’une partie de ses hommes d’armes devaient porter main forte aux auxiliaires montés en cas de combat dans les bois, le plan initial fut donc suivis, et une partie des fantassins chargèrent en direction de sous bois.

Gordon, ne pouvant se permettre, ni d’abandonner son poste pour rejoindre Shiva, sous peine d’exposer l’armée, ni n’osant laisser seul les auxiliaires laissa la situation continuée, les piquiers se retrouvaient donc pratiquement seuls, accompagnés des auxiliaires et des gallois pour affronter l’énorme masse d’ennemis.

Dans la région boisée,en revanche,tout se passait selon le plan,les chevaliers,encombrés par leurs lourdes lances s’étaient retrouvés bloqués,les armes se coinçant dans les branches,l’espace entre les arbres étant trop restreint pour les lourds destrier,Shiva avait donc ordonner de charger ces cibles pratiquement immobiles.

Les auxiliaires, se battant à la manière des huskarls danois, faisaient preuve d’une belle fougue, les terribles haches n’avaient aucun mal à transpercer les mailles, l’amazone hongroise quand à elle, s’appliquaient à désarçonner ses victimes à l’aide de sa hallebarde avant de les empaler au sol.

L’effet de surprise fut néanmoins court, et les chevaliers eurent tôt fait de se débarrasser des leurs lances pour dégainer leurs épées, les corps à corps tournèrent rapidement en défaveur des cavaliers légers, vulnérables aux moindres coups d’estoc.

L’avantage numérique seul, permettait aux auxiliaires de s’en tirer, non sans subir des lourds dommages, mais l’arrivée des fantassins bouscula tout, les cavaliers étaient encerclés, et bientôt, même l’idiot de commandant compris la situation et ordonna la retraite, qui se fit de manière assez piteuse et avait bel et bien l’air d’une déroute.

Seul une vingtaine d’hommes, dont leur capitaine parvint à s’extraire du bois, pendant ce temps, le combat de l’infanterie avait commencé, et tournait indéniablement en défaveur de l’ordre.

Les piquiers, menés par Hannibal tentaient tant bien que mal de garder leurs lignes de front, mais les hommes d’armes étaient trop bien équipés et trop nombreux, les longues vouges avaient permis de stopper la première ligne, mais les soldats avaient rapidement dus tirer leurs épées à leurs tours, se révélant ainsi vulnérables.

Hannibal luttait à l’avant,, tentant d’encourager ses soldats, abattant sa terrible claymore sur chacun de ses opposants, il avait déjà subis plusieurs blessures superficielles mais les fantassins semblait sur le point de lâcher prise, quand les auxiliaires à pieds vinrent renforcer le centre des troupes.

Les cavaliers aux ordres du comte avaient tentés une manœuvre de contournement afin de pouvoir attaquer les faucheurs, mais avaient été pris pour cibles par les gallois, qui, ne pouvant tirer sur les fantassins avaient réussi à infliger de nouvelles pertes aux hommes à pieds, qui avaient été rejoints par les rescapés du flanc gauche.

Adrian avait voulu profiter de l’occasion pour lancer la charge, mais une troupe de vougiers étaient placés de manière à protéger les flancs des hommes d’armes, ce fut donc Shiva qui du débloquer la situation, ces archers se jetant sur les arbalestiers restés en retrait, tandis que les hommes d’armes se hâtaient de rejoindre leurs alliés en périls.

Les tirailleurs furent rapidement mis en pièce, incapables de lutter contre des cavaliers, d’autant plus en sur nombre,l’arrivée des hommes d’armes avait quelque peu amélioré la situation des piquiers,mais ne permettait pas de changer le cours des choses,le nombre de fantassins continuait à diminuer.

Shiva ordonna à ses archers de harceler le dos de la masse adverse, se qui permit de réduire un peu le nombre d’ennemis mais sans néanmoins changer grand-chose, les soldats situés à l’arrière tentant de se protéger derrière leurs boucliers, Adrian de son coté n’avait toujours pas eu l’occasion d’attaquer, les chevaliers adverses empêchant tout mouvement.

Les hommes à pieds se faisaient taillés en pièce, les toulousains gagnaient du terrain, à ce rythme, il ne faudrait pas longtemps pour qu’ils triomphent, soudain, Shiva et ses auxiliaires chargèrent le mur de bouclier qui formait maintenant l’arrière de la troupe adverse.

