L'Ordre des Chevaliers Divins

L'Ordre des Chevaliers Divins regroupe nombre de soldats plus ou moins expérimentés mais se battant pour une cause juste, Dieu.
 
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 Immunité diplomatique

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*chaos*
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Nom: Adrian Gordon
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MessageSujet: Immunité diplomatique   Lun 30 Jan - 11:57

19 Février 1153.


Le Capitaine Gordon et ses vingt Faucheurs traversèrent la cour de fort Sylvain sans faire attention aux clameurs des Chevaliers qui saluaient leur retour, s’étonnant cependant de l’allégresse générale, les hommes semblaient particulièrement heureux...
Cela faisait plusieurs mois qu’Adrian n’avait plus vu le Grand Maître de l’Ordre, ce dernier ne lui ayant ordonné de quitter les terres toulousaines que depuis une quinzaine de jours, permettant enfin aux soldats de prendre un peu de repos à Fort Guède. Brisés par des semaines de chevauchées et de luttes pratiquement ininterrompues, les suivants de Gordon avaient accueilli la nouvelle du retour avec un soulagement indescriptible. Chacun se demandait en effet depuis longtemps combien de temps encore cette maudite expédition allait durer, et surtout s’il y survivrait. D'ailleurs, ces dernières semaines, les Toulousains s’étaient enfin organisés pour mettre un terme à la menace du Démon du Nord et, bien qu’ils aient échoué, l’armée de Gordon avait subi des pertes sévères : sur les trois cents hommes ayant quittés Fort Guède, moins d’une centaine était revenue. Pourtant, malgré le peu de rescapés, la mission d’Adrian avait donné lieu à des résultats inespérés et les pertes de l’ennemi avaient été bien plus importantes, d’une part mais surtout, la noblesse toulousaine avait été presque entièrement décimée : les quelques rescapés tremblaient encore. Combien de barons avaient péri d’un coup de sweihander tandis qu’ils s’adonnaient à la pratique de la chasse ? Combien avaient fini criblés de flèches tandis qu’ils répondaient à une fausse lettre de leurs vassaux prétendument en danger et qu’ils s’empressaient de rejoindre ? L'un d'entre eux avait même été égorgé par ses propres hommes qui, encerclés dans la maison d’un serf où ils s’étaient réfugiés, avaient pensé que ce sacrifice atténuerait la colère du Démon du Nord.

Le coup d’éclat qui avait permis le retour des Faucheurs dans leur foyer avait été la mise à mort d’une troupe de cavaliers aragonais, parmi lesquels figurait un ennemi personnel du Grand Maître de l’Ordre. A peine ce dernier avait-il reçu le messager portant les bannières des vaincus qu’il avait autorisé Adrian et ses hommes à rentrer au bercail. Avant de rentrer chez lui, le Capitaine Gordon devait cependant prendre ses ordres auprès du Grand Maître et il n’était d'ailleurs pas le seul. Effectivement, des dizaines d’officiers patientaient devant la porte du Maître de l’Ordre et parmi eux, l’Ecossais reconnu plusieurs visages vaguement familiers.
Celui qui se tenait le plus en retrait n’était autre que Ceri de Glamorgann, le Gallois, cela faisait des mois que l’Ecossais n’avait plus croisé cet homme habituellement si souriant et vertueux et qui aujourd’hui, affichait une mine des plus sombre. Leur dernière rencontre s’était d’ailleurs soldée par une dispute qui avait failli tourner au duel. L’officier fut pourtant visiblement heureux de trouver un visage connu, tous les autres gradés autour de lui arborant fièrement l’uniforme de Gardes de Fer. Il prit la parole, interpellant le géant :

- Vous êtes en vie Capitaine, et visiblement en bonne santé !

Mettant pied à terre, Adrian tendit ses rênes à l’un des Faucheurs et redressa son épaisse cape de fourrure d’un geste, tout en répondant, ironique :

- Il semblerait, les Toulousains ne sont toujours pas parvenus à nous débarrasser de vous, Lieutenant ?

Ceri sourit vaguement à la provocation, puis répondant gravement :

- Il semblerait que non, plusieurs de nos anciens compagnons ont en revanche péri ces derniers mois, cette guerre n’épargne personne.

Haussant les épaules pour signifier son indifférence, Gordon allait parler lorsqu’un officier le héla. Il s’agissait d'Otto Von Cassel, dont la tunique immaculée était marqué d’une nouvelle décoration et dont Adrian ignorait le sens. Le Germain se fraya un passage entre les officiers avant de se planter devant le Colosse.

- Le Maître attend votre venue avec impatience, veuillez ne pas perdre de temps je vous prie.

Adrian figea son regard de glace dans les yeux du Germain. Décidément, ce chien prétendait donner des ordres à tout le monde... Curieux le Highlander s’avança vers l'entrée du bureau du maitre, les autres officiers s’écartant largement à son passage, laissant derrière lui le Germain qui adressa un regard peu sympathique au Gallois avant de suivre le géant.

En quelques enjambées, Von Kassel rejoignit Gordon, lui murmurant :

- Le Lieutenant Glamorgann n’est pas en grâce actuellement, il serait préférable que vous évitiez de le fréquenter.

Aigris par l’insolence du Germain, le Capitaine des Faucheurs répondit d’un ton mauvais, tout en posant sa main sur la clinche de la porte :

- Mêlez-vous donc de ce qui vous regarde et cessez de me donner des conseils ridicules. Vous n’avez rien à me dire et je n’ai aucun compte à vous rendre !

Ce disant, le géant ouvrit la porte et tomba nez à nez avec Rénald, dont l’oreille attentive n’avait rien perdu de la discussion. Déjà un regard réprobateur ne lâchait plus l’Ecossais et le Grand Maître, visiblement irrité, commenta :

- En revanche, nous avons beaucoup de choses à nous dire il me semble.


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*chaos*
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 30 Jan - 11:57

Décontenancé, l’Ecossais stoppa net sa marche, surpris par la présence d’un inconnu derrière Rénald, un homme de haute taille au visage fin et à l’œil vif, vêtus pour le combat, tout comme le Maître de l’Ordre. Ces deux hommes semblaient être deux frères, majestueux et redoutables, presque inhumains.
L’individu, penché sur de multiples cartes resta un instant à observer l’Ecossais qui ne dit mot, ne sachant pas vers lequel des deux chefs de guerre il devait observer, et ne parvenant pas à articuler le moindre mot, stupéfait par l’apparition de Rénald. Von Cassel vint cependant à son secours en questionnant le Maître de l’Ordre :

- Monseigneur, dois-je faire dire aux autres officiers de rejoindre leurs campements ? Ils sont encore nombreux à attendre une entrevue et la nuit tombera bientôt…

Le visage de Renald s’éclaira, reprenant une allure plus sympathique. Il répondit en faignant l’enthousiasme :

- Excellente idée Otto, je ne voudrais pas que la crème de l’Ordre prenne froid dans ces couloirs venteux! Dites leurs qu’ils seront convoqués en temps et en heure.

Otto acquiesça et quitta la pièce après une révérence respectueuse. Rénald vint alors se placer aux cotés de l’inconnu qui lui ressemblait tant. Il fit signe à Gordon de s’approcher et concentra son attention sur un des parchemins représentant le Comté de Toulouse et parla à voix basse :

- Vous avez sillonné le Comté presque entièrement… Je dois vous avouer que je ne m’attendais pas à ce que vous perciez si facilement les défenses de Raymond : un tel manque d’organisation ne lui ressemble pas...

Adrian déglutit avec peine : sentant une occasion de lancer la discussion, il commenta :

- Il semblerait que les vassaux de Toulouse bénéficient d’une grande autonomie : chacun faire mine de se comporter à sa guise et c’est probablement la raison pour laquelle j’ai pu approcher de si près la capitale elle-même.

Rénald sourit légèrement, la colère avait en un instant laissé la place à une expression de satisfaction. Il rétorqua :

- Vous êtes modestes, c’est bien… Mais en réalité, ce que vous avez accompli en très peu de temps sera sans doute aussi décisif dans cette guerre que la victoire que j’ai remportée au Vallon aux Vergers. Je vous suis très reconnaissant des efforts que vous avez déployé pour la gloire de l’Ordre, Adrian.

Le Démon du Nord frissonna ; cette faculté qu’avait le Maître de l’Ordre de changer si rapidement d’humeur, et de systématiquement se monter élogieux lors de leurs entrevues, gênaient terriblement le Colosse, rendu méfiant par le contact trop prolongé avec cette bête cruelle qu’est l’être humain.

- Je n’ai fais que mon devoir, Maître…Votre stratégie à fait merveille et n’importe quel officier aurait pu accomplir ce que j’ai fait.

Le visage de Rénald pris une expression désolée et il fit un signe de tête négatif, sa voix teintée de tristesse surprit Adrian :

- Malheureusement, soit vous sous-estimez votre valeur, soit vous surestimez celle des autres officiers de l’Ordre. Je pense que mis à part vous, seul Von Cassel aurait pu faire l’affaire, ou Grégory de Caen. Mais j’ai trop besoin du premier ici et le second est seulement en route pour nous rejoindre…

Gordon trembla à nouveau, ne se laissant pas prendre au jeu de Rénald et comprenant que ces paroles mielleuses n’étaient en réalité qu’un nouveau test, et une manière de marquer sa défiance à l’égard des autres subalternes. Néanmoins, le Capitaine des Faucheurs n’avait pas oublié que le Maître n’avait pas hésité à le faire surveiller lui-même et resta silencieux.

- Voyez-vous Adrian, la force d’une armée réside dans deux choses principalement, savez-vous lesquelles ?

Le Démon du Nord n’était pas un simple soldat, des années de luttes lui avaient permis de développer un certain sens tactique. Durant les derniers mois, il avait pu prouver pleinement l’étendue de son ingéniosité, et cela avait conduit à la disparition de bien des ennemis. Il répondit après un instant de réflexion :

- Le moral d’une armée et sa bonne marche exige une autorité suprême, qui ne puisse être contestée, ainsi qu’une excellente logistique, afin d’être paré à toutes les éventualités.

Le Maître de l’Ordre avait tourné son regard vers l’inconnu qui avait hoché la tête, signifiant son approbation, ce qui avait provoqué l’apparition d’un sourire significatif.

- Il semblerait que le Seigneur Reinosa partage votre avis Capitaine, ce qui ne m’étonne pas et prouve assez votre bon sens à tous les deux. Cependant, il existe un facteur primordial que vous avez oublié dans votre raisonnement, et qui pourtant décide de l’issue de n’importe quel affrontement : c’est la confiance que celui qui dirige une armée peut avoir en celle-ci et inversement.

Adrian savait à quel point ce que disait le Maître était vrai. S'il avait réussi à accomplir tout ce qu’il avait fait, c’était car ses hommes le vénéraient, et l’auraient suivi jusqu’aux portes de l’enfer. Quand à lui, il n’aurait jamais osé tenter si souvent le destin, s'il n’avait pas été certain de disposer des meilleurs éléments de l’Ordre.

- Le lien direct entre une troupe et son capitaine, ce sont les sergents qui transmettent ses ordres. Si ceux-ci sont incompétents ou déloyaux, même le plus grand des stratèges, à la tête de la plus puissante des armées goûterait à l’échec…

Adrian demeurait silencieux, ne comprenant pas où voulait en venir le Maître : l’Ordre regorgeait d’officiers talentueux, ayant déjà fait leurs preuves à maintes reprises.

- Voyez-vous Capitaine, il y a dans nos rangs beaucoup d’hommes qui vouaient une admiration sans borne, à notre ancien dirigeant, Sopraluk… Cependant, c’est à sa personne même plutôt qu’à l’Ordre qu’allaient leurs allégeances, ce qui pose évidemment un problème maintenant qu’il n’est plus de ce monde.

Le Démon du Nord frissonna, les faits évoqués si calmement par Rénald étaient des plus importants. Il dévoilait tout cela sur le ton de la conversation, mais Adrian en était certain, chacune de ses propres réactions devaient être observée et analysée à cet instant précis.

- Beaucoup de ceux aux cotés de qui vous avez combattu sont malheureusement tombés, Capitaine. Cependant, il reste encore quelques officiers de grandes valeurs et combattant depuis aussi longtemps que vous au service de l’Ordre, tel que Bertrand de Lorraine, ou encore Glamorgann…

Adrian demeurait impassible, songeant qu’il n’avait plus vu le premier depuis des mois, ce qui n’était pas plus mal vu les tensions que chacune de leurs rencontres engendrait. Il répondit pourtant :

- Ce sont tous deux des hommes braves, ayant versé leur sang pour l’Ordre en de maintes occasions.

Rénald fixa son regard de glace dans celui d’Adrian, son visage prenant une expression d’implacable dureté tandis qu’il prononçait les mots suivants :

- Non, précisément, ce n’est pas pour l’Ordre qu’ils ont versé ce sang, mais pour Sopraluk et ses principes utopiques. C’est la raison pour laquelle je ne peux accorder la moindre confiance à ces hommes.

Le Capitaine des faucheurs se remémora en un instant le discours que Rénald lui avait tenu, ainsi qu’à Livio Daleva quelques mois plus tôt, à l’aube du massacre aux Gorges du Voleur. Il demeura pourtant impassible et rétorqua calmement :

- Auriez-vous des raisons de vous défier d’eux ? Vous ont-ils fait quelques torts ?

Rénald hocha la tête négativement tout en parlant :

- A vrai dire, un homme comme Bertrand de Lorraine m’a admirablement servi ces derniers temps : il a accompli de véritables prouesses. Pourtant cet officier refuse de se plier à la dure loi de la guerre, et il m’a été rapporté qu’à plusieurs reprises, il a désobéi à mes directives, notamment concernant le sort des prisonniers.

Adrian hocha de la tête. Il avait enfin compris ; le crime de ce genre d'hommes n’était pas d’avoir trahi, mais simplement de ne pas vouloir se livrer à une guerre totale. Prisonniers de leurs principes vertueux, ils ne pouvaient évidemment approuver la politique et les actions du grand maître.

