L'Ordre des Chevaliers Divins

L'Ordre des Chevaliers Divins regroupe nombre de soldats plus ou moins expérimentés mais se battant pour une cause juste, Dieu.
 
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 La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]

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SquallDiVeneta
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MessageSujet: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mer 20 Juin - 3:06

Après un moment d'inactivité, me revoilà, heureusement pour moi, je ne reviens pas les mains vides :
ce passage devait figurer dans le sujet "Révoltes" (expliquant son passage au pluriel), présentant le début de la rébellion Toulousaine face aux mercenaires de l'armée Tibérienne. Mais, comme il gagnait en longueur et que ses personnages se développaient, j'ai trouvé plus approprié de lui dédier un sujet rien qu'à lui.
Ça fait longtemps que je n'ai pas autant écris, surtout des combats, je crains donc que mon style ne se soit alourdit, je suis ouvert à toute remarque pour le rendre plus léger, surtout auprès de Chaos qui est expert dans la description de batailles et combats.

Je finis en mettant un lien vers les description des nouveaux personnages introduits, je vais essayer de le faire à chaque nouvel arrivant, afin de rendre cela plus clair. Cependant, les descriptions présentent du spoil, vu que j'ai déjà prévu comment va s'achever la bataille et que je l'ai inclus pour aller plus vite dans leurs bio.


http://ordredeschevaliers.big-forum.net/t357-liste-des-personnages#30055
Nouveau personnage :

Toulousains :
Johan Fontaine
Tristan de Montfort
Beslav de Montfort
Siegfried Eysteinsson
Brand Eysteinsson

Aquitains
Geoffroy Longlac
Sir Barthélémy


Aube du 23 mars 1153, près de la frontière entre Toulouse et Aquitaine, bassin du Griseant.

Johan Fontaine observait l’armée ennemie s’approcher au son des cors, des flutes et des tambours, bannières aux vents et armures décorées d’armoiries, donnant l’impression d’assister à un défilé des participants d’un tournoi plutôt qu’à une armée prête à la bataille. Le vieux baron d’Eaubelle songea à l’impression qu’il devait donner aux Aquitains, dans son armure de cuir bouilli passée sous sa cotte de maille presque aussi vieille que lui, son vieux heaume à nasal sous le bras, désuet et marqué par de nombreux combats, mais toujours aussi fidèle. Ils devaient le prendre pour un vieux paysan ayant mis à sac les caves de son seigneur. Cela eu le mérite d’étirer sa joue droite en un rire figé, la partie gauche de son visage étant insensible et presque paralysée à la suite d’une blessure lors d’un duel des décennies plus tôt. En face, l’armée s’arrêta à l’autre extrémité du champ en jachère, et les piétons commencèrent à étirer leur ligne pour se mettre en ordre de bataille : infanterie lourde au centre, avec quelques reîtres légèrement équipés positionnés sur les ailes. Peu ou pas d’archers et arbalétriers. Mais une formidable compagnie de cavaliers commençait à contourner la masse formée par l’infanterie pour se mettre en première ligne.

A vue de nez, Johan estima les chevaliers à près de cinq cent, soit plus de deux fois le nombre de cavaliers qu’il avait lui-même à ses côtés. Et eux, faisaient pâle figure face aux armures multicolores des Aquitains, rutilantes et criardes sous le soleil levant. Ses propres hommes à cheval étaient une trentaine à disposer d’une véritable armure, les autres étaient vêtus au mieux de cuir, au pire s’étaient-ils vêtus de nombreuses couches de laine pour amortir les coups. La guerre avait prélevé dès ses premières heures les hommes les mieux armés, restaient à présent les escortes personnelles des seigneurs, les lâches, les mercenaires, les trop jeunes et les trop vieux, et en dernier recours, les serfs.

Johan avait assemblé un peu plus d’un millier d’hommes sous son commandement, ce qui était formidable vu les circonstances, après des mois de combats infructueux, des débâcles, des mises à sacs sanglantes et autres défaites face à l’Ordre. Beaucoup n’avaient pas pu arriver à temps au lieu de rassemblement des armées Toulousaines au début du conflit, et étaient ainsi retournés chez eux pour protéger leurs foyers, d’autres n’avaient pas répondu à l’appel aux armes, l’urgence de la situation les forçant cette fois à faire preuve de courage. Et la plupart de ceux de son armée étaient des paysans, des voyageurs, des mercenaires, enrôlés et équipés en hâte afin de retenir l’ennemi pour donner une chance à Toulouse de réagir face à la déferlante Aquitaine. Aux côtés de Johan, les quelques nobles qu’il avait réussi à rallier à sa cause, par l’amitié où la menace, semblaient perdre courage face à cette démonstration de force, de cette armée fraiche et resplendissante, au bas mot deux fois supérieure en nombre. Et ce n’était là que l’avant-garde de Plantagenêt, songea amèrement Johan.
Une troupe de cavaliers se détacha de la masse et s’approchait au trot.