Le choc fut violent,les hommes à pieds ne s’attendant pas à un tel assaut tandis qu’ils se protégeaient des flèches,furent soit projetés au sol,soit frapper par les coups furieux des archers montés,aussitôt,les vougiers situés sur les flancs s’élancèrent,cherchant à enfin exterminer ces maudits archers.

La seconde d’Adrian ne tarda pas à ordonner la retraite, laissant sur place plusieurs soldats ayant été mis à terre, les cavaliers s’empressèrent de s’enfuir hors de porté de leurs ennemis, les lanciers, pris dans leurs élan ne se rendirent pas compte que c’était exactement ce que désirait le démon du Nord, en effet, bientôt les fabuleux archers gallois purent enfin décocher leurs traits.

La distance par rapport aux hommes à pied était suffisante pour ouvrir le feu, aussi, une pluie d’acier s’abattit sur les vougiers les frappant à nouveau dans le dos, aucun de ceux qui avait été touché n’eut pu survivre aux pointes acérées.

Cette erreur des toulousains, Gordon l’attendait depuis plusieurs minutes, dés que les vougiers s’étaient lancer à la poursuite de leurs cibles, il avait dégainer sa flamberge et ordonner à ses hommes de se tenir prêt à charger, tandis que sa monture martelait le sol de ses énormes pieds, sentant l’heure de l’attaque arrivé.

Les redoutables faucheurs s’étaient élancés, faisant trembler le sol sous leurs pas, les terribles montures pénétrèrent les rangs ennemis, Adrian tenant son épée à deux mains abattit une première victime, lui entaillant profondément le torse, d’un second mouvement il anéantit un ennemi à sa droite, lui enfonçant sa lame jusqu'à la garde d’un puissant coups d’estoc.

Les lourds Shires, emportés par leurs élans semblaient instopables, balayant tout le flan nord de l’infanterie toulousaine, la charge avait été si puissante que rien n’avait pu l’arrêter les mastodontes anglais qui continuaient à galoper vers les vougiers qui leurs tournaient le dos.

Les chevaliers toulousains, dirigés par Fenouillet tentèrent d’intercepter les exécuteurs, les chargeant de profil, mais, trop lent, il ne parvinrent qu’a bloquer les derniers retardataires, qui, encerclés de toute part furent rapidement anéantis.

Cependant, la charge des cavaliers avait causé une vague de panique parmi les vougiers, ceux-ci se croyant attaquer par leur propre employeur, en effet, nombre de montures, entraînés par leur vitesse et leur poids, n’avaient pas stopper leurs courses et avaient traversés les rangs de fantassins, certaines des créatures glissèrent, le sol étant recouvert de sang et de neige.

Une belle pagaille suivit donc l’attaque, ce qui permit aux fantassins de l’ordre de récupérer un instant, reculant jusqu’au pieux plantés par les archers, les rescapés tentaient, tant bien que mal de reformer une ligne, les gallois quand à eux en profitaient une nouvelle fois pour faire preuve d’opportunisme, décochant leurs traits sur les innombrables ennemis.

Les faucheurs avaient traversés la formation ennemie, ayant balayés les vougiers durant leurs charges, la plupart des mercenaires avaient été bousculés plutôt que frapper, mais cela avait contribuer à semer un beau chaos sur le champ de bataille.

Le comte de Fenouillet rassemblait déjà ses cavaliers, dont le nombre avait diminué d’une vingtaine d’éléments,ils chargèrent les faucheurs une nouvelle fois,tandis que ceux-ci reformaient leur ligne de charge,cette fois,Gordon n’eut pas le temps de lancer ses ordres,que déjà,il subissait l’assaut de ses adversaires.

Les exécuteurs, immobiles, formaient une cible facile et furent frappés de plein fouet, les toulousains abaissèrent leurs longues lances et tentèrent de renverser leurs adversaires, Adrian faillit être touché, heureusement, il eut le réflexe de se pencher fortement sur la gauche, évitant ainsi l’extrémité pointue de l’arme, qui ne frappa que le vide.

Se redressant vivement, le géant empoigna à deux mains sa terrible lame et frappa d’un énorme coups son adversaire, qui passait juste à coté de lui, la flamberge frappa l’écu du guerrier avec tant de force, qu’il en fut désarçonner.