- Je ne tolérerai aucune sédition au sein de l’Ordre, vous êtes bien placés pour le savoir. Aussi, ces hommes qui sèment un parfum de révolte des plus nauséabonds ne tarderont pas à tomber… Cependant, je ne peux pas encore les frapper. Mais une fois le cas de Raymond tranché, leur tour viendra.

Adrian sourit ironiquement, appréciant à sa juste valeur le jeu de mots, peut être involontaire du Maître de l’Ordre. Il se redressa légèrement de manière à être complètement droit, et serrant ses deux bras, répondit :

- Je serais honoré de prendre la vie de ces hommes, ils méritent de périr l’arme au poing, et je veux depuis longtemps me mesurer au Commandant de Lorraine.

Le visage de Renald s’éclaira. Il jeta un regard vers l’inconnu, qui n’avait pas perdu une miette de la conversation, et s’approchant du Démon du Nord, prit une coupe de vin qu’il lui tendit, avant de recommencer à parler, cette fois sur un ton plus enjoué :

- Vous me comblez Capitaine, je savais que je pouvais compter sur vous. Cependant, ce n’est pas pour cette mission que je vais vous demander de me rejoindre, mais pour une autre, tout aussi délicate.

Le Démon du Nord resta silencieux, conscient d’avoir sauvé sa vie au moins jusqu'à la prochaine intrigue que mettrait en place le Maître.

- Vous savez Capitaine, que l’objectif premier de votre expédition à l’intérieur du Comté de Toulouse, était non pas de massacrer la noblesse, comme vous l’avez fait avec tant d’ardeur, mais bel et bien de la pousser à changer de camp et à rejoindre nos rangs ?

Adrian hésita un instant, ne sachant pas exactement si c’était un reproche ou bel et bien une question qui lui était adressé. Il haussa légèrement les épaules et répondit négligemment :

- Je peux vous assurer que parmi ceux que j’ai abattu, il valait bien mieux que la majorité soit six pieds sous terre, plutôt qu’à nos côtés : ils n’auraient guère été d’une grand aide...

Rénald, décontenancé par cette réponse étonnante, ne put retenir un éclat de rire, qui d’ailleurs fut partagé par son acolyte, qui enfin prenait part d’une certaine manière à l’entretien. Le Maître répondit, encore hilare :

- Je vous reconnais bien là Gordon. Je suis pourtant heureux que vous admettiez qu’au moins quelques uns de vos adversaires n’étaient pas de pleutres ou des incapables sans quoi, j’aurais eu bien du mal à faire garder à notre ami son calme.

Le Capitaine des Faucheurs, las de ne rien comprendre à cette étrange scène, s’emporta, et demanda d’un ton colérique :

- Et qui est donc votre ami, à qui je n’ai pas été présenté et qui n’a pas jugé utile de le faire lui-même ?

Ce disant, le Colosse fit un pas en avant et immédiatement, perçut un mouvement dans le coin de la tente, mal éclairé et vers lequel il n’avait pas encore tourné son regard. Un homme gigantesque s’y tenait, prêt à l’attaquer, serrant dans chaque main une dague.
L’homme était noir, son visage au teint extrêmement sombre était cependant marqué de plusieurs traces blanches : des cicatrices, ainsi que des brûlures qui lui donnaient l’apparence d’un évadé du purgatoire. Il portait une épée au flanc, une hache de lancer était fixée à sa jambe tandis qu’un bouclier gisait à ses pieds. L’individu était environ de la taille de Gordon. Malgré la blancheur immaculée de ses cheveux et de sa barbe, il demeurait intimidant, sa taille ainsi que l’attirail meurtrier qu’il portait sur lui aurait sans doute fais reculer beaucoup d’autre à la place du Démon du Nord qui eut pour tout réflexe de porter ses mains à la ceinture où reposaient ses deux épées.

- Nous sommes entre amis Ali, tu n’as rien à craindre du Capitaine Gordon.

L’acolyte de Rénald s’approcha d’Adrian et lui tendit la main, ajoutant :

- Vous avez raison, j’ai manqué à tous mes devoirs en omettant de me présenter. Je désirais en premier savoir si tous ce que mon ami m’avait dit à votre sujet était vrai, mais je découvre avec étonnement que ses louanges étaient encore insuffisantes pour vous décrire, Capitaine.

Le Démon du Nord serra la main de l’homme : malgré sa ressemblance physique avec Rénald, cet inconnu sembla à Adrian bien plus rassurant que le Grand Maître. Si Rénald pouvait lui aussi se montrer particulièrement élogieux, jamais le Capitaine des Faucheurs n’avait fait l’erreur de croire qu’il pouvait être complètement sincère, tandis que l’homme à la voix chantante qui se tenait en face de lui semblait bien plus franc.

Le sombre gardien avait respectueusement hoché de la tête et obéit à son Maître, se replaçant dans l’ombre. L’Ecossais sentait pourtant que le regard du dénommé Ali ne le quittait plus…

- Et vous êtes donc, Monseigneur ?

- Je me nomme Henrique Reinosa, j’ai la chance de côtoyer votre Maître depuis des années, et n’ai pas su résister quand il m’a demandé de l’aide pour venir à bout de ce cher Raymond.

A l’accent étrange dont ce « cher » avait été prononcé, Adrian retira vivement sa main, comme s'il avait cherché à l’éloigner d’un serpent venimeux, ce qui provoqua un petit rire du Seigneur aragonais qui s’expliqua :

- Voyez-vous mon ami, j’ai la mémoire moins courte que celle de notre vénérable ami, et si je suis prêt à abattre l’ennemi d’aujourd’hui à tout prix. Je n’oublie pas qu’il a été notre ami hier, Raymond mérite certes d’être vaincu, mais nous avons trop de fois combattu ensemble pour que je puisse désirer sa mort.

Cette réponse troubla légèrement Adrian, ainsi que le ton de profonde sincérité avec lequel elle avait été dite. Rénald au contraire balaya d’un revers de la main la pile de livre qui se tenait sur la table devant lui et rétorqua violemment :

- Le traître dans cette histoire, c’est Toulouse, et non pas moi ! Un homme qui foule au pied une ancienne amitié est un félon, et ne mérite guère de vivre ! Cet idiot est devenu fou, il en payera les conséquences jusqu’au bout !!

Visiblement peu impressionné, Reinosa demanda d’un air innocent à Gordon son opinion, d’un simple mouvement du menton. Le Démon du Nord entrecroisa à nouveau ses bras en croix, dans sa position favorite et réagit d’un ton placide :

- Un acte idiot ne devient une folie que s’il échoue, le cas échéant il devient une démonstration d’audace… Notre ennemi disposait de toutes les ressources pour nous écraser, mais n’a pas su faire preuve du talent et du sens stratégique nécessaire pour y parvenir. C’est donc effectivement un fou, indéniablement.

Le Seigneur aragonais sourit à cette démonstration simple mais efficace et applaudit légèrement, tout en constatant avec amusement :

- C’est plus qu’un officier de talent que vous avez trouvé là mon ami, c’est un véritable disciple, qui semble avoir suivi à la lettre le moindre vos enseignements !

Rénald à présent de fort mauvaise humeur abattit son poing sur la table avec rage ; le choc violent prouvait l’extrême force toujours présente dans ce corps qui avait pourtant déjà tant combattu. D’une voix de tempête, le Grand Maître s’exclama :

- Suffit Reinosa, Gordon n’est pas un imbécile, et le jeu auquel vous vous prêtez l’exaspérerait bien s'il vous connaissait ! N’oubliez pas le prix qu’il a fallu vous payer pour que vous vous joignez à nous !

Le visage du Seigneur aragonais avait pris une expression pleine de froideur, telle celle qu’il avait abordé à l’arrivée du Capitaine, et qui le faisait tant ressembler au Grand Maître de l’Ordre, qui d’ailleurs venait de plonger sa main dans un grand seau,, bien familier de Gordon qui observait la scène, curieux et interloqué.

- C’est à notre ami que vous devez votre quiétude, et n’oubliez pas qu’Adrian obéissait à mes propres directives. Ne vous faites donc pas plus vertueux que vous ne l’êtes Reinosa, ce rôle convient mal à celui qui met à prix la tête de son propre cousin.

Tout en prononçant ses paroles avec le même ton, le Grand Maître de l’Ordre avait extrait de l’étrange récipient une tête qu’il tenait en l’air en serrant fermement l’épaisse chevelure de jais qui couronnait un visage déjà gris, dont l’expression était à la fois terrible et grotesque, la peau avait en effet gonflée avant de se craqueler et de laisser s’échapper les divers fluides vitaux…
Adrian reconnaissait parfaitement ce macabre trophée qu’il avait envoyé quelques semaines plus tôt au Maître de l’Ordre, et qui avait précédé de bien peu l’autorisation de rentrer à Fort Guède. Lentement, tout s’éclairait pour l’Ecossais, dont le visage se renfrognait de plus en plus. Le Seigneur Reinosa quand à lui s’était assis. Il jeta un étrange regard à Rénald et semblait avoir perdu toute envie de rire. Il fixa quelques instant le visage déjà en partie décomposé et se releva, faisant un vague signe à Ali, qui entrouvrit la toile servant de porte et disparut, avant de se retirer d’un pas rapide à son tour et ce, sans le moindre mots.

Juste après son départ, tandis que le Grand Maître restait le regard fixé sur Gordon, qui, impassible, observait le seau où devait être présent encore bien d’autres têtes, tout en se demandant comment il était possible que l’endroit ne soit pas envahi par l’odeur habituelle des cadavres. La chaire à laquelle étaient accrochés les cheveux de l’individu se déchira, et la tête roula au sol. Le Maître de l’Ordre et le Capitaine des Faucheurs restèrent un court instant muet, avant de s’esclaffer tout deux en observant la main du premier, qui tenait toujours le scalp et la moitié supérieure du crâne de l’infortuné, dont la tête à présent offrait une vue assez étrange, et qui se vengeait mesquinement en maculant de ses dernières ressources l’épais tapis qui recouvrait le sol.

- Je crains que mon idée de laisser les têtes dans de l’huile d’olive ne soit pas bonne... Non seulement elle coûte cher, mais elle a aussi tendance à fragiliser encore plus les chaires !

Rénald se pencha pour récupérer l’étrange objet, semblant embarrasser et ne pas véritablement savoir ou l’attraper. Il continua cependant à parler :

- Pour en revenir à votre mission, je vais maintenant pouvoir vous la confier…

En prononçant ses mots, le Grand Maître dégaina sa longue dague et en perça le crâne, rejetant d’un mouvement sec les chaires mortes qui firent un « plouf » amusant en rejoignant les autres têtes marinant dans l’huile d’olive.


Dernière édition par *chaos* le Lun 20 Fév - 16:25, édité 2 fois
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Le-Nain
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Dim 19 Fév - 3:46

Premier post lu ! Le reste demain Smile

Citation :
Haussant les épaules pour signifier son indifférence, Gordon allait parler lorsqu’un officier le héla, il s’agissait de Peter Van Cassel, dont la tunique immaculée était marqué d’une nouvelle décoration dont Adrian ignorait le sens ,le germain se fraya un passage entre les officiers avant de se planter devant le colosse

Tu as fait une petite fusion entre Peter Von Soukhen et Otto Von Kassel ? MrGreen
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*chaos*
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Dim 19 Fév - 12:05

MrGreen Ils sont lourds ces germains avec leurs noms qui se ressemblent,tiens au fait, Peter est devenu quoi ? On n'en a plus entendu parler depuis la Hongrie,si ?
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Dim 19 Fév - 14:02

Il est mort mais ça m'énerve j'arrive plus à retrouver le passage (quel mauvais archiviste je fais...). Si je me souviens, il était retourné dans son fief, sans doute une histoire de vengeance qui avait mal tourné... Je continue de chercher, je suis curieux de savoir comment il est mort Shocked

EDIT :

Ah non, il devrait toujours être en vie mais il a quitté (momentanément ?) l'Ordre pour régler ses affaires familiales sur les terres de sa défunte famille.
Voici son dernier récit : http://ordredeschevaliers.big-forum.net/t294-le-mercenaire-et-le-chevalier#24283
Bref, compliqué de le faire revenir sans partir dans de très longue explication...

Sinon je me suis souvenu d'un PNJ que tu pourrais utiliser : Rogacien santa

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Le-Nain
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 20 Fév - 4:16

Dans la deuxième partie de ton récit, bien que ça me fasse plaisir que tu mentionnes Karl Skapty, je l'ai supprimé puisque Rénald le considère comme prisonnier à Fort Sarrack ou mort. Disons qu'il n'a pas eu connaissance de a petite visite de de York et sa troupe à Fort Sarrack What a Face
Je me suis permis de modifier quelques tournures par la suite, de sorte à focaliser exclusivement sur Bertrand, Ceri venant juste de revenir Wink

Sinon, j'avoue avoir encore du mal à saisir dans quel camp se situe vraiment Adrian... Bluffe-t-il quand il dit qu'il est prêt à en finir avec De Lorraine ?
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 20 Fév - 16:48

Tu as bien fait,j'ai relu et ca donne mieux comme ca,en revanche j'ai vu qu'il restait quelques fautes et je dois faire des modifications et supprimer les passages ou je parle de tente vu qu'au final on est bel et bien dans un fort MrGreen

Pour ce qui est de la question concernant Adrian,et bien j'avoue que je ne le sais pas trop moi même,mais à partir du moment ou la politique de Renald lui convient parfaitement,et que son seul objectif est d'affronter des adversaires de qualités,la perspective de pouvoir affronter Bertrand est plus que tentante... Je pensais que Renald pourrait à un moment ou l'autre lancer Adrian pour traquer les dissidents,mais Squall m'a précédé avec la capture de Bertrand.
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 20 Fév - 16:49

J'aime bien Smile

Dans les officiers, t'as aussi athan qui est comptable comme un PNJ je pens,e mais qui est toujours present.
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 20 Fév - 21:31

Pour Fort Yvain, disons qu'il peut avoir des tentes à l'intérieur étant donné que ça peut être un fort construit par les soldats de l'Ordre. On le prénomme "fort" à cause de la "muraille" (sûrement plus une palissade de bois) qui entoure le camp, donc laisse comme c'était avant. Tout au mieux, je pense que Rénald peut loger dans une petite chaumière en bois, mais ce serait alors la seule du camp Wink
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Mar 21 Fév - 15:15

Maintenant que j'ai commencer à modifier ,faut que j'aille jusqu'au bout ou ca ferra tache MrGreen
Sinon pour ce qui est d'Athan au fait j'ai jamais eu trop de contact avec lui dans les missions, presque pas d'interaction depuis le début What a Face
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Dim 4 Mar - 16:16

23 Février 1153.

Gordon se tenait droit dans son énorme trône de bois. Il tendit lentement son bras vers la table afin de s’emparer d’une cruche de bière déjà à moitié vide et il but une petite gorgée avant de continuer l’examen attentif de ses visiteurs.