-En avant pour les mondanités, lança Johan de sa voix étouffée par sa joue droite inerte avant de battre les flancs de sa jument pour la poussée à avancer, suivi de ses alliés qui formaient son escorte.

Les deux groupes de cavaliers, chacun composés d’une dizaine d’individus, se rencontrèrent au milieu du champ, les deux camps toisant du regard. L’un d’eux, somptueusement équipé d’une lourde cotte de maille sous un tabard écarlate arborant le léopard brodé d’or de Plantagenet, et orné de nombreux motifs argentés, fit avancer sa monture d’un mètre supplémentaire et ôta son heaume décoré par un long panache pourpre, révélant le visage hautain du “comte“ Geoffroy Longlac, seigneur en exil d’Alep.

Agé d’une petite cinquantaine d’années, robuste, les traits graves soulignés par un collier de barbe, de longs cheveux grisonnants lui balayant le front et le cou, il aurait imposé de le respect par son allure si Johan n’avait pas connaissance de l’histoire pathétique de sa famille. Les Longlac avaient abandonné toutes leurs possessions en Anjou afin de partir à la conquête de terres plus conséquentes en Orient lors de la Grande Croisade menée près de soixante ans plus tôt. Le père de Geoffroy s’était proclamé Comte d’Alep et avait participé au siège de la cité avec les armées franques, dommage pour lui qu’elle eu tenu bon jusqu’à la fin de la guerre. Alep ne fut pas annexée par les Croisés et resta sous l’autorité des sarrasins, alors, les Longlac se retrouvèrent sans domaine, à peine quelques troupes épuisées, errant de villes en villes, soutirant à leurs hôtes quelques richesses à force de courbettes et vendant leurs épées, tels des mercenaires. Les Longlac avaient finalement regagné le Royaume Franc, grâce à un navire marchand vénitien, dans des conditions déplorables disait-on, certains prétendaient que Geoffroy, son père s’étant laissé mourir à cause de sa honte, avait vendu l’honneur de sa sœur cadette telle une putain, pour payer ce voyage de retour aux derniers membres de sa famille. Ils avaient finalement trouvé refuge auprès d’Henri Plantagenet quelques années plus tôt, et comme Geoffroy, bien qu’habité par une arrogance insupportable, était un guerrier valeureux et un tacticien respectable, le duc l’avait nommé à la tête d’une place forte.

L’âge et la sagesse récoltée à mesure des décennies firent ressentir de la pitié chez Johan pour ce pauvre bougre, vivre de mendicité devait être terriblement humiliant pour un noble, de plus, le poids de ce terrible héritage qu’était l’histoire de sa famille avait dut condamner Longlac aux moqueries et à un mépris à peine voilé toute sa vie durant. Il n’était pas étonnant qu’il se réfugie derrière le titre revendiqué par les siens comme unique source de prestige, se servant de l’objet de son humiliation comme d’un bouclier.

-Salutation messire, honneur aux comtes d’Alep, prononça alors poliment Johan en tachant que sa voix ne risque pas laisser songer Longlac qu’il faisait preuve de sarcasme.

-Honneur à Eaubelle, seigneur Fontaine, répondit cérémonieusement Geoffroy en inclinant la tête, au moins était-il poli en retour. Je vois beaucoup d’épées de l’autre côté de ce champ. Il n’était pas nécessaire que vous vous armiez de la sorte pour accueillir votre seigneur.

-Les Longlac revendiqueraient-ils les terres Toulousaines ? Fit mine de s’étonner Johan en levant un sourcil. Il semble qu’ils soient bien nombreux les gentilshommes à les convoiter de nos jours, Hauteville, Capet, Plantagenêt…

-Ne vous faites pas passer pour un sot, rétorqua Geoffroy avec un demi-sourire moqueur. Je viens ici comme représentant de mon suzerain que vous venez de nommer. Par ses épousailles avec dame Aliénor, mon maître est parfaitement en mesure de revendiquer ces terres, et elles seront siennes je vous en assure. Ainsi, dans sa grande miséricorde, sa majesté Henri Plantagenêt est prêt à faire comme si ces quelques centaines d’hommes d’armes se tenant derrière vous étaient venus ici afin de l’accueillir comme leur seigneur légitime…à condition que vous déposiez vos armes, brûliez vos bannières aux couleurs de Raymond de Toulouse l’usurpateur et veniez prêter hommage à sa majesté, vous ainsi que vos alliés et vassaux.

Johan hocha la tête comme s’il pesait le pour et le contre, bien que sa décision ne fût déjà prise avant même que Geoffroy n’ouvre la bouche.

-Et dans le cas contraire ? Demanda-il innocemment.