Gordon faucha la tête d’un nouvel ennemi qui le dépassait au galop, un instant après, il était projeté violement dans le fond de sa selle, le comte de Fenouillet venait de lui administrer un énorme coups de masse d’arme,le frappant en plein dans le heaume,le colosse écossais s’écroula,tombant à bas de sa monture,retenu seulement par son étrier gauche qui lui maintenait ridiculement la jambe en l’air.

La monture, prise de panique, s’élança au galop, cherchant à quitter le champ de bataille, le redoutable épéiste était traîné dans la neige, raclant le sol, son crâne heurtant chacune de irrégularité du sol, soudain, il heurta une racine dans un impact effroyable, et l’étrier fut brisé, libérant enfin le cheval de son lourd fardeau.

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MessageSujet: Re: Mission : affaire de famille.   Dim 24 Oct - 13:58


La chute du commandant Gordon n’avait échappé à personne, elle fut saluée par un énorme cris de joie du coté des cavaliers toulousains, tandis que les faucheurs, déjà fortement affectés, se sentirent encore bien plus vulnérables, certains cherchèrent à fuir, mais ceux-la furent les premiers tués, tournant le dos à leurs adversaires.

Shiva quand à elle, folle de rage, ordonna aux auxiliaires de charger les cavaliers déjà engagés, ceux-ci fondirent sur les chevaliers, qui pour la plupart combattaient déjà, une nouvelle fois, les haches volèrent en direction des crânes, les auxiliaires étaient redoutables, un seul coup suffisait à abattre le plus brave des adversaires.

Les hommes du comte se faisaient tailler en pièce, Shiva notamment, se déchaînait, frappant de sa longue hallebarde chacun des adversaires à sa portée, jamais l’amazone n’avait fait preuve d’une telle force, en quelques instants, elle venait d’anéantir trois adversaires, frappant à la gorge ou dans le dos, sa lance effilée traversait aussi bien la maille que la chaire.

Fenouillet ordonna à ses cavaliers de se replier, ils étaient moins d’une cinquantaine maintenant, mais avaient exterminés les faucheurs, ne laissant qu’une vingtaine de rescapés, et surtout, ils avaient abattus le démon du nord, mais Shiva ne comptait pas les laisser fuir, prenant sous son commandement unique la cavalerie, elle fit donner la poursuite.

Les cavaliers légers eurent tôt fait de frapper les ennemis les plus lents, les criblant de leurs traits, ils eurent moins fière allure quand ils virent que les chevaliers cherchaient non pas à fuir, mais à contourner les archers, de manière à les attaquer ensuite.

La commandante de la cavalerie, comprenant la situation, jugea préférable de rassembler ses troupes et de s’occuper de soutenir l’infanterie qui semblait sur le point d’être mise en déroute, Gaucher avait en effet réussi à reprendre le contrôle de ses soldats, et avait lancer les vougiers à l’assaut, ses hommes d’armes ayant subis de lourdes pertes, et étant épuisés.

Une consolation de choix fut néanmoins offerte à l’amazone, qui aperçut un homme se relevant parmi les cavaliers mis à terre, l’individu portait un tabard de couleur vive et avait perdu son heaume, dévoilant une crinière rousse, avant qu’il n’ai pu atteindre une monture, il fut percé par la terrible hallebarde, tombant face contre terre, le dernier héritier du comte de Fenouillet n’était plus.

Le père du défunt, entraînait ses suivants à une cadence folle,visiblement décidé à profiter de l’impact né de la disparition du commandant adverse,il était décidé à anéantir une bonne fois pour toute ses ennemis,les gallois s’étaient révélés bien plus dangereux que prévus,ils devaient le payer.

Eudes avait bien compris les intentions de son adversaire, il plaçait ses archers de manière à ce qu’ils soient capables le plus rapidement possible d’atteindre les cavaliers, mais ceux-ci se plaçaient suffisamment loin pour ne pouvoir être atteint que durant leur charge, la question était, les flèches parviendraient-ils à stopper la déferlante humaine.

Dégainant sa longue lame, se plaçant derrière un énorme bouclier, le capitaine des mercenaires attendait le choc, les archers avaient encochés leurs flèches et choisis leurs cibles.

Fenouillet quand à lui venait de former sa ligne de bataille, la plupart de ses chevaliers avaient perdu leurs lances et portait une simple épée, mais il ne doutait pas que la noblesse parvint à mettre en déroute facilement la piétaille privée de leur chef.