La majorité des Seigneurs toulousains étaient toujours occupés à se goinfrer, faisant honneur à la cuisine de celui qui depuis des mois, les empêchait de banqueter dignement. Un vacarme épouvantable régnait dans cette pièce, tous ces hommes se connaissaient et n’avaient plus guère eu l’occasion de se voir depuis longtemps visiblement.
Seul deux individus avaient déjà terminé leur repas, qui avait été fort maigre d’ailleurs. Le premier était un jeune homme frêle, visiblement intimidé et ne sachant pas à qui s’adresser, il se contentait donc d’observer mélancoliquement un verre de vin vide. D’un geste, Adrian désigna l’homme à son intendant, Romuald. D’ordinaire, ce dernier se serait élancé dague au poing pour anéantir celui que son maître indiquait, mais dans le cas présent, il s’approcha lentement du jeune homme, parvenant néanmoins à le faire sursauter, et lui proposa un nouveau verre de vin, que le jeune homme accepta avec empressement. Le regard de glace du Colosse s’abattit alors sur le second individu, qui le fixait d’ailleurs, dissimulé derrière d’épais sourcils blancs, ses deux yeux n’avaient rien perdu de leur vivacité d’esprit. L’homme était solidement bâti, et toujours vaillant, bien que de nombreuses rides parcourent son front.

Le Démon du Nord se leva, suivi du regard par la majorité des nobles qui à présent avaient cessé leurs discutions, puis s’approcha du vieux guerrier qui se mit debout. Enfin, l’Ecossais parla :

- Continuez messieurs, j'ai à m’entretenir en privé avec le Seigneur Gaucher.

Suivi de son interlocuteur, le Colosse quitta la pièce, montant une série d’escaliers menant aux remparts, lieu de méditation et de conversation préféré du Géant. Emmitouflé dans sa longue cape de fourrure, il jeta un regard vers la cour où les escortes de Toulousains faisaient elles aussi bonne chaire, et ne s’avéraient pas plus discrètes.

- Vous êtes méconnaissable, My Lord…

Gaucher avait accompagné ses deux derniers mots d’une ironie si peu discrète qu’elle fit sourire Gordon. En effet, le Maître de l’Ordre avait tenu absolument à ce qu’il s’adresse aux nobles toulousains en tant que Lord, Rénald estimant que jamais ces grands Seigneurs n’auraient accepté l’invitation d’un simple Capitaine de l’Ordre.

Au vu du mépris avec lequel s’étaient exprimés ses invités vis-à-vis des officiers venus les accueillir, Adrian avait compris à quel point le Maître avait raison : même au bord du gouffre, ces idiots faisaient toujours preuve d’arrogance et il fallait se mettre sur le même pied d’égalité qu’eux, au moins le temps des négociations, qu’ils se sentent à l’aise pour faire plier leur volontés. Pour cela, il fallait jouer cette savoureuse comédie…

- J’ai d’ailleurs failli ne pas vous reconnaître en vous voyant tantôt, quel contraste depuis notre dernière rencontre. Si votre nom n’était pas si rare dans nos régions, j’aurais pensé avoir affaire à un autre Gordon…

L’allure du Capitaine de l’Ordre était en effet quelques peu inhabituelle : il avait revêtu un pourpoint noir de velour ,à la place de son habituelle tunique, ses bottes avaient été impeccablement cirées et brillaient sous le feu des torches, seul sa gigantesque cape en peau de bête rappelait son identité. Ses cheveux avaient été lavés impeccablement et avaient repris leur aspect initial : extrêmement bouclés, cela faisait des années qu’ils étaient raidis par la crasse et la sueur. Malgré les séjours répétés dans les étuves, la barbe avait été coupée fort court, tout comme la moustache, un peu à la manière des Seigneurs espagnols.
Les soldats de Gordon avaient été fort impressionnés par l’élégance de leur meneur, eux qui l’avaient toujours considéré comme un simple soldat qui s’était hissé au sommet grâce à ses efforts. Mais à présent, nul ne doutait de la noblesse du Démon du Nord qui s'était révélé d’éclatante manière.
Contrairement à ce qu’Adrian avait craint, le fait qu’il appartienne à l’aristocratie n’avait en rien changé sa relation avec ses soldats. Au contraire, ceux-ci s’étaient sentis extrêmement fier qu’un homme dont la naissance aurait pu lui valoir d’éviter les champs de bataille, ait choisi de lutter à leurs têtes.

- Je pensais ne jamais vous revoir Gaucher, vous êtes l’un des seuls ennemis que j’ai croisé et qui s’en est sorti indemne. Et pourtant, vous vous jetez à nouveau dans la gueule du loup…

Le vieil homme ne broncha pas, expliquant seulement :

- Je n’ai pas encore pris part aux combats mis à part celui au cours duquel je vous ai affronté, Raymond s’insurgera bientôt de ce fait… Il faut que je préserve l’existence de ma fille et celle de mes cerfs, je n’ai d’autres choix que de rejoindre Rénald.

L’Ecossais se retourna vers son interlocuteur, méprisant :

- Votre fille et vos cerfs ? Que représentent ces choses pour un guerrier tel que vous ? Si vous rejoignez le Maître, ne pensez pas que celui-ci n’exigera pas à son tour que vous combattiez.

Le vieil homme ne releva pas la pique, se contentant de demander :

- Pourquoi ne pas avoir attaqué mes terres, Comte ? Vous avez frappé tous les alentours, mais avez soigneusement évité mes propriétés, pour quelles raisons ?

Gordon tourna à nouveau son regard vers la cour et commenta :

- Rénald voulait que j’épargne certains membres de la noblesse toulousaine de manière à ce que ceux-ci n’aient pas de grief à notre égard et rejoignent plus facilement notre camp.

Ce disant, le Colosse ne mentait qu’à moitié. En effet, tels étaient les ordres du Maître, mais c’était l’Ecossais lui-même qui avait demandé comme faveur à Rénald que Gaucher ait le choix de rejoindre l’Ordre ou non, malgré le peu d’importance de ses terres et de ses moyens.

- Je m’étonne assez de la bonté dont votre Maître a fait preuve à mon égard mais je l’en remercie… N’avez-vous pas des négociations à mener ? Si vous attendez trop, ils seront tous trop ivres pour comprendre vos propos.

Adrian sourit à cette idée, c’était principalement la raison pour laquelle il les faisait languir : qu’ils s’enivrent et soient ainsi plus facilement impressionnables. Il avait en outre prévu une autre subtilité, bien plus amusante, du moins si tout se passait bien…

- Qui est donc le jouvenceau qui se tient à ma table ? Il ne semble guère à son aise parmi nous.

- Je ne sais pas exactement, je n’ai plus fréquenté les autres vassaux de Raymond depuis longtemps, et ses armoiries ne me disent pas grand-chose.

L’Ecossais décida qu’il était temps de rejoindre ses invités, suivi de près par Gaucher. il fut surpris du silence qui régnait dans la salle de réception à son arrivée : visiblement les nobles avaient épuisé leurs sujets de conversation, et plusieurs avaient déjà le regard hagard, le jeunot notamment qui tentait assez lamentablement de faire bonne figure.

- Messieurs, si je vous ai réunis ici, ce n’est pas uniquement pour vous offrir un repas, mais pour que vous sachiez ce que Rénald de Hauteville attend de vous.

Les Toulousains étaient maintenant concentrés sur le Géant qui était resté debout. Les deux mains appuyés sur la gigantesque table, il dominait littéralement ses interlocuteurs, son regard froid se posant sur chaque visage. Devant l’absence de réactions, il enchaîna :

- Si vous êtes ici aujourd’hui, c’est car vous avez choisi de vous ranger sous la bannière de l’Ordre plutôt que sous celle de Raymond de Toulouse. Ou plus vraisemblablement, que vous n’aviez pas le choix…

Toujours aucune réaction. Adrian avait compté sur le caractère ombrageux des Toulousains, mais visiblement, aucun d’entre eux n’était d’humeur. Il surenchérit donc :

- Si certains d’entre vous ont fait preuve de lucidité en décidant depuis longtemps du camp qu’il fallait soutenir, c’est principalement la couardise qui en a décidé pour la majorité. Vous avez raison de craindre l’Ordre, je tiens d’ailleurs à signaler qu’à la moindre trahison, je me chargerai personnellement de châtier les parjures…

Un Toulousain un peu plus éméché que les autres réagit enfin. Bouffi et gras, l’individu avait déjà maculé sa tunique de tâches de vin. Il se leva, dévoilant ainsi une taille assez peu élevée, et s’indigna :

- Comte, nous ne sommes pas venu jusqu’ici pour nous faire traiter de lâches. Si nous rejoignons Rénald, c’est parce que notre Suzerain a rompu le serment de confiance qui nous liait à lui, il est resté sourd à nos protestations alors que nous dénoncions les injustices commises par ses mercenaires !

Adrian resta impassible, jetant un regard méprisant à l’individu :

- Si vous n’étiez pas des lâches, vous auriez vous-même réglé la question en anéantissant ceux qui menaçaient vos biens. Pourquoi laisser des vulgaires voleurs menacer vos gens ?

L’individu porcin accusa le choc et répondit, hésitant :

- Mais ils sont trop nombreux ! Les troupes recrutées par Raymond sont largement éparpillées sur nos terres, et nous étions bien obligés de les supporter, ou nous aurions été accusés de trahison !

Le Colosse balaya l’argument d’un revers de main et sourit cruellement :

- Vous êtes des traîtres, mes amis, et ce depuis que vous avez accepté l’invitation de Rénald, car il est hors de question qu’aucun d’entre vous ne serve à nouveau Raymond. La preuve de votre allégeance à l’Ordre sera d’ailleurs de bouter hors de vos terres les troupes appartenant à votre ancien Suzerain !

Plusieurs nobles blêmirent, le plus jeune se leva, manquant de peu de retomber en arrière, et pris de panique, déclara :

- Mais c’est justement pour être débarrassé de ces brigands que nous avons besoin de vous ! Aucun d’entre nous ne dispose des ressources pour les repousser !

Adrian abattit ses deux poings sur la table, faisant tomber plusieurs verres et impressionnant vivement l’assemblée, il rugit :

- Pensez-vous donc tous pouvoir vous en tirer sans jamais devoir combattre ? Vous n’êtes pas ici pour demander de l’aide mais pour nous en offrir, vous ne parviendrez pas à nous utiliser pour pacifier vos terres et ensuite changer une nouvelle fois de camps !

Le jeune homme restait stupéfait, visiblement terrifié :

-Ce n’est pas ce que votre Maître évoquait dans ses lettres : il prétendait nous offrir la paix, et mettre fin à cette guerre qui nous ruine…

Plusieurs nobles approuvèrent, se sentant eux aussi dupés visiblement. Adrian restait muet, observant chacun. Il attendit un moment avant de déclarer calmement :

- La paix, oui… Mais uniquement une fois que tous nos adversaires seront vaincu : vous obéirez ou serez exécutés. Si je vous ordonne d’abattre vos anciens amis, vous le ferez. Le cas échant, c’est moi qui vous anéantirez !

Le gros gaillard ayant déjà pris la parole semblait en avoir assez et il demanda d’un ton agressif :

- Et qui donc êtes-vous ? Aucun d’entre nous n’a jamais entendu parler de votre prétendu Comté, pas plus qu’il ne connaît vos armoiries ! Vous êtes un bien piètre diplomate dans tous les cas !

Adrian allait répondre, mais Gaucher le précéda :

- Le Seigneur Gordon ici présent est celui qui a vaincu notre ami le Comte de Fenouillet. Il est aussi celui qui a brûlé Reynerie, Tournefeuille et bien d’autres cités…

Gordon l’interrompit, sentant le trouble envahir ses interlocuteurs :

- Je suis celui qui a massacré la quasi-totalité de votre pathétique élite, et si vous n’acceptez pas mes conditions,vous irez rejoindre dans la tombe vos compagnons, et ceci avant même d’avoir pu quitter cette pièce !

Une telle menace eut un grand effet sur l’assistance, chacun se sentant acculé. Certains eurent le réflexe de chercher à s’emparer de leurs armes, les plus éméchés, les autres ayant compris à quel point leur situation était précaire.

Le Démon du Nord eut un instant l’envie d’en finir, d’abattre tous ces hommes et de voir comment la situation évoluerait : ils ne ferraient guère de solides alliés, et il faudrait continuellement les rappeler à l’ordre. N’était-il pas plus simple de s’en débarrasser directement ?

Après un instant de réflexion, il fit de son mieux pour se maîtriser et s’excusa :

- Pardonnez mon emportement, la patience n’est pas l’une de mes qualités. J’ai des directives claires pour chacun d’entre vous, elles varient en fonction des moyens dont vous disposez et des troupes que vous pouvez mobiliser.

Ce disant, le Géant désigna son intendant dont les bras étaient encombrés de nombreux parchemins, chacun ornés du seau de Rénald et des couleurs de son destinataire. La distribution commença, dans un silence religieux, les Toulousains ayant vu le Démon se cachant derrière les traits de leur hôte ne parvenaient guère à l’oublier.