-Vous vous doutez bien de ce qu’il adviendra si vous rejetez l’offre généreuse de mon seigneur. Lança alors Geoffroy avec agacement, sa monture sentant son impatience, se mit à battre le sol d’un sabot, comme un écho de la colère contenue de son maître. Il adviendra à vos terres et à vos gens un sort bien trop sinistre pour que je n’entache cette discussion amicale en le détaillant. Mon maître n’exige de vous ni que vous prêtiez part aux combats qui vont survenir dans la conquête de ses terres, ni contre Raymond, ni contre Hauteville, il n’exigera même pas que vous mettiez à sa disposition vos soldats, ni même que vous lui fournissiez nourriture ou tribut. Mon maître est même prêt à vous dédommager des dégâts qu’aura subit votre domaine et vos gens durant les combats. Il veut simplement en échange votre hommage et votre neutralité durant la guerre. Libre à vous de penser le contraire, mais il me semble que les conditions de mon seigneur sont plus que généreuse !

-Il est vrai que le duc faire preuve d’une générosité bien supérieure à ce à quoi je m’attendais, une telle magnanimité l’honore, acquiesça Johan en hochant la tête, ce qui sembla satisfaire Geoffroy jusqu’à ce que le vieux baron ne poursuive son discours. Mais, néanmoins, Plantagenêt s’octroi des droits sur ces terres que je ne reconnais nullement, si Aliénor veut s’emparer de Toulouse au nom de la mère de sa mère, qu’elle vienne jusqu’ici l’épée au clair, je me ferais une joie de débattre avec elle de ses droits. Mais devant votre maître, je ne ploierais pas le genou, je ne prendrai pas ses mains en supplique et ne l’embrasserai pas. Ma maison sert les comtes de Toulouse depuis que le Charles le Grand le fonda, et je n’entacherai pas de honte ma famille en devenant félon, même devant un homme aussi puissant que Plantagenêt.

-Votre courage et votre loyauté sont honorables, rétorqua Geoffroy en conservant son calme bien que ses yeux s’étrécirent et qu’il ne parla trop vite pour ne pas s’apercevoir de sa colère, j’en prendrai note et les vanterait à qui voudra l’entendre : le baron Johan Fontaine est un brave et un homme fidèle à son suzerain. Mais à présent, ouvrez vos yeux et vos oreilles, voyez l’armée qui se tient face à vous et écoutez ma mise en garde : vous avez peiné à rassembler un millier de traines savates vêtus de lambeaux et armés de bâtons, votre comte est invisible depuis des mois, on le dit malade où même mort, vos armées sont éparpillées, épuisées face à l’Ordre qui a reprit ses esprits et avance sur vos terres en exterminant méthodiquement vos nobles, Toulouse est à l’agonie ! Quant à moi, j’ai amené deux milles hommes vêtus de mailles de fer et armés d’acier, des guerriers frais, qui rêvent d’en découdre. Et j’ai derrière moi mon suzerain, qui a décidé de lancer sa campagne, avec vingt milles hommes sous ses ordres, une force telle qu’on en a jamais vu depuis la guerre sainte pour Jérusalem, une armée qui va balayer toute opposition sur sa route, et vous, vous osez vous dresser face à mon seigneur ?

-Je crains que oui, répondit Johan d’une voix calme mais déterminée.

-C’est fort regrettable alors, lança Geoffroy avec une fureur à peine contenue. Même en Aquitaine, on vantait votre clairvoyance et votre vertu, dommage que toutes deux semblent s’être estompées avec l’âge. Vous condamnez vos gens à une mort certaine alors que mon seigneur leur offrait la paix. Que les épées chantent, dans ce cas.

Geoffroy fit tourner sa monture et commença à regagner ses troupes au trot, suivis par son escorte, mais Johan l’interpella, le stoppant dans sa course.

-Peut-être est-là la solution mon seigneur, interpellant Geoffroy qui le regarda avec curiosité et prudence en faisant faire demi-tour à son cheval. Si aucun sang n’est versé aujourd’hui, alors l’on m’accusera de couardise et de félonie, à Toulouse comme en Aquitaine.

-Mon maître s’engage personnellement à ce que quiconque fera preuve de lucidité en se soumettant ne soit nullement l’objet de moqueries où de haine pour avoir fait le bon choix, expliqua Geoffroy qui semblait croire qu’il était finalement encore possible de clore la journée sans avoir à batailler inutilement.

-Je ne doute pas que personne ne m’accusera face à lui, concéda Johan, mais qu’en sera-t-il lorsqu’il ne sera pas là pour imposer sa volonté. Que dira-t-on de moi dans les forts, les palais et les chaumières ? Que le baron d’Eaubelle a fait des courbettes face à l’envahisseur après avoir clamé qu’il bataillerait contre lui. Ma maison ne le supporterait pas.