Le comte toulousain n’était pas un sot, ses qualités de tacticiens étaient réelles, et il était un excellent meneur, mais ses principes étaient en accord avec son temps, aussi, il ne pouvait se douter, que l’ordre qu’il allait lui-même lancer serrait répété plus de cent ans plus tard, et qu’il serrait l’artisan de sa propre perte comme le serrait celui de Philippe 4 lors de la bataille de Crécy.

En effet, tandis que le vieux chevalier s’élançait à la tête de ses cuirasses, Shiva et ses cavaliers frappaient le dos des hommes d’armes placés à l’arrière des vougiers qui menaient l’assaut, les fantassins, pour la plupart épuisés et blessés sont taillés en pièce, cependant, les auxiliaires subissent des pertes trop importantes pour rester trop longtemps au contact, et sont obligés de se replier.

Dans un grand bruit, les cordes des 80 arcs longs claquèrent, projetant leurs longs projectiles vers les montures vulnérables, en blessant beaucoup, une seconde salve parvient à être tirée, qui brisa presque la charge.

Un petit groupe d’un dizaine de cavaliers parvient néanmoins à continuer, avec en son centre le comte,, quand soudain, une des longues flèches parvient à l’atteindre, le frappant en pleine course et manquant de peu le désarçonner, un homme à ses cotés s’empara rapidement de ses rênes, et changea de direction, emportant le blessé hors de portée des traits adverses.

Les combats furent stoppés un court instant, maintenant que les deux commandants avaient disparus, les officiers ne savaient que faire, cette bataille, chacun en était conscient, était d’avantage un affrontement personnel qu’une opération stratégique.

Durant cette période de flottement, chacun estima ses forces, il ne restait qu’une trentaine d’hommes d’armes du coté des chevaliers divins, autant d’auxiliaire et vingt piquiers, les gallois étaient tous encore en vie, mais les carquois demeuraient vides, et il restait seulement quarante cavaliers, autant de faucheurs que d’archers, mais eux aussi ne disposant plus de munition.

Pour ne rien arranger,Hannibal,le capitaine de l’infanterie était en train d’expirer,il avait lutter bravement mais le nombre d’ennemis finalement, eu raison de lui,son corps était recouvert de sang,ses blessures innombrables,et la vie s’enfuyait de corps brisé,une entaille profonde lui barrant la gorge.

La charge des hommes de Shiva avait considérablement réduit le nombre de combattant du coté toulousain, il restait environ cent vingt vougiers, et une centaine d’hommes à pied, les toulousains avaient perdu plus de cinq cent hommes,

Gaucher était toujours en vie,le vétéran avait veiller à éviter la première ligne,tout en tuant chacun de ceux qui le menaçait,la vision de son vieil ami,incapable de tenir son propre cheval le hantait,à cet instant ,le vénérable guerrier n’avait qu’une envie,retourner dans son château,retirer ce lourd équipement et rejoindre sa fille,celle-ci n’a que 17 ans,il voulait la voir grandir…

Un événement se produisit enfin, déliant la situation, tandis, qu’au loin, une silhouette se redressait lentement, l’individu, une fois sur ses jambes tangua, semblant prêt à s’écrouler à nouveau, puis planta une longue épée dans le sol, s’en servant pour se soutenir.

Un cris retentit, semblable à un hurlement bestial, un monstrueux cheval sortit des bois enneigés, l’homme se hissa péniblement, se servant du pommeau, abandonnant sa lame un instant avant de s’en ressaisir, le cavalier semblait prêt à tomber à chacune des foulées de sa monture qui s’empressa de rejoindre ses compagnons équidés.

Un grand hourra se fait entendre du coté des forces de l’ordre, Adrian Gordon, capitaine de l’ordre avait encore une fois tromper la mort, l’écossais rejoignit lentement les cavaliers, ne tenant même pas sa monture qui l’amena docilement jusqu'à destination

Le géant rengaina sa lame, et difficilement ôte son heaume déformé, découvrant un visage ensanglanté, l’arcade sourcilière gauche était fendue, le nez si souvent brisé laissait s’écouler une longue traînée de sang qui recouvrait la barbe et les longs cheveux, le regard était hagard, un peu vide, le choc avait été brutal, potentiellement mortel, mais l’écossais avait le crâne dur.