Au moment où le noble le plus bouffi allait recevoir le rouleau lui étant attribué, il repoussa l’intendant de Gordon et déclara avec dignité :

- Je refuse d’obéir à un homme qui m’a menacé, c’était une erreur de croire que Rénald serait un meilleur Suzerain que Raymond, je trouverai une autre solution, quitte à me lier à l’anglois !

Adrian frémit. Un murmure parcouru l’assemblée, tandis que l’individu à la panse proéminente faisait mine de quitter les lieux, sous l’œil dubitatif de ses compagnons et bienveillant de Gordon qui affichait un sourire énigmatique.

Alors que son invité allait ouvrir la porte de sortie, Adrian parla :

- Je suis heureux d’avoir une occasion de punir ce porc, je vous avais prévenu que je ne supporterais aucun écart, et cet imbécile pense pouvoir changer d’allégeance au gré de ses humeurs…

D’un geste brusque, il dégaina sa dague qui se ficha dans le dos du Seigneur toulousain qui tomba à genoux. D’un pas lent, le Géant se dirigea vers lui, se tourna vers ses invités et expliqua :

- Si cet imbécile avait pris la peine de lire les ordres du Grand Maître, il aurait vu que ce dernier lui demandait uniquement de ne pas prendre part aux conflits jusqu'à la prise de Toulouse. Rénald est plus généreux que moi, et c’est ce qu’il se contente de vous demander…

D’un geste sec, il brisa la nuque du noble, et reprit posément son exposé :

- Rester neutre jusqu'à ce nous réclamions vos services et en échange, je me chargerai personnellement de débarrasser vos terres des mercenaires. Vous pourrez vous emparez de leurs armes qui serviront à équiper vos gens en temps et en heure.

Le plus jeune des toulousains demanda timidement :

- Pourquoi avoir prétendu que nous devrions les affronter ? Vous cherchiez donc à nous effrayer ?

Adrian sourit, et tout en jouant avec sa dague qu’il venait d’extraire du corps sans vie, il se dirigea vers son trône en expliquant patiemment :

- Les conditions que je vous ai exposées sont celles que j’aurai moi-même décrétées et que vous auriez été en droit de redouter, mais votre nouveau Suzerain est plus magnanime, ce dont vous devrez le récompensez en lui accordant une fidélité absolue.

Désignant de l’extrémité de son arme le corps sans vie, il expliqua :

- Vous êtes des nobles, j’entends donc que vous respectiez vos serments. Raymond est un parjure pour ne pas avoir honoré le sien, comme vous l’avez dit. Mais je ne peux supporter qu’un Seigneur prétende livrer son allégeance en fonction de ses caprices ,telle une putain vendant ses charmes aux plus offrants…

Se tournant vers Gaucher, le Colosse déclara :

- J’interviendrai auprès de mon Maître pour que les terres de ce pourceau rejoigne votre domaine : ses hommes sont désormais les vôtres, mais cela implique que vous devrez les mener au combat lorsque l’heure sera venue.

Cette nouvelle ne provoqua guère de remous, les nobles s’estimant chanceux. Ils avaient plus que tout envie de quitter l’antre du Démon du Nord, les conditions de leur défection étaient bien plus favorables qu’ils ne l’avaient craint, et ils auraient la vie sauve et un certain répit avant que leurs services ne soient réclamés.

- Je suis disposé à répondre à vos questions et remarques, allez-y messieurs.

Un long silence suivit cette proposition, rompu par Gaucher qui demanda :

- Quand les troupes de l’Ordre se mettront-elles en route ? Il faudra que nous justifiions notre inactivité, et il vaudrait donc mieux que la situation ne s’éternise pas.

Adrian sourit et répondit :

- Ne vous inquiétez pas, votre excuse est toute trouvée. Vous pourrez prétexter la disparition des différentes troupes de mercenaires présentes sur vos terres et dans de tels conditions, votre Suzerain sera bien obligé d’admettre que vous avez besoin de vos soldats pour vous défendre.

Gaucher hocha la tête et un des invités resté silencieux demanda :

- Est-ce que le fait de livrer des vivres sera considéré comme un acte de trahison envers l’Ordre ? J’ai déjà réussi plusieurs demandes en ce sens...

L’Ecossais réfléchit un instant : la question n’avait pas été soulevée par Rénald et il hésitait à parler en son nom, sachant que celui-ci n’apprécierait guère. Il prit pourtant le risque :

- Ce n’est pas un problème, obéissez mais conservez suffisamment de ravitaillement pour pouvoir mobiliser vos troupes lorsque ce sera nécessaire…

Pendant plus d’une heure, les questions se succédèrent, abordant principalement l’aspect logistique. Adrian demeura agréablement surpris, ses interlocuteurs avaient véritablement l’air décidé à ne pas mécontenter le Grand Maître par une quelconque maladresse due à un manque d’information. Finalement, les Toulousains furent rassasiés de réponses, la plupart avaient prévu de loger sur place, mais décidèrent qu’il était préférable de rejoindre leurs terres.
Le corps sans vie de leur compagnon gisait toujours dans la salle mais nul n’insista pour assister aux funérailles qui furent sommaire, le corps étant jeté dans les douves après le départ des derniers convives. L’escorte du défunt se joignit avec joie à celle de Gaucher et le reste des soldats furent mis au courant de la situation et ne manifestèrent guère de regret à l’annonce de la mort de leur ancien Seigneur, l’important était surtout de quitter cet endroit qui décidément, sentait bien trop la mort…
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Le-Nain
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 12 Mar - 3:01

Sympa ce petit banquet What a Face
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Jeu 15 Mar - 22:57

J'avais pris pas mal de plaisir à la rédiger, mais c'était un peu à l'aveuglette vu que je ne savais pas exactement l'opinion de Squall quand aux ralliements des toulousains,il avait évoqué la possibilité mais sans plus... Mais j'ai toujours beaucoup de marge pour la suite au moins MrGreen
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Jeu 29 Mar - 1:32

Enfin le temps de lire un peu ce qui s'est fait depuis ces derniers mois !

J'ai bien aimé en tout cas, sympa à lire ! Ca change des carnages habituels mais Gordon zigouille quand même quelqu'un à la sauvage, c'est donc un vent de fraicheu avec une pointe d'odeur de charogne Gordonnienne, dans la continuité en bref ! MrGreen
Je n'avais pas d'idée en particulier sur la manière "d'inviter" certains ennemis à rejoindre Rénald, tu as bien géré ce coup là je trouve.
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Jeu 29 Mar - 11:49

T'as aussi eu le temps de lire la fin de "Terre brulée" ? MrGreen

Merci,merci mais ceci dis j'aimerai bien savoir,les mercenaires de l'armée Tibérienne,finalement ils deviennent quoi ? Ils continuent à squatter les terres toulousaines sans bouger ou bien ils vont se rassembler à un moment donné ? Leurs positions est assez floue,vu que dans un passage, un des officiers (je sais plus son nom,celui qui ampute une main à Gabriel ) précise bien que Toulouse va être anéantie... Logiquement ils devraient s'en dissocier,non ?
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 14 Mai - 20:48

5 mars 1153.