Le retour du commandant ennemi, considéré comme mort, acheva de démoraliser les toulousains, mais pour Gaucher, cela ne changeait rien, il venait de décider que cette bataille était terminée, il s’avança, se frayant un chemin parmi ses hommes et pris la parole, s’adressant au capitaine adverse :

-Commandant Gordon, il est temps de stopper ce massacre, la terre a été suffisamment souillée du sang des hommes aujourd’hui, cessons cela.

Le vénérable soldat avait parler avec son autorité habituelle de chef de guerre, semblant non pas poser une question mais donner un ordre, d’ordinaire, cela aurait suffis à faire rugir le démon du Nord, mais celui-ci, encore déboussolé ne réagit pas, ne semblant pas saisir les mots de son adversaire qui enchaîna :

-Tous ici, nous luttions pour Charles,moi le premier,j’étais prêt à donner ma vie pour le servir,je l’aurai fait sans me plaindre,comme chacun d’entre nous,c’est uniquement pour lui que nous avons livrer bataille,mais si il n’est plus la,tout cela n’a plus de sens…

Adrian, seulement commençait à réaliser la situation, il ignorait tous de la disparition de son rival, il venait juste de reprendre conscience, à son réveil, son corps était meurtri, chacun de ses muscles était douloureux, il ne se souvenait de rien, mis à part du dernier coups d’épée qu’il avait donner.

Ne parvenant pas à contenir sa souffrance, il avait ressenti le besoin de hurler, quand il était parvenus à se remettre sur pied, son unique réflexe avait été de remonter en selle, il avait avancé jusqu'à ses soldats sans même les voir, son heaume ne lui permettait d’entrevoir qu’une minuscule partie du monde, c’était un pur hasard qu’il ai réussi à repéré son cheval, donc la respiration saccadée l’avait guidé bien plus que ses yeux.

Le géant tenta de parler, mais n’y parvient pas, son crâne était si douloureux que le simple fait d’ouvrir la bouche constituait une torture, une voix néanmoins fut bientôt audible :

-Tu as raison Gaucher, trop de braves sont déjà tombés par ma faute, il est temps de mettre un terme à cette folie.

Le comte de Fenouillet, escorté de l’homme qui l’avait sauvé se rapprochait, la longue flèche qui l’avait atteint était toujours plantée dans sa targe, l’ayant transpercé sans difficulté, ainsi que le cotte de maille et le gambison, le vieillard avait de la chance que son cœur ne fut pas atteint, il continua à parler :

-Mettons un terme à cette bataille, mon garçon, laissons les survivants rentrer chez eux, ma fierté a déjà fait suffisamment de victimes…

Sur ces mots, le vieil homme dégaina son épée et s’arma de sa massa, attendant une réaction de l’écossais,qui malgré son traumatisme crânien avait plus ou moins compris la volonté du vieux soldat,soit,un coups d’épée et le colosse pourrait rentrer,s’allonger et dormir,c’était sa seule envie sur le moment.
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MessageSujet: Re: Mission : affaire de famille.   Dim 24 Oct - 13:58

Empoignant de la main gauche sa terrible flamberge, le colosse agrippa les rênes et fit avancer sa monture de manière à se retrouver en face de son adversaire, soudain, il laissa choir son épée, son bras n’avait plus la force suffisante pour manier une lame aussi lourde, dégainant sa bâtarde dans un geste de colère, il talonna violemment sa monture qui s’élança au galop, imité par celle du compte.

L’acier s’entrechoqua avec force, les deux combattants étant lancés à pleine vitesse, les lames se croisèrent une fois, puis une seconde, les chevaux ne voulant pas s’arrêter, au troisième impact, ils stoppèrent, et le corps à corps s’engagea.

Adrian cherchait à en finir au plus vite, tentant d’atteindre la gorge de son ennemi, il se heurtait néanmoins toujours à la garde vigilante du vétéran, qui quand à lui attendait l’instant propice pour frapper à l’aide de sa masse d’arme.

Les deux hommes étaient fort diminués, pourtant, la rapidité et la force des coups étonnaient les spectateurs, le comte de Fenouillet, tel un vieux chêne frappé par une tornade, résistait à la fureur du démon du nord qui semblait s’épuiser.