Le capitaine Gordon était décidément d’humeur maussade, tapis dans l’obscurité avec le reste de sa troupe, il contemplait au loin un petit campement, composé de nombreuses tentes et situé sur les terres de Gaucher, le nouveau vassal de Renald de Hauteville.
Les mercenaires avaient mis une éternité à s’assoupir, depuis des heures l’écossais et ses suivants patientaient dans l’obscurité,attendant qu’il ne reste pratiquement plus personne d’éveiller pour pouvoir lancer l’attaque,malheureusement les idiots d’en face avaient visiblement tendance à se coucher fort tard.
La patience n’étant pas forcément l’une des vertus que cultivée par l’écossais, depuis deux bonnes heures il fulminait sur sa selle, tremblant de rage et d’impatience.
La colère de l’écossais était légitime, de fait Gordon disposait de très peu de temps et ses crétins venaient de lui en faire perdre beaucoup trop à son goût.
Cela faisait plusieurs jour déjà que le colosse était d’humeur massacrante, en grande partie de part la faute du grand maître de l’ordre,en effet la dernière entrevue entre les deux hommes n’avaient guère été paisible.
Renald avait fermement condamné l’initiative de son subordonné qui avait promis de nettoyer les terres des seigneurs toulousains ayant choisis de rallier l’ordre .Gordon avait estimé à tort que la pacification des terres toulousaines était une priorité, tandis que son supérieur était d’un avis tout autre, selon lui les mercenaires ne représentaient guère ’une menace dans l’immédiat, l’important étant avant tout d’écraser définitivement Toulouse.
Renald avait depuis longtemps planifié l’assaut sur le compté et la répartition de ses différents corps d’armée, aussi était il furieux que Gordon s’embarque dans une expédition qui pourrait compromettre ses plans, il était en effet prévu que le capitaine des faucheurs fasse sa jonction avec les forces Grégory de Caen une semaine plus tôt…
Gordon avait réussi à gérer cette situation, ayant envoyé l’un des ses faucheurs, l’allemand Ulrich, afin qu’il conduise directement l’intendant à fort Guède de cette manière, Gregory avait put rassembler l’ensemble des troupes et déjà prendre la direction de Toulouse. Les deux troupes réunies devait composer une force d’environ 500 hommes,ce qui impliquait que les soldats étaient suivis d’une énorme fille de chariots destinés au transport du ravitaillement mais aussi de tous les non combattants pouvant être utiles : forgerons,cuisiniers… Gregory de Caen avait qui plus est emporté avec lui plusieurs machines de sièges, qui bien que démontées de manière à être plus faciles à transporter contribuaient à ralentir le convoi, aussi Gordon avait il bon espoir de pouvoir rejoindre l’armée avant le début du siège de fort Vouivre, première étape de la marche vers le capitale.
Un autre problème était que l’écossais, après la périlleuse expédition qu’il avait mené au cœur du compté toulousain avait octroyé un congé de deux semaines à sa troupe, faucheurs exclus…
Ses soldats avaient tellement souffert durant les mois précédents que le colosse n’avait pu se résigner à les obliger à repartir en guerre sans le moindre repose, aussi avait il été obligé de demander au maître de l’ordre quelques renforts afin de mener à bien son expédition . Le grand maître, avait seulement consentis à offrir 20 nouveaux soldats au démon du Nord, estimant qu’il disposait ainsi de troupes largement suffisantes pour balayer quelques mercenaires.
En théorie,il est vrai qu’avec ces 20 soldats de plus, l’écossais disposait d’une troupe de plus ou moins deux cents hommes, ce qui n’était certes pas négligeable,mais concrètement, et tandis qu’il patientait dans les bois, le démon du nord n’était accompagné que de 60 soldats…Parmi eux, les 20 faucheurs, ou plus exactement 19 en l’absence d’Ulrich,les 20 soldats offert par Renald (qui s’était avéré n’être que de simples archer),et enfin 20 cavaliers au ordre de Gaucher. Le vieux noble avait en effet consentis à mobiliser des troupes pour aider l’écossais mais n’avait pu réunir qu’une vingtaine de paysans sachant plus ou moins tenir en selle et armé rapidement d’une bonne épée. Gordon avait donc peu de raison d’être enthousiaste, accompagné d’une troupe aussi réduite que misérable,pressé par le temps et en froid avec son supérieur hiérarchique,il devait qui plus est détruire un ennemi légèrement supérieur en nombre,tout un programme.
Fort heureusement, si l’écossais ne disposait pas d’énormément de troupe, il avait concocté un stratagème suffisamment élaboré pour s’assurer une victoire rapide, du moins si tout se passait comme prévu.
Constatant l’inactivité régnant dans le campement ennemi depuis plusieurs minutes et après s’être étiré longuement de manière à décrisper ses muscles, l’écossais fit un signe à Gaucher.
Le vieil homme ordonna à ses suivants de se mettre en marche, ouvrant lui-même la voie. Doucement, les vingt soldats de Gaucher avancèrent à travers la mince foret dans laquelle s’étaient dissimulés les guerriers de l’ordre, contraint de tenir leurs montures par la bride afin d’éviter d’être repérés. Le campement était assez éloigné mais il était éclairé par plusieurs braseros, les hommes avançaient lentement, cherchant à rester discret le plus longtemps possible. D’un nouveau geste, le colosse ordonna à ses archers d’avancer, ceux-ci s’empressèrent de rejoindre les cavaliers, laissant leurs montures sur place, solidement attachés,ils n’étaient équipés que d’un grand arc et d’un carquois ,aussi pouvaient ils se mouvoir bien plus facilement que les transfuges toulousains. Gordon dut néanmoins reconnaître que bien qu’étant des combattants novices, les recrues de Gaucher étaient assez doué pour avancer furtivement, il ne parvenait plus à les voir dans l’obscurité de la nuit et ne parvenait pas non plus à deviner au bruit ou ils pouvaient bien se trouver. Plusieurs petites lumières apparurent soudain dans l’obscurité, suivis de nombreuses autres enfin Gordon put voir les vingt cavaliers, enfin en selle et tenant chacun une torche les éclairant, rapidement le petit groupe s’élança en direction du camps ennemi. Les soldats de Gaucher s’empressèrent de lancer leurs torches en directions du campement ennemi et bientôt un début d’incendie se déclancha, l’un des projectiles ayant atterris au pied d’une de tentes avaient directement embrasé une botte de foin destiné à servir de paillasse. Contrairement aux attentes de l’écossais, l’incendie ne se propagea pas, l’absence totale de vent réduisant à néant les plans du nordique, seule la botte de paille brûla intégralement, déclanchant l’alerte. Il fallut peu de temps pour que des hommes surgissent d’un peu partout, s’empressant de mater les flammes à grands coups de couvertures. Soupirant, Gordon sauta à terre, imité par ses faucheurs, il avait escompté pouvoir lancer une charge de cavalerie destinée à mettre en fuite les mercenaires déboussolés par l’incendie, mais de toute évidence il faudrait en premier en massacrer suffisamment pour qu’ils prennent la fuite. Tandis que l’écossais et sa garde rapprochée se mettaient en marche vers le campement, les archers commençaient à remplir leur office, dissimulé par l’obscurité et s’étant rapprochés suffisamment prêt, ils décochèrent leurs traits comme un seul homme. Cette première volée, bien qu’assez peu efficace provoqua un véritable chaos chez les mercenaires, pris de panique en voyant deux des leurs tomber au sol, ce fut bientôt une énorme bousculade, chacun s’empressant de se ruer vers sa tente afin d’aller chercher ses armes, et ce dans un grand concert de vociférations et de jurons divers. Une seconde salve s’abattit sur les toulousains, sans créer beaucoup de dégâts, les archers n’étaient pas vraiment une priorité pour le maître de l’ordre, aussi ceux qui étaient préposés à manier arcs et arbalètes n’étaient en général que des serfs jugés inaptes à rejoindre les rangs des vougiers. Les deux seuls officiers de l’ordre a avoir composés des troupes d’archers spécialisées n’étaient autres qu’Adrian Gordon et Livio Daleva, deux hommes très différents mais partageant une certaine conception de la tactique, pouvant se résumer à la maxime « la fin justifie les moyens ». Daleva avait formé une compagnie de pisteurs, qui à elle seule avait sans doute anéantis davantage de toulousains que la cavalerie de l’ordre au cours des différentes batailles contre l’ennemi. L’écossais avait quand à lui eu recours aux services de mercenaires gallois, à ce point efficaces qu’il les avait finalement incorporés dans ses propres troupes,payant leurs services à prix d’or. Bien qu’étant lui-même un archer des plus médiocre, le géant n’avait pu que se féliciter de son investissement, ses archers étaient parfaitement entraînés et rataient rarement leurs cibles, de plus ils étaient commandé par un normand du nom d’Eudes, un peu trop porté sur la boisson mais n’en demeurant pas moins un bon meneur d’homme et un excellent second pour le démon du Nord.
Si Eudes et ses hommes avaient été à ses cotés, l’affaire aurait été réglée depuis longtemps, songeait Gordon tout en se frayant un chemin parmi les branchages, à la place de cela, les misérables hommes de Renald avaient laissé suffisamment de temps aux mercenaires pour qu’ils s’organisent…
S’organiser était sans un terme un peu trop fort, en effet les mercenaires avaient juste formés une masse compacte, les hommes à l’avant étant ceux disposant d’un pavois ou d’un bouclier, les autres avaient surtout pris soin de s’armer des torches, la salve qui devait leur permettre de repérer leurs agresseurs se faisait néanmoins attendre…
A la place d’archers, ce fut une vingtaine de guerriers qui surgirent ensembles des ténèbres, silencieux et formant une ligne de front, prêts à charger et attendant les ordres de leur capitaine, placé au milieu de leurs rangs. Les mercenaires hésitaient sur la tactique à suivre, malgré leur supériorité numérique ils demeuraient immobiles, visiblement aucun officier n’était présent pour leur dire quoi faire, et aucun des soldats, ne se sentait de taille à assumer le commandement. Une volée de flèches s’abattit sur la formation, cette fois-ci les archers avaient fait mouches, quelques adversaires furent touchés mortellement et plusieurs autres blessés. Peu désireux de finir criblés de flèches, la horde toulousaine s’élança vers les faucheurs, unique rempart protégeant les tirailleurs. Le vacarme de la charge des fantassins fut bientôt couverte par les cris de guerre des cavaliers surgissant de l’obscurité, Gaucher et sa petite troupe fondit sur la formation adverse en plein mouvement, abattant les guerriers les plus lents, soit les mieux armés, simultanément, Gordon s’élançait sweihander en avant, suivis par les terribles faucheurs. La troupe de mercenaire se disloqua rapidement en deux groupes, le premier poursuivait sa charge tandis que le second tentait en vain de rattraper les cavaliers qui déjà avaient commencé à battre en retraite. La charge des faucheurs fut terrible, les nordiques habitués à lutter dans l’obscurité tombèrent comme la foudre sur les rangs adverses et la plupart abattirent leurs proies d’un seul coup de claymore ou de faux. Les mercenaires qui pour la plupart tenaient d’une seule main leurs armes, l’autres servant à porter leurs torches, n’avaient guère de chance face à l’élite de l’ordre,les rares qui résistèrent au premier assaut s’engagèrent dans de brefs corps à corps tournant rapidement à l’exécution. Gordon avait été l’un des premiers à frapper, choisissant pour proie un de seuls hommes ne portant pas de torches, abrité derrière un grand pavois, une longue lance en avant, l’homme avait choisis de jouer le tout pour le tout et de charger à l’aveuglette. Eloignant d’un coup rapide l’extrémité pointue de l’arme, le colosse se jeta sur le bouclier, épaule en avant de manière à bousculer brutalement l’homme qui faillit tomber au sol, une terrible frappe verticale ouvrit en deux son crâne en même temps que la partie supérieure de son bouclier. Cherchant une nouvelle victime, Gordon observa un instant les ténèbres, ses yeux s’étaient depuis longtemps habitués à l’obscurité et il pouvait voir ses hommes lutter, ou plutôt triompher, chacun d’entre eux faisait preuve d’une maîtrise attestant du cruel entraînement qu’ils avaient du subir pour rejoindre les rangs des exécuteurs. Si Gordon maîtrisait à la perfection l’art de l’épée à deux mains, il devait bien admettre n’être pas particulièrement doué pour manier la faux de guerre, il avait imposé cette arme principalement pour terroriser ses adversaires, mais aussi car ses hommes étaient destinés principalement à lutter à cheval. Malgré l’aspect encombrant de cette arme, ses faucheurs avaient appris à les personnaliser de manière à en faire des armes redoutables, en effet l’extrémité terminée par la lame servait naturellement aux attaques de tailles, mais l’autre embout était munis d’une longue pointe d’acier, permettant de placer l’objet dans le sol, mais aussi de frapper d’estoc à la manière d’une lance. Le fier capitaine des faucheurs dut stopper un instant son expertise, le temps d’abattre un épéiste qui tenta vainement de parer une frappe de taille, il avait certes eu le temps de placer son épée bâtarde en garde mais cette dernière fut brisée tel du bois sec par l’immense lame germanique qui s’élança à nouveau, fendant les airs et tranchant la gorge de l’infortuné. Le regard de Gordon tomba sur un de ses faucheurs, plus petit et moins trapus que la majorité de ses homologues, il maniait la faux avec une dextérité étonnante. Si à la base l’écossais avait été désireux de n’engager dans sa garde que des compatriotes, et encore, uniquement des hommes dotés d’un physique titanesque, il avait bien été obligé de modifier ses critères de sélection au fil du temps et des pertes, dorénavant il acceptait n’importe quel guerrier, du moment qu’il parvienne à faire la preuve d’une valeur exceptionnelle. L’individu en question avait auparavant fait parti des auxiliaires mais suite à une bataille sanglante, lorsque le capitaine Gordon avait du reformer les rangs de ses exécuteurs, il avait réussi à attirer son attention et avait fait la preuve de ses talents. L’homme, originaire du pays de galle utilisait à merveille la faux, il abattit un ennemi d’une manière assez amusante au goût de Gordon : feignant une frappe d’estoc, il avait poussé son adversaire à esquiver, avant d’exécuter une énorme moulinet avec son arme, surpris le mercenaire resta un instant immobile avant de s’effondrer, la longue lame recourbée ayant d’un coups sec sectionnée ses deux jambes. Un hennissement tout proche de l’écossais attira son attention, Gauthier était parvenu lui aussi à le retrouver malgré l’obscurité, et l’informa :

-Une partie de nos adversaires à pris la fuite, ils s’étaient lancés à nos trousses et ayant entendu le bruit des combats, on choisis de prendre la poudre d’escampette.

L’écossais sourit à cette nouvelle, bien qu’il connaisse l’immense supériorité de ses hommes sur leurs adversaires, si ceux-ci avaient été au complet, il aurait risqué quelques pertes, les combats nocturnes étant toujours assez incertain, il décréta après un haussement d’épaule :

-Je n’ai pas le temps de les traquer moi-même, vous vous en chargerez, je vais faire marche vers Fort Vouivre dés que mes hommes se seront un peu reposés…

Le vieil homme ne dit mot, si sa mission n’avait rien de bien réjouissante, il la remplirait néanmoins avec zèle,en effet il ne pouvait se permettre de laisser vingt soldats vagabonder sur ses terres, sans quoi ses serfs serraient en danger,rien n’étant plus cruel qu’un soldat vaincu et désireux d’oublier son humiliation.

Bientôt l’ensemble des faucheurs se réunit en cercle autour de leur capitaine, en quelques minutes l’ennemi avait été anéanti, il était un peu frustrant d’avoir attendu si longtemps pour un si lamentable affrontement selon Gordon ,mais la majorité des faucheurs avaient cependant apprécié cette victoire facile. S’étant assuré d’un coup d’œil que tous étaient présents, l’écossais rengaina sa lame et expliqua :

-Bon travail, une fois que nous aurons rejoint le campement je me chargerai de récompenser certains d’entre vous. Nous partons dés l’aube, cela vous laisse peu de temps pour reprendre des forces mais vous aurez tous le temps pour cela tandis que nous moisirons sous les murs de Fort Vouivre en attendant que ces chiens de Toulouse osent nous affronter.

Un éclat de rire répondit à cette dernière phrase, ces hommes étaient tous des cavaliers, détestant les sièges ou leurs chères montures n’étaient d’aucune utilité, si en bons guerriers ils étaient aussi aptes à combattre à pied, les environnements étriqués tels des remparts n’étaient guère adaptés à leurs armements et l’inactivité les dérangeait bien davantage que les marches forcées.
Les faucheurs profitèrent des ultimes flammes des braseros r s’agroupant autour de ces derniers après avoir réunis les corps des vaincus en un petit monticule de chair, les archers quand à eux se virent ordonner de rejoindre directement le camps de l’ordre, Gordon ayant été témoin de leur médiocrité, il ne comptait pas s’en encombrer davantage.
Pendant plusieurs heures, l’écossais s’acharnait à planifier son itinéraire sur la carte de la région dont il disposait, d’ordinaire Shiva ou Romuald se chargeait de cette tache, aussi le colosse n’était il guère habitué à utiliser un plan, son sens de l’orientation étant des plus limités.
La difficulté n’était pas tant de se repérer que de trouver les chemins les plus rapides, en effet il faudrait traverser le territoire encore soumis à Toulouse pour rejoindre Fort Vouivre, et il était fort probable que la garnison de la citadelle exécute des rondes…
Apres avoir longtemps cogité, l’écossais décréta que le plus simple était encore de se frayer un chemin à travers les bois, tout en longeant la route, ainsi il pourrait rejoindre sa cible en une grosse journée, sans forcer les montures.
Lorsque l’aube pointa, les faucheurs étaient déjà tous éveillés, fourbissant leurs armes et prenant une bonne collation, les mercenaires avaient en effet laissé quelques vivres qui vinrent compléter les habituelles rations des cavaliers,bien qu’ayant peu dormis,les hommes étaient de bonne humeur.
La troupe se mit en route sans tarder, la route serrait longue mais la première partie du voyage se déroula d’une manière agréable, en effet tant qu’ils étaient sur les terres de Gaucher, les chevaliers de l’ordre pouvaient sans risque emprunter les chemins de terre, galopant et trottant en alternance, de manière à gagner un maximum de temps.
Les heures de chevauchées se succédaient, les hommes demeuraient silencieux, chacun plongé dans ses pensées, Gordon quand à lui ne pensait à rien, n’ayant ni foyer à regretter, ni de plans d’avenirs à envisager une fois son service terminé, vivant au jour le jour l’écossais ne concevait aucun projet, conscient que la mort pouvait tomber n’importe quand, sous la forme d’une embuscade ou d’une troupe de cavaliers toulousains supérieurs en nombre. Le seul espoir du colosse était que l’armée de l’ordre ne soit pas trop éloignée de sa cible, en effet il était impossible que Gregory de Caen ait déjà rejoint fort Vouivre mais il était envisageable qu’il soit déjà bien engagé dans le territoire toulousain. Lorsque les forets laissèrent place à des grandes étendues de champs et des prairies, Gordon sut qu’il venait de franchir la frontière du compté de Gaucher, en théorie dans quelques heures, de nouveaux bois devraient apparaître,,ils entouraient en effet le fortin sur plusieurs kilomètres à la ronde. La troupe de faucheur fit une longue halte dans une petite chaumière désertée, visiblement les serfs des environs avaient déjà rejoint une des citadelles de Toulouse, sans doute de crainte d’être pris à parti par les soldats de l’ordre, en effet alors que la saison des semailles avait théoriquement débutés, les champs demeuraient à l’abandon et les mauvaises herbes proliféraient.
Adrian ,bien que peu au courant en question d’agriculture songea que même si le conflit avec Toulouse s’éternisait, la population de l’énorme comté aurait sans doute bien du mal à survivre à l’hiver prochain, au vu des dégâts qu’il avait lui-même causé et de l’inactivité générale des paysans. Peu attendris pas cette éventualité, le démon du Nord ne laissa qu’un court répits à ses hommes, les toulousains n’auraient pas l’occasion de périr de faim, ils serraient massacrés bien avant. Cela faisait déjà une dizaine d’heures que les chevaliers avaient quitté le campement des mercenaires lorsqu’ils arrivèrent enfin dans les environs de fort Vouivre.
Les destriers autant que les cavaliers étaient exténués, bien que rompus aux longues chevauchées, l’accumulation des efforts des derniers mois venaient à bout des plus résistants, aucun homme ne s’était plaint, pourtant le découragement et la lassitude avaient gagnés les rangs des faucheurs. Autrefois, Adrian se serrait immédiatement rendu compte de ce changement parmi ses hommes, mais depuis des années maintenant, il avait perdu ce contact qu’il cherchait absolument à entretenir avec chacun de ses soldats, il n’était plus un compagnon pour ses faucheurs mais une sorte de divinité. Aucun des guerriers de Gordon ne l’aimait véritablement, il n’y avait que peu d’affection dans les rapports que l’écossais entretenait avec ses suivants, ils l’adoraient pourtant, prêts à le suivre jusqu’au bout, chacun était conscient que malgré la froideur de leur capitaine, ce dernier demeurait un maître à la fois généreux et protecteur. Adrian n’était pas l’un des leurs, il était supérieur, semblant parfois invincible, il avait déjà survécu à tant de combats, que même les vétérans voyaient dans cet homme quelque chose de surnaturel. Quelques mois plus tôt, lors de l’attaque de fort Guède par les ombres, leur capitaine les avaient insultés, les traitant d’ingrats et de lâches, si un autre officier avait fait de même, les faucheurs l’auraient vraisemblablement réduits en charpie, pourtant à l’idée d’avoir déçu leur supérieur, chacun des exécuteurs avait palis et s’était sentit à la fois honteux et furieux. Ce mélange de respect et de crainte envers Gordon était ce qui permettait à ses hommes de le suivre, malgré leurs épreuves qu’il leur imposait, l’écossais était-il conscient de tout cela ? Vraisemblablement pas, pour lui, il était normal que des soldats obéissent à leur supérieur, il était conscient de disposer de troupes fidèles jusqu'à la mort, il ne comprenait pas pourtant que ce n’était pas les récompenses qu’il attribuait à ses meilleurs éléments qui les rendaient si dévoués, mais tout simplement l’énigme qu’il représentait, autant pour ses alliés que pour ses ennemis. Tandis que les montures traînaient le pas et que les hommes songeaient amèrement aux nombreux combats passés et à venir, un tumulte commença à se faire entendre au loin, dénonçant un combat. Les destriers, habitués aux vacarmes des combats semblèrent soudain revigorées, tous comme leurs maîtres qui déjà donnaient du talon, cherchant à suivre Gordon qui avait lancé le trot, rapidement toute la formation se mit en place, le suivant de prêt, les hommes se lançaient des regards satisfaits et souriaient, tandis que les montures écumantes cherchaient à rester dans le sillage du cheval de tête. Le capitaine des faucheurs ne disposant pas du moindre cavalier léger ne pouvait guère envoyer d’homme en éclaireur, les énormes shires se feraient immédiatement repérés, et il n’y avait donc d’autres solution que d’emmener l’ensemble de sa troupe au combat, si les ennemis n’étaient pas trop nombreux, ils fuiraient peut être, sinon il faudrait lutter, en espérant que les adversaires ne disposent pas de cavaliers. L’escorte de Gordon était en effet redoutable, mais l’armement des exécuteurs les rendaient vulnérables aux longues lances habituellement utilisées par les chevaliers francs, ce fait n’avait pas posé de problèmes durant les derniers affrontement, mais pourraient rapidement devenir une difficulté lorsqu’il faudrait affronter l’élite toulousaine. Malgré la fougue des montures, il fallut un long moment à ces dernières pour rejoindre le champ de bataille, lorsque Gordon arriva enfin à s’extirper de la foret, ce fut pour atteindre la vaste construction qui dominait l’ensemble de la région : fort Vouivre. Perché sur une colline abrupte,le fortin ressemblait assez à la demeure de l’écossais,ses hauts murs étaient fait d’énormes blocs de pierre, de hautes tours couvertes d’ardoises permettaient d’abriter des garnisons d’archers, et la seule entrée était une énorme porte en bois,qui était présentement grande ouverte. Un groupe d’une trentaine d’homme demeurait dans la citadelle, prêt à déclencher les mécanismes permettant la fermeture du portail, le reste des soldats étaient dans la plaine, engagés dans une lutte farouche.
Adrian, du haut de la petite bute sur laquelle il cherchait à reprendre son souffle, scrutait le champs de bataille en cherchant à devenir ce qu’il se passait, un groupe d’une cinquantaine de cavaliers étaient en train de lutter avec ce qui ne pouvaient être que des guerriers appartenant à l’ordre, des rangées de pieux étaient fixés tout autour du fort, seul une large bande de terre étaient encore vierge de fortifications : celle ou de nombreux corps jonchaient déjà le sol et ou la mêlée faisait rage. Visiblement, les toulousains avaient tentés une sortie afin d’empêcher l’encerclement total du bastion, les chevaliers semblaient avoir été pris au dépourvus, vu le nombre de cadavres déjà présent. Des dépouilles étaient présentes tout le long des fortifications, visiblement les cavaliers avaient eu le temps de faire le tour de celles,-ci, de massacrer les soldats transformés en ouvriers, avant de finallement subir une charge qui empêchait leur retraite. En plus de la mêlée dans laquelle fantassins et cavaliers s’affrontaient, un autre combat avait lieu plus loin, opposant des hommes à pied exclusivement, sans doute le reste de la garnison avait-il voulu chercher à dégager les cavaliers empêtrés dans la bataille, et étaient ils tombés sur les renforts de l’ordre. Adrian reconnu soudain un homme s’illustrant dans le combat, abordant son habituelle cape pourpre, dissimulé derrière son énorme bouclier et frappant comme un forcené, Eudes menait l’assaut contre la piétaille toulousaine. La lutte était acharnée entre les deux infanteries, dont les équipements étaient d’ailleurs très similaires, mis à part les couleurs de tuniques et étendards : les larges boucliers subissaient les morsures des lames, évitant ainsi les coups mortels, et les frappes pourtant violentes faisaient peu de victimes, les troupes sensiblement égales étaient opposées dans un véritable bras de fer. Gordon habitué à voir ses hommes broyés leurs adversaires eut un instant d’étonnement en contemplant la vaillance de l’ennemi, dorénavant, il ne ferait plus face qu’aux meilleurs éléments de Toulouse, des nobles ou du moins des hommes d’armes, habitués à combattre et contraint de défendre leurs vies et leurs foyers, jusqu'à la mort. Durant les affrontements en Hongrie, l’écossais avait pu constater à quel point un homme aculé pouvait devenir redoutable, si le siège de Svarga avait coûté la vie à tant de braves, ce n’était pas tant grâce aux puissantes murailles que grâce a ses défenseurs qui avaient luttés jusqu’au dernier souffle plutôt que de se résigner, ce serrait aussi le cas ici, lorsque les toulousains n’auraient plus d’échappatoires.
Pourtant, l’affrontement actuel ne devait pas être définitif, en effet les officiers toulousains avaient choisis de mener leur dernier combat sur les murs de Fort Vouivre plutôt que dans la plaine, en effet le signal de la retraite fut bientôt donné, et un instant, les armes restèrent en suspens des deux cotés. Les chevaliers divins hésitaient, d’une manière instinctive, ils rejoignaient leurs compagnons dans les rangs, les formations se reformèrent, dans un grand silence, les toulousains faisaient de même, les fantassin formant une masse compacte de bouclier,ne sachant si ils pouvaient tourner les talons sans risque. Du coté des cavaliers, de grands vides se faisaient autour d’eux, les pointes d’aciers qui les entouraient un instant plus tôt, s’étaient éloignées, pourtant la majorité des toulousains vivants étaient toujours encerclés, un silence régna un court instant, tandis que nul ne savait comment réagir, attendant un ordre qui ne venait pas. Une voix s’éleva soudain, résonnant dans toute la plaine avec force, puissante et pleine de rage :

-Raymond a frappé l’ordre dans le dos, envahissant ses frontières et décimant nos frères, nous l’imiterons aujourd’hui, écrasez ces chiens qui fuient devant vous, CHEVALIERS !

Ce dernier mot avait été clamé avec une force incroyable, le lion normand, Gregory de Caen, avait rugit, armée d’une longue pique de bois, semblable à celles utilisées pour chasser le sanglier, il chargea un cavalier qui n’eut guère le temps que de tenter une vaine parade avant d’être transpercer et ensuite jeté au bas de sa monture, Gregory le soulevant de selle à la seule force de ses bras.
Adrian n’avait jamais eu l’occasion de voir l’intendant de l’ordre, ayant été absent ses derniers mois, il avait accepté sans guère d’enthousiasme la décision de Renald qui l’obligeait à collaborer avec cet inconnu, il comprenait mieux à présent le choix du maître de l’ordre.
Gregory était visiblement d’une autre étoffe que son frère, anéantis par le démon du Nord des mois plus tôt, il lui ressemblait d’ailleurs peu, Antoine était grand, immense même tandis que son frère cadet semblait presque petit, tant il était trapu. En effet, malgré une taille honorable, les épaules et les bras du normand étaient si larges qu’ils semblaient disproportionnés, ils étaient bien visibles, l’intendant ne portant guère de cote de maille ou même de gambison, comme c’était pourtant l’usage habituellement,une tunique semblable à celles utilisés par les grands seigneurs lors de leurs chasses. Sa vaste poitrine était protégée par un plastron de cuir, recouvert par une cape verte qui enveloppait ses épaules et descendait jusqu’au ras du sol, nul protection ne mettait son visage à l’abri de ses ennemis, laissant voir des traits durs, et un masque de haine terrifiant, tandis qu’il tenait ses yeux verts fixés sur le corps de son adversaire. Ses longs cheveux bruns étaient noués en une sorte de grosse tresse, seules quelques mèches étaient empêtrées dans l’énorme barbe recouvrant ses joues. Il jeta un vaste regard circulaire autour de lui, nul soldat n’avait encore bougé, il tira son long épieu du corps sans vie et rugit à nouveau, cette fois ce fut le cri de ralliement de l’ordre qui fut clamé :

-Saint Christophe !!

Le cri fut clamé d’une seule voix par la multitude de chevaliers qui se ruèrent de plus belles à l’assaut, Adrian quand a lui demeurait abasourdis, ne comprenant pas pourquoi ce n’était pas le traditionnel « Fortes in fide » qui avait raisonné et donner le signal de l’assaut. Saint Christophe ? Cette question qui taraudait Gordon avait cependant peu d’importance aux yeux des Toulousains visiblement, la majorité des cavaliers venait en un instant de succomber, quelques uns, une dizaine peut être parvinrent pourtant à s’extirper à la masse et galopaient désespérément vers le fort. Du coté de l’infanterie, la situation avait évolué différemment en effet, un officier toulousains, suivis d’une vingtaine d’hommes venait de charger la formation de l’ordre, créant ainsi une diversion pour permettre au reste des toulousains de se replier, ce qu’ils firent promptement, abandonnant armes et armures, ils accouraient eux aussi vers leur unique chance de salut.
Adrian n’avait toujours pas bougé, interloqué, et ne comprenant ni la raison pour laquelle l’ordre avait changer de nom, pas plus que la raison pour laquelle leurs adversaires, lâches hier s’étaient aujourd’hui transformer en braves, pourquoi vingt hommes avaient accepter de sacrifier leurs vies pour permettre à près d’une centaine de fuir… Ces événements lui semblaient aussi absurdes l’un que l’autre, pourtant il sortit soudainement de sa torpeur, un rictus parcourant rapidement ses lèvres, il s’adressa à ses faucheurs :

-Les fuyards sont vulnérables, voyons si nos montures parviennent à nous porter jusqu'à eux avant qu’ils aient franchis le portail.

La masse imposante de sa monture s’ébranla, les shires s’élancèrent au galop pour descendre la pente, tandis que les derniers martyrs de la cause toulousaine, débordés et rapidement encerclés rendaient leurs derniers souffles. L’arrivée de Gordon et de ses cavaliers déclancha une série d’acclamation de la part des soldats de l’ordre qui, ayant compris qu’ils ne parviendraient pas à prendre de vitesses les fuyards, n’avait guère d’autres choix que d’encourager ceux qui peut-être le pouvaient. Malgré leur épuisement, les destriers anglais parvenaient à rattraper l’avance prise par les fantassins, ceux-ci n’étaient cependant guère éloignés de leur base. Adrian, une bâtarde à la main et ses rênes dans l’autre, talonnait sa monture à lui briser les cotes, totalement concentré sur sa proie, il ne vit pas les cavaliers toulousains s’aligner et sonner la charge, ce n’est qu’en entendant les hurlements venant de sa gauche qu’il compris : les toulousains cherchaient à intercepter son attaque. Forçant tant bien que mal sa monture à s’arrêter et à la faire se tourner de coté, l’écossais vit 8 cavaliers se placer face à lui, formant une ligne avant de foncer dans sa direction, les faucheurs imitant leur capitaine n’eurent pas besoin d’un ordre pour comprendre et se lancèrent à leur rencontre. Adrian au centre de sa troupe n’eu même pas l’occasion de faire couler le sang, les faucheurs laissaient en effet un large espace entre eux lorsqu’ils chargeaient, de manière à ne pas gêner leurs voisins vu la longueur de leurs armes, les toulousains s’engouffrent dans les couloirs ainsi créer, plusieurs furent frappés des deux cotés à la fois, nul en tous cas ne survécut. Le massacre avait été on ne peut plus bref, mais il avait cependant fait perdre suffisamment de temps aux cavaliers pour qu’ils puissent abandonner tout espoir de rattraper les fantassins. Bientôt, les portes de fort Vouivre se refermèrent, l’opération pris un certains temps, les lourdes portes de chênes ayant bien du mal à tourner sur leurs gonds, cette attente semblait une véritable insulte pour Gordon, s’il avait su qu’il fallait aussi longtemps, il aurait peut être tenter tout de même de pénétrer l’enceinte, songeait-il. Lentement, les faucheurs et leur capitaine traversèrent la distance qui les séparait de l’infanterie, Eudes interpella l’écossais, qui se dirigea lentement vers le mercenaire en lui demandant :

-Que faisais tu en première ligne ? Et ou se trouvent tes archers ?

Peu décontenancé par le ton maussade de son supérieur, le guerrier répondit,avec sa bonne humeur habituelle :

-Je me suis porté volontaire pour faire parti de l’avant-garde, Gregory en était très satisfait et m’a confier la moitié des troupes, mes hommes,tout comme les tiens d’ailleurs sont chargés d’escorter les chariots et l’artillerie, l’intendant craignait des embuscades.