Le colosse tenta une nouvelle attaque d’estoc, cherchant à prendre appuie sur ses étriers pour se donner plus d’allonge, il manqua de peu de choir, ayant oublier la perte de son étrier gauche, l’écossais s’agrippa à l’arçon de sa selle, tandis que la selle faisait mine de tourner sur elle-même, la sangle en cuir devait avoir été elle aussi endommagée.

Fenouillet tenta de profiter de l’occasion, frappant férocement, cherchant à décapiter son adversaire, le colosse se redressa juste à temps, l’acier toucha le pommeau de la selle, ratant sa cible de plusieurs centimètres, le comte était à son tour vulnérable.

Gordon, poussant un cris terrifiant, frappa d’un énorme coups d’estoc de la main gauche, n’ayant toujours pas lâcher sa selle, l’épée pénétra la chaire, transperçant le corps au niveau des poumons, le vieil homme tressaillit, sembla un instant suffoquer à l’intérieur de son heaume, avant de s’arc-bouter, tel un vieil arbre plié sous le poids la neige.

Adrian sourit un bref instant, croyant avoir remporté la victoire, mais le vieil homme, malgré la souffrance, se redressa et frappa d’un puissant coups de sa masse, l’écossais, incrédule, voulu esquiver, se penchant à droite, mais soudain, la selle tourna sur elle-même, le géant tomba lourdement au sol, la neige n’amortissant guère le choc.

Gordon gisait au sol, pratiquement inconscient, ce nouveau choc l’avait un peu assommé, il n’avait pas même l’envie d’essayer de se relever, pourtant, quand il entendit son adversaire descendre de sa monture, il parvint à se redresser, et ensuite à se remettre sur ses jambes, au prix de terribles efforts, pour retomber aussi vite par terre, en effet, Fenouillet ne semblait plus représenter une menace.

Le vieux guerrier était agenouillé, l’épée d’Adrian toujours plantée dans le corps, il gardait les mains jointes, s’étant débarrassé de son heaume et de ses gantelet de mailles,il adressait une ultime recommandation à dieu avant de le rejoindre.

Le visage du vieil homme était déjà cadavérique, le regard abattu et résigné, les traits tirés et la peau fort claire, le vieil homme s’apprêtait à quitter ce monde, une quinte de toux le secoua violemment, le pliant littéralement en deux, le comte cracha quelques gorgées de sang avant de s’écrouler, la tête la première sur le sol, ironiquement, ce fut dans la posture de prière des infidèles que ce brave rendit son dernier souffle.

Le premier à réagir suite à la disparition du Comte fut son vieil ami, Gaucher s’empressa de hisser la dépouille de son compagnon sur sa monture, aidé par deux hommes d’armes qui l’escortaient, il s’adressa ensuite à Gordon qui demeurait au sol :

-Je vais ramener ce vieux fou et son fils chez eux, mais avant je vais licencié les mercenaires et rentrez avec mes hommes, tu n’as plus rien à craindre de nous…cette bataille prend fin maintenant.

Adrian n’accordait que peu d’attention aux paroles de l’homme, quand Shiva le rejoint, il l’informa des ordres à suivre et remonta péniblement en selle, rentrant seul au fort, sans daigner accorder le moindre regard à ses adversaires ou à ses hommes, sa seule pensée était tournée vers son lit, il ne ressentait pas même la douleur, seulement une lassitude écrasante.

En réalité, sa présence n’était plus nécessaire, sa seconde s’empressa de clarifier les conditions de la retraite des toulousains, ceux-ci devaient payer les vougiers, et battre ensuite en retraite,laissant aux soldats d’Adrian le soin de s’occuper des dépouilles laissées sur le champ de bataille,sur ce point,Gaucher refusa,ne voulant pas risquer que les corps soient dépouillés et ensuite abandonnés aux charognards.

Un accord fut signalement fait, l’ordre mettait à disposition de leurs adversaires, suffisamment de chariots pour transporter les innombrables victimes, mais celles-ci étaient avant cela,dépouillée de leurs bourses et bijoux,sans toute fois que l’on touche à leurs armes et équipements.

Il fallu plusieurs jours aux toulousains pour évacuer le champ de bataille,les survivants étant las et épuisés,de plus les vougiers mercenaires avaient négocier pour obtenir une prime,au vus des pertes qu’ils avaient subis,Gaucher avait finalement accepter et les avaient enfin libérés.