Le démon du Nord du haut de sa selle observait les hommes qui l’entouraient à présent, mis à part Eudes,il n’en reconnaissait aucun, quand soudain son regard tomba par hasard sur Ceri de Glamorgann, le gallois l’observait lui aussi, leurs regards se croisant un instant,d’un hochement de tete le fantassin salua Gordon qui l’ignora et remarqua :

-C’est bien dommage que mes auxiliaires n’étaient pas présent, ils auraient pu sans peine prendre en chasse les fuyards, et il ne resterait plus guère de toulousains à cet instant.

Eudes afficha un instant une mine un peu étrange avant de répliquer :

-Je ne pense pas que leur présence aurait changé grand-chose, leurs chevaux ont toutes été réquisitionnés et ils cheminent à pied à présent.

Gordon s’empourpra, réquisitionnés ? Qui donc s’était-il permis de réquisitionner les montures de ses propres soldats ? Semblant lire dans les pensées de son supérieur, le mercenaire précisa :

-C’est l’intendant qui a voulu que l’avant-garde dispose de monture,de manière à ce que le siège soit établis le plus rapidement possible.

L’écossais chercha du regard l’homme qu’il avait vu pour la première fois quelques minutes plus tôt, et ne le repérant pas, choisi de se lancer à sa recherche


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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Lun 14 Mai - 21:38

Ca se complique ! Very Happy

Gregory de Caen est en mode spartiate ?:p
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Mar 15 Mai - 19:58

Livio a laisser quelques petites marques faisant état de la nervosité de Gregory durant les réunions avec Renald et tout,on peut se dire qu'il rêve depuis lors d'enfin pouvoir lutter,ça correspond aussi à sa biographie MrGreen

Mais je compte bien subtiliser un peu le coco un minimum tout de même ^^
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Mar 15 Mai - 20:25

C'est surtout pour sa tenue en faites !^^
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Mar 15 Mai - 20:56

Ha ,j'avoue qu'avec les canons au bras et la pique c'est fort cet effet la,je n'avais pas tilté,c'était plutôt le coté gaulois que je voyais moi,avec la grosse barbe, et la lance MrGreen

Faudrait que je refasse cette description,je me visualise mal le bonhomme au fait... Je farfouillerai pour voir si je trouve pas une image qui me servirait d'inspiration ^^
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Mer 16 Mai - 1:07

Ben, si il est de caen, c'est plus normand donc part sur du viking Cool plastron d'ecaille en acier et hache à deux mains ? cheers
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Mer 16 Mai - 22:04

J'y avais pensé aussi mais les normands sont tout de même déja fort ancré dans la culture vraimment franque à ce moment,donc il devrait aussi se trimballer l'équipement habituel : cote de maille et casque à nasale,ce que je voulais justement éviter Suspect
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Jeu 17 Mai - 1:55

Ouais mais bon...Perso je trouverai ça plus sympa de l'avoir en mode viking a fourrure que spartiate pirat
Âpres c'est que mon avis, c'est toi qui écris en preums, donc t'as le pouvoir sunny
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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Jeu 24 Mai - 15:26

Chevauchant doucement, Adrian cherchait dans la foule de soldat et se faisait au passage quelques remarques : sur la grosse centaine d’homme présent, presque aucun ne portait de cotte de mailles, et ils étaient nombreux à aborder une épée courte et une rondache pour tout armement, de plus malgré la bataille qui venait d’avoir lieu, tous semblaient d’excellentes humeurs et particulièrement insouciants. La moyenne d’age semblait relativement jeune dans les rangs, pourtant il était évident que la plupart des soldats étaient des vétérans, les cicatrices et vêtements portant les stigmates des combats pouvaient en témoignés. Depuis le retrait des toulousains, les hommes parlaient entre eux, sans chercher à établir le campement ou quoi que ce soit, plaisantant et riant, ils ne semblaient guère redouter une contre-attaque. Adrian vit bientôt se dresser, une grande tente aux couleurs de l’intendant, et trouva ce dernier, maillet à la main en train de planter les derniers piquets assurant la stabilité de l’édifice. Après avoir solidement incruster les morceaux de bois dans le sol, l’homme contempla un instant son œuvre avec satisfaction avant de se tourner vers Gordon, alerté par un hennissement de sa monture qui répondait à l’un de ses homologues présente quelques part dans le camp, l’intendant sembla agréablement surpris et déclara d’une voix enjoué :

-Enchanté capitaine, vous êtes arrivés juste à temps, vos soldats ne devraient plus tarder à nous rejoindre avec le gros de la troupe.

Sautant à terre de sa monture, le colosse répliqua d’un ton peu chaleureux :

-J’ai été informé que vous aviez décidé de vous emparez des montures de mes hommes, j’aimerais savoir de quel autorité et dans quel dessein.

Gregory s’attendait visiblement à ce que l’écossais soit mécontent, il expliqua d’un ton dégagé,tout en renvoyant d’un geste les nombreux assistants qui l’avaient aidé à ériger sa tente :

-Je n’ai malheureusement pas su me procurer autant de chevaux que je l’aurais désirés,les écuries de l’ordre sont vide et vous disposez d’un des plus gros contingent de cavalerie, hors il fallait que les ouvriers précèdent suffisamment le gros de l’armée pour que les fortifications soient en place à notre arrivée,je suis désolé mais il n’y avait pas d’autres choix.

Gordon demeurait silencieux mais affichait toujours une mine peu enjouée, le normand continua son explication :

-Je n’avais pas de toute façon l’intention d’utilisés vos hommes en votre absence, et ils devaient donc rester avec le gros des troupes, au rythme ou le convoi avance,leurs montures ne leur était d’aucune utilité. Grâce aux chevaux, nous avons contraint les toulousains à faire une sortie et en avons déjà vaincu une bonne partie…

Ne comprenant pas exactement le rapport entre la sortie des toulousains et l’usage de ses chevaux, le capitaine demanda :

-Pourquoi craignaient ils donc tant d’être encerclés ? Et qui sont ces hommes qui ont été massacrés alors qu’ils installaient les palissades ?

Gregory sourit vaguement, tout en lissant sa barbe, il expliqua :

-Ces hommes étaient des paysans,à chaque fois que je pars en guerre, je recrute des volontaires dans les terres que je traverse, je les paye suffisamment pour qu’ils puissent risquer leur vie sans regret, ils sont préposés aux constructions des camps, au damage de la terre, ils construisent des tunnels, des puits… Bref toute une foule d’activité qui répugnent habituellement les chevaliers.

Peu convaincu, Gordon remarqua :

-Pourquoi était-il si urgent de placer des fortifications autour du fort ?

Gregory s’approcha d’un petit mulet, attaché à un arbre un peu plus loin et broutant avidement, sur son dos de nombreux paquets contenaient les effets personnel de l’intendant, un long tube en cuir abritait de nombreuses cartes, qu’il observa avec soin avant d’en extraire une de la masse.

-Suivez moi je vous prie, je dois vous montrez quelque chose.

Adrian emboîta le pas au normand, tenant les rênes de sa monture et à présent davantage curieux que furieux, les deux hommes se retrouvèrent bientôt sur l’extrémité de la colline, surplombant ainsi la plaine dans laquelle les hommes demeuraient inactifs, à l’exception des paysans, ou du moins ceux qui avaient survécus. Les désignant du doigt, l’intendant déclara :

-Ses hommes sont tellement habitué à vivre dans la misère que la perspective de servir dans une armée les enchantent, ils savent qu’ils seront toujours nourris,et ont un rôle décisif dans mes tactiques, pour cette raison ils sont traités en égaux par les hommes de troupes qui apprécient quand à eux de ne pas avoir à s’occuper de taches aussi indignes d’eux…

Gordon remarqua nonchalamment :

-Drôle de discours de la part d’un officier qui dresse lui-même ses quartiers.

Gregory ne broncha pas, justifiant simplement :

-Je ne partage pas les opinions de la majorité, je ne vois pas en quoi fendre un crâne soit davantage digne de louange que de fendre une bûche, j’ai plus de respect pour un paysan défendant sa chaumière que pour un noble s’illustrant à la joute.

Acerbe, Gordon que les questions d’équité intéressaient peu, nota :

-Vous devez avoir mauvaise conscience dans ce cas d’avoir laisser autant de vos serviteurs se faire massacrer, ils sont bien nombreux à être tombés face aux toulousains,et ce par votre faute,ils étaient sans protections.

L’intendant ne fut pas démonté, au contraire :

-Ces hommes ne défendaient rien, ils servaient pour l’argent, tel des mercenaires, ils sont utiles mais je n’ai aucune estime pour eux, il était prévu que les toulousains fassent une sortie, en revanche je pensais pouvoir semer la déroute et m’emparer ainsi du fort d’un seul coups,je me suis fourvoyé cette fois.

Comprenant mieux son interlocuteur et appréciant cette modestie de bon aloi, l’écossais demanda :

-Vous les avez sacrifiés volontairement ? Pourquoi diable nos adversaires craignaient ils tant un encerclement ?

Gregory déplia sa carte, celle-ci représentait la région avec beaucoup de détails, le chemin parcouru par l’armée de l’ordre était représenté en rouge tandis qu’une croix indiquait plusieurs points stratégiques détaillés : Fort Vouivre, Limoux, mais aussi une rivière avoisinante ainsi que deux autres lieux que rien n’identifiait, l’officier commenta :

-Comme vous pouvez le voir,notre prochaine cible : Limoux se trouve à une distance assez réduite, ce qui veut dire qu’il faut s’attendre à ce que soit la garnison de la ville viennent tenter de briser notre siège,soit à ce que les défenseurs du fort tentent une sortie pour rejoindre la ville,lorsque leurs provisions ne suffiront plus à les nourrir.

Gordon demeurait septique :

-Il est probable que les toulousains aient de longe date préparé leurs défenses et qu’ils disposent de ressources en suffisance,ils peuvent tenir à un siège très long, et il nous faudra sacrifier beaucoup d’hommes si nous voulons l’emporter…

Gregory hocha négativement de la tête et répondit :

-D’ici une semaine nous aurons mis en pièce cet endroit, et je doute que leurs caves soient pleines, Limoux abrite une population de plus de 5000 personnes selon mes informations,pour nourrir autant de monde,il aura fallu que les officiers toulousains ratissent les alentours,et je doute que ce fort soit considéré comme une priorité,sa faible garnison le prouve d’ailleurs.

L’écossais approuva silencieusement, se demandant comme une position stratégique aussi avantageuse avait pu être à ce point délaissée, les forces de Toulouse avaient-elles à ce point diminuées ? Il n’avait pas participé aux grandes batailles de cette guerre, il avait affronté bien des adversaires, mais chacun agissait de manière parfaitement indépendante de l’autorité de Raymond, aussi n’était-il guère au courant de l’état général des armées.

-Vous pensez que la garnison n’a ici pour but que de nous retarder et d’ainsi laisser le temps aux troupes de Limoux de se mobilisées ?

L’intendant sembla réfléchir à cette solution et haussa les épaules :

-A vrai dire je pense en effet que les hommes qui sont enfermés ici voulaient nous faire perdre du temps,mais je ne pense pas que les soldats de Limoux vont tenté quoi que ce soit, la garnison de la ville doit être de 400 hommes d’après les éclaireurs de Renald…

Gordon remarqua :

-Si les cents hommes présent ici parviennent à s’échapper, et que les toulousains créent une milice, nous pourrions très rapidement nous retrouver en sous nombre… Même si ceux-ci ne nous échappent pas en réalité.

Gregory attrapa vivement le colosse par l’épaule tandis que celui-ci, en pleine réflexion en sursauta, cherchant instinctivement sa dague qui pendait à sa ceinture, l’intendant murmura à son oreille :

-Ils bougent, sans doute veulent ils profiter de notre inactivité pour relancer une charge !

Ce disant, l’intendant évoquait évidemment les toulousains, qui en effet avaient tous quittés les murs au fur et à mesure de la discutions, à présent ceux-ci étaient désert, des hennissements lointains prouvaient néanmoins qu’ils ne demeuraient pas inactifs
Adrian jeta un regard en contre bas et vis les hommes tranquillement en train de bavarder ou de bivouaquer, chacun avait délaissé ses armes, certains étaient même à torse nu en train de profiter de la chaleur printanière, l’insouciance la plus totale régnait dans les rangs alors que l’ennemi se mobilisait à nouveau.

-Il faut donner l’ordre aux soldats de se tenir prêt à les repousser, immédiatement !

L’intendant qui tenait toujours l’épaule du colosse le serra fortement et murmura :

-Non, avertissons discrètement les hommes, nous pouvons retourner leur attaque surprise contre eux et ainsi réduire à néant leur résistance, et ce dé aujourd’hui !
L’excitation et l’enthousiasme étaient peints sur les traits du normand, Gordon quand à lui trouvait étrange que les toulousains veulent à nouveau combattre après la débâcle qu’ils venaient de subir.
Les deux hommes se séparèrent, l’écossais retrouva ses faucheurs et leur expliqua rapidement la situation , il avait décidé de lutter à pied cette fois ,les montures étaient en effet totalement épuisées, la plupart étaient d’ailleurs couchées, profitant du répit et broutant avidement, elles méritaient bien un peu de repos.
Suivis de sa garde personnelle, l’écossais se plaça non loin des fortifications, observant au passage les préparatifs discrets de l’avant-garde de Gregory, les hommes s’étaient remis en tenue, gardaient leurs armes bien en vue, prêt à fondre dessus mais continuant néanmoins à discourir comme si de rien n’était, affichant un sang froid surprenant de la part de simples fantassins. Un bruit métallique se fit entendre au loin, les lourdes portes faisaient à nouveau gémir les gonds qui décidément avaient bien du mal à supporter leurs fardeaux, contrairement aux attentes des hommes de l’ordre, ce ne furent que dix cavaliers qui surgirent, s’élançant au galop sous les cris d’encouragement de leurs compagnons. Plutôt que de tenter de forcer le siège des leurs ennemis, les toulousains se ruèrent vers les fortifications les plus proches, quelques uns des hommes s’empressant de fixer des grappins afin d’essayer de se frayer un passage en écartant les longs pieux,utilisant pour cela la force de leurs chevaux. Les hommes de l’ordre qui s’étaient attendu à une lutte frénétique demeuraient stupéfiaient, leurs ennemis agissaient avec une célérité incroyable, d’un seul mouvement la masse de fantassins s’ébranla et les hommes chargèrent en direction des fuyards, qui déjà parvenaient à desceller les pieux. Lorsque enfin les premiers hommes atteignirent les toulousains,ils se bousculaient pour passer à travers l’espace libéré, Gordon qui avait compris dés le début de la manœuvre que jamais il ne parviendrait à les atteindre, regardait avec rage les premiers cavaliers en train de filer à travers les bois. Cette fuite ne fut pas une réussite totale néanmoins, plusieurs des hommes de Gregory étant armés de javelots, ils en criblèrent les derniers soldats, un homme atteint à la jambe fut bientôt traîné devant Gregory qui avait rejoint l’écossais sans desserrer les mâchoires,visiblement contrarié.
L’homme fut jeté à terre sans ménagement, tandis que les portes de fort Vouivre se refermaient au loin, l’intendant s’approcha du blessé à la cuisse duquel pendait une courte javeline, la lame était presque aussi large que la jambe et la blessure s’était considérablement élargie durant la chute de l’individu, il perdait abondamment son sang et des larmes de douleurs recouvraient ses joues, le normand arracha l’arme et demanda d’un ton sec :

-C’est bien à Limoux que tes compagnons se rendent ? Vous espérez recevoir des renforts ?

L’homme ne répondit pas, il avait du mal à respirer et avait réunis ses deux mains sur son torse, serrant une petite croix en bois et adoptant ainsi l’attitude d’un homme sur le point d’expirer, les yeux fermés et comme sourd aux questions.

Gregory fit quelques pas, se plaçant au niveau du visage du toulousain, il déclara :

-Je ne suis pas un tortionnaire, inutile de te préparer au martyr, je ne briserai pas un homme loyal sous la torture, je respecte ton courage et pour cette raison,je prends ta vie avant que tu ne sois vidé de ton sang.

La pique traversera la poitrine de l’homme, juste au dessus de ses mains se tenait maintenant fiché une longue pointe de bois, profondément ancrée dans le sol, les yeux de l’homme s’étaient ouverts sous la violence du coups et son visage, noble un instant plus tôt affichait maintenant une mine grotesque, l’intendant remarqua, visiblement serein à présent :

-J’aurais du le décapiter, il aurait ainsi conservé la même expression.

Tandis que chacun conservait le silence autour de l’intendant, les paysans qui s’étaient terrés dés l’ouverture des portes du fort, recommencèrent à s’activer, il fallut un long moment pour que l’attroupement autour du défunt se disperse.
Gordon avait rejoint sa monture, suivis de ses faucheurs, Eudes et un détachement de vingt hommes étaient partout à la rencontre du gros des troupes et enfin chacun avait trouvé manière à s’occuper, un homme seul continuait à tenir compagnie au mort.
Gregory de Caen demeurait incertain, ruminant son échec et songeant que les toulousains étaient décidément bien plus retors que prévu, se demandant s’il serait en mesure d’affronter l’armée de Limoux, tout en subissant les assauts d’une centaines d’hommes sur ses arrières, et se demandant surtout si l’homme avec lequel il devait partager le commandement serait à la hauteur de la situation. Renald n’avait donné aucune information à l’intendant durant la répartition des effectifs, il lui avait à peine adressé la parole à vrai dire, lui adressant une lettre contenant des instructions simples : intégrer la garnison de fort Guède, prendre les deux citadelles, partager le commandement avec Adrian Gordon et surtout ne pas laisser le moindre survivant sur son passage. Gregory n’avait plus combattu pour l’ordre depuis longtemps, il ne connaissait guère que les maîtres de cet organisme sacré, et ceux-ci avaient une fâcheuse tendance à disparaître ces derniers temps, à commencé par son frère Antoine, si bien que le normand luttait aux cotés d’hommes qui lui étaient parfaitement étrangers, pour une cause qui ne le concernait plus guère lui semblait-il.
S'il avait accepté d’aider Renald c’était en partie pour venger son frère, mais avant tout par rancœur pour le comte de Toulouse, en effet, du temps de Sopraluk c’était Gregory de Caen qui avait fixé les conditions assurant l’harmonie entre les deux puissances voisines. C’est sur son honneur qu’il avait juré de la bonne foi du toulousain à l’ancien maître de l’ordre, et c’est en son nom que les traités d’amitiés avaient été signés. Raymond semblait à cet époque un individu d’exception, il avait réussi à charmé le normand qui avait bien volonté assuré à son seigneur, qu’un homme aussi cultivé et doux ne pouvait qu’être un parfait voisin, respectueux des traités et défenseur de la chrétienté, Caen avait même supposé qu’il pourrait sans doute participer à la croisade de l’ordre pour défendre la terre sainte…
Gregory avait été dupé, les serments qu’il avait obtenu et validé de son nom avaient été brisés, couvrant autant le parjure de déshonneur que celui qui avait entériné cette alliance.
C’était une offense personnelle faite à la dignité de Gregory, hors sa propre dignité était l’une des choses que cet homme plaçait au dessus de tout, Gregory était un homme fier, non pas orgueilleux car il n’était guère arrogant, mais ayant une certaine estime de lui-même et n’acceptant pas que son nom soit souillé par l’opprobre.
Si Raymond s’était contenté de tuer Antoine, et que cela n’avait pas fais partis d’une tactique visant à atteindre l’ordre, peut être Gregory n’aurait il pas pris les armes, son frère lui faisait horreur depuis plusieurs années, et il devenait à ce point pathétique que lorsqu’il avait postuler pour diriger l’ordre, Gregory avait préféré voir Renald l’emporté et avait voté pour lui. Ce vote était autant motivé par l’envie d’exaspérer son frère que par la certitude que le seigneur Renald était le plus amène de diriger l’ordre. L’ordre…
L’intendant se remémora le dernier discours du nouveau grand maître, celui au cours duquel l’ordre des chevaliers divins était devenu l’ordre de Saint Christophe et frissonna. Depuis ce jour, Gregory avait décidé qu’il ne participerait pas à la prochaine guerre de l’ordre, une fois Raymond vaincu, il s’en irait et rentrerait définitivement au service du roi de France, la loyauté de l’intendant envers l’ordre était avant tout dicté par son amitié envers Sopraluk, envers Renald il ne ressentait qu’un respect immuable, mais il n’était pas prêt à perdre la vie pour réaliser les folles ambitions du vieil homme. Renald voulait affronter Plantagenêt… C’était une lutte perdue d’avance, et Gregory en était conscient, contrairement aux autres officiers de l’ordre, il n’avait pas été emporté par l’élan du maître. Il connaissait trop bien le vieux renard pour être sous son charme et se laisser envoyer à la mort, Gregory se serait sacrifier avec joie pour l’ordre des chevaliers divins et Sopraluk, mais il n’en ferait pas de même pour l’ordre de Saint Christophe. La question était de savoir comment Renald réagirait à son départ, le normand n’en avait aucune idée… L’intendant ignorait tout de la duplicité du vieil homme, de sa volonté inflexible et de la totale absence de remord qui le caractérisait, il n’était pas conscient du fait que l’homme avec lequel il devait partager le commandement de son armée, était celui qui avait pris la vie de son frère, et qui en cas de trahison, serait sans doute celui qui serait lancé à ses trousses… Une goutte de pluie l’atteignant en plein visage sortit Gregory de sa torpeur, il vit avec étonnement le ciel, limpide une heure plus tôt à présent couvert de nuages, un vrombissement lointain se fit entendre, l’orage approchait. L’intendant admira un instant les rangées de pieux qui à présent entouraient entièrement fort Vouivre et marcha d’un pas lent en direction de sa tente, abandonnant le corps sans vie du brave toulousain et dressant déjà les plans qui lui permettraient de prendre le fort assez vite pour se mettre à l’abri d’une contre-attaque.

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MessageSujet: Re: Immunité diplomatique   Sam 2 Juin - 13:01

13 mars 1153

Théodore n’avait jamais été très superstitieux, pourtant en contemplant deux de ses compagnons d’armes, empalés par un seul et même trait de baliste, il commença à se dire que peut être cette journée pourrait ne pas lui porter chance. Accroupis derrière un créneau, le jeune homme originaire de Limoux attendait que les machines de l’ordre cessent de pilonner les murs pour enfin pouvoir rejoindre la tour de garde et de la, rentrer dans la citadelle afin de prendre un peu de repos. Depuis maintenant une semaine les troupes ennemies encerclaient le fort, et dés le lendemain de leur arrivée ils avaient bombardés les remparts, de petites catapultes tentaient de détruire les défenses protégeant le chemin de ronde, et des balistères particulièrement précis réussissaient à atteindre leurs cibles dés que celles-ci se trouvaient légèrement à découvert. Une vingtaine d’hommes avaient déjà péris à cause des engins de sièges, pourtant les adversaires de Toulouse n’avaient pas encore tenté une attaque de masse, se contentant de harceler nuit et jour la garnison,les empêchant de prendre le moindre repos. Théodore approcha lentement son visage du bord du créneau et observa un court instant la fourmilière qui se trouvait à plusieurs dizaines de mètres en contre bas des murs, derrière leurs fortifications, les chevaliers s’agitaient avec frénésie. Le bruit des haches s’abattant sur les branches destinées à servir de munitions au baliste accompagnait le cliniquement des lourdes masses, taillant les rochers qui devaient avoir un volume réduit pour pouvoir être placés dans les petites catapultes inventées par l’ingénieux Gregory de Caen. L’intendant de l’ordre avait créé ces engins de jets des années plus tôt et les avais conçu de façon à ce qu’elles soient entièrement démontables et donc faciles à transporter, ces armes avaient pour but unique d’harceler les garnisons, non pas de détruire les murs, mais uniquement d’entamé le moral des troupes avant l’arrivée des autres outils de siège : tours, échelles et béliers. Théodore vit l’un de ses compagnons émerger de la tour de garde, ce dernier s’élança et courut quelques mètres avant de s’accroupir à son tour devant un créneau, il fit signe au jeune toulousain de s’approcher, ce dernier patienta un instant, prenant son souffle et adressant une prière à dieu, avant de bondir sur ses pieds et de rejoindre son camarade. Ce dernier répondait au nom de Cédric, et n’était pas exactement un génie, d’un naturel grossier et arrogant, il était détesté d’une bonne partie de la garnison, fort heureusement pour lui, le nombre d’hommes qui l’exécraient avait une nette tendance à diminuer ces derniers jours. Cédric visiblement très excité montra à son compagnon d’infortune, un petit papier sur lequel étaient rédigé les mots suivants :

Nous avons été mis au courant de votre situation et nous mettons en route dés que possible, probablement dés demain, nous vous avertirons dés que nous serons à proximité afin que vous effectuiez votre sortie.

Lionel Le Narbonnais, le 8 mars de l’an de grâce 1153

Théodore chiffonna le court parchemin, le broyant dans sa main et le jetant avec fureur au visage de son voisin :

-Bordel, mais elle est passée par ou ta saleté de bestiole ? Cinq jours pour faire le chemin depuis Limoux !

Cédric sembla offusqué de la remarque, ses pigeons étaient sans doute la seule chose dont il avait pu être légitimement fier, il était le seul avec son père à réussir à dresser ses bestioles et depuis des années il échangeait avec son géniteur les volatiles, leurs faisant faire des allers-retours réguliers entre Limoux et Fort Vouivre. C’était du moins le cas du temps ou il avait encore des pigeons, en effet tous ceux qui étaient préposés à sa garde avaient finis par périr, le jeune bourgeois étant avare, il les nourrissait peu et presque tous étaient blessés, chaque distribution de grains donnant lieux à des affrontements sanglants. Lorsque Cédric, sous les conseils de son père avait concocté un baume à base de souffre pour soigner les bestioles, il n’avait pas imaginé qu’une trop forte concentration pourraient faire périr les infortunés… Depuis lors, Cédric qui n’était déjà guère aimé, de part son tempérament était devenu franchement indésirable, grâce aux volatiles, les toulousains auraient pu éviter une sortie périlleuse qui avait coûté la vie à plusieurs de leurs, mais non, les pigeons étaient mort et quelques braves par la même occasion, et tous ça par la faute d’un crétin prétentieux. C’était du moins l’opinion de Théodore, aussi quand celui-ci entendit son interlocuteur lui répondre d’un air méprisant :

-C’est une période délicate, les columbia livia ont de nombreux prédateurs dans les forets, ce brave messager a sans doute risqué sa vie pour mener à bien sa mission !

Cédric devenait absolument lyrique lorsqu’il s’agissait de faire l’apologie de ces volatiles, non pas qu’il y tienne véritablement, mais il s’imaginait se mettre lui-même en valeur en magnifiant ces créatures. Le résultat ne fut pas conforme à ses espérances, son compagnon l’attrapa par le col de sa tunique et le plaqua contre la roche du créneau, la rage peinte sur ses traits, Cédric eu un instant l’impression qu’il allait être dévoré par la parfaite dentition qui se tenait à quelques centimètres de sa gorge et qui était parfaitement visible, les mâchoires crispées de rage, Théodore répondit avec hargne :

-Et nos dix amis qui sont partis chercher des renforts, tu crois qu’ils ont risqué leurs vies ? Putain de colombophile !

Avant que Cédric n’ai eu le temps de rétorquer, le jeune toulousain qui le menaçait un instant plus tôt avait déjà sauté d’un bond la distance le séparant de la tour de garde. Le colombophile, indigné et furieux se pencha de coté, voulant clamer « Ces couillons ne sont pas mes amis ! » Mais avant qu’il n’ai ouvert la bouche, une pierre projeté avec force éclatait sur le coin du créneau du bord duquel son visage dépassait légèrement, la roche éclata en une multitude de fragments, qui s’incrustèrent avec une violence incroyable dans le crâne du toulousain, le contraignant au silence éternel.

Ayant assisté à la scène, Théodore se dit que finalement, cette journée n’était pas si terrible finalement.
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