Les mercenaires n’avaient pourtant pas été loin, conformément aux ordres d’Adrian qui contrôlait la situation depuis fort Guède, les derniers auxiliaires, soutenus par les mercenaires gallois avaient tendus une embuscade aux vougiers qui avaient été balayés en un instant, avant de se retrouver à leurs tours, dépouillés, sans qu’il le sache, le chef de guerre toulousain avait de sa propre main renfloué les caisses de Gordon.

Lorsque enfin, les rescapés du combat eurent rejoint leur terre natale, on s’occupa des corps des soldats de l’ordre, qui furent à leurs tours pillés, par leurs propres compagnons avant d’être inhumé dans une fosse commune.

L e démon du Nord lui-même avait ordonné que l’on récupère tout ce qui pouvait l’être sur les cadavres,ceux-ci n’ ayant besoin de rien d’autre que de leurs armes,qui furent plantée dans le tertre qui surmontait le cimetière,ces ordres n’avaient souffert d’aucune contestation,pas la moindre plainte,les rescapés semblaient avoir perdu toute humanité,comme le désirait depuis si longtemps leur capitaine.

Seul Hannibal eu droit à une cérémonie d’honneur, il fut enterré dans les environs du fort, avec toute la cérémonie propre aux officiers, seule et première marque d’affection ou du moins de respect dont faisait preuve Gordon à son égard, en effet, sa mort privait le démon du Nord d’un excellent lieutenant.

Ce fut Eudes qui le remplaça finalement au cours des semaines suivantes, ses archers avaient été déterminants dans la bataille précédente, ils étaient ceux qui avaient permis cette petite victoire, qui au final avait coûté bien cher à l’ordre, en effet, la garnison avait subis des pertes énormes, et le capitaine Gordon demeurait alité, plusieurs semaines après le combat.

En effet, le colosse demeurait abattu, son crâne avait été fort secoué, et le faisait atrocement souffrir, ce qui l’obligeait à ne pas trop bouger, en effet, il n’était apaisé que lorsqu’il demeurait immobile,un comble pour un homme habitué à toujours être actif.

L’écossais était momentanément vaincu par son propre corps, il fallut près d’un mois pour que le géant soit à nouveau au sommet de sa forme, durant tout ce temps, toute opération militaire avait été stoppée, pas le moindre pillage,pas la moindre escarmouche.

Cette période d’accalmie fut d’un grand réconfort pour les survivants de la garnison, Shiva avait en effet choisi de les laisser se reposer,ils ne subissaient plus qu’un entraînement relativement court destinés à entretenir leurs capacités,mais pour le reste du temps,ils disposaient de beaucoup de temps libre.

La tranquillité offerte par l’ordre eu pour effet de séduire les mercenaires gallois et particulièrement leur capitaine,ces hommes en effet,n’étaient pas habitués à rester longtemps dans un endroit fixe,et moins encore de bénéficier des commodités offerte par l’ordre : nourriture,logement et protection.

Les mercenaires,qui plus est avaient été largement rétribué suite au dernier combat,le fait qu’ils n’aient pas subis de pertes les enchantait aussi,en général,les généraux sacrifiaient les mercenaires,de manière à en payer le moins possible,Gordon estimait trop leurs capacités pour agir ainsi.

Tous ces facteurs poussèrent les mercenaires à rejoindre l’ordre ou du moins à rejoindre définitivement la garnison de Fort Guède, qui s’en retrouva considérablement renforcée.

Si cette nouvelle enchanta Gordon, l’inactivité en revanche lui pesait, il devait pourtant admettre que ce repos lui était nécessaire,à l’exception de son crâne,il semblait en parfaite forme physique,ce qui,chez lui n’avait plus été le cas depuis bien longtemps,néanmoins,il fulminait,tel un lion en cage

Enfin, il fut à nouveau capable de remonter à cheval, ce qui signifiait pour lui, qu’il était guéri, cela signifiait la fin de la paix pour les ennemis de l’ordre,et pour les soldats,qui durent bientôt recommencer à suivre la discipline spartiate imposée pour le démon du Nord,qui néanmoins,accorda de nouveaux privilèges aux vétérans et aux gallois,de manière à s’assurer leur loyauté.

L’une des premières actions entreprises par Gordon après cette période d’hibernation fut de se rendre auprès du maître de l’ordre, en effet, Renald réclamait sa présence à ces cotés…




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