-Que proposez-vous alors ? Demanda Geoffroy, intrigué, faisant approcher son étalon jusqu’à ce que son naseau touche presque celui de la jument de Johan.

-Un duel, deux hommes qui détermineront l’issue de la journée pour que le plus de vies soient sauvées.

-Si je gagne, vous vous soumettrez donc ? Enonça Geoffroy avec suspicion, scrutant les yeux de Johan, puis son armure, son épée et son visage à nouveau.

Sans doute craignait-il de combattre Johan, qui dans sa jeunesse avait gagné de nombreux tournois et survécu à des adversaires autrement plus robuste que lui.

-C’est cela, affirma Johan. Mais je ne pourrais pas combattre moi-même, je suis assez fort pour encore monter en selle, mais brandir une épée est une toute autre chose.

Geoffroy semblait revivre, un léger sourire de soulagement transparaissant brièvement sur son visage. Courageux, mais pas téméraire l’animal, songea Johan, craignait-il de ne point vivre jusqu’à ce que Plantagenêt ne lui octroie des terres dignes des prétentions de son défunt père ?

-Très bien, dans ce cas, je désignerai un champion, et vous en ferez de même. Conclût Geoffroy avant d’appeler un de ses suivants. Sir Barthélémy !

Le cavalier qu’il appela se détacha du reste de son escorte, un homme de très haute taille, avec de larges épaules, sa carrure étant encore plus mise en valeur par l’épaisse cotte de maille qu’il portait sous son tabard aux couleurs d’Aquitaine, ces mêmes couleurs qu’arboraient la bannière qu’il tenait et planta dans le sol à son arrivée à la hauteur de Geoffroy, comme si ces terres étaient déjà conquises, sûrement pour montrer sa confiance en l’issue du combat qui s’annonçait. Il fit faire à sa monture un tour autour de Johan qui resta immobile et fixa Geoffroy qui lui semblait aussi confiant que son champion. Sir Barthélémy retourna auprès de son maître et leva la visière de son heaume d’acier, révélant un visage déjà âgé, presque autant que Johan. Une large mâchoire entourant des lèvres si fines qu’il semblait se les mordiller en permanence, des favoris grises l’encadrant, un nez proéminent, cassé à de nombreuses reprises, et des yeux verts étirés, lui donnant un air moqueur, surtout lorsqu’il étira sa bouche en un sourire suffisant. Geoffroy lui dédia un hochement de tête approbateur, pour lui signifier sa confiance.

-Et si mon champion l’emporte ? Avança Johan, les termes de la victoire si elle lui revenait n’ayant pas été évoqués.

Geoffroy dévisagea Johan un instant avec surprise, puis la colère fit place, il comprenait que c’était là où le baron avait voulu le mener depuis le début. Barthélémy quant à lui se contenta d’un ricanement méprisant, semblant ne pas douter de sa victoire.

-Je ne peux conclure de trêve au nom de mon seigneur, vous le savez. La guerre est inévitable.

-Alors retenez vos troupes, demanda Johan. Laissez nous quelques jours d’avance et je replierai mes troupes tout en tâchant de mettre mes gens et ceux de mon seigneur à l’abri avant l’arrivée de votre maître. Laissez nous une quinzaine, vous n’aurez même pas à faire part de notre accord à Plantagenêt, il vous suffira de lui dire que vous avez préféré la prudence à cause de pièges posés sur la route, ou des embuscades, ou que sais-je encore.

-Deux semaines, c’est là beaucoup demander, rétorqua Geoffroy, semblant soulagé des exigences de Johan, mais hésitant à les accepter. Disons dix jours, et avec la garantie que le siège d’Eaubelle m’échouera et que l’heure venue, je ferais preuve de magnanimité envers vos serfs trouvés hors de vos murailles.

-Entendu ! S’exclama alors Johan avant d’appeler lui aussi son champion. Seigneur Montfort !
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SquallDiVeneta
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mer 20 Juin - 3:07

Les Aquitains regardèrent les hommes de l’escorte de Johan, mais aucun ne bougea, au lieu de cela, parmi les cavaliers restés avec l’armée Toulousaines, l’un d’eux émergea de la foule sous leurs acclamations et s’approcha au trot sous les regards ahuris des hommes de Longlac. Le champion désigné par Johan était presque aussi grand que Barthélémy, mais toutes les parties de son corps étaient difformes et disproportionnées. Son torse était très large, son bras droit, de l’épaule et la main, était deux fois plus large que le gauche, son épaule formant une excroissance ronde remontant jusqu’à sa mâchoire. Sa jambe droite elle aussi semblait avoir suivit le même schéma, étant plus épaisse que la gauche, son pied semblant former une masse épaisse et plate, comme le serait un tronc d’arbre. Il portait une cotte de maille adaptée à sa difformité et un tabard décoré par un chêne sur fond tranché vert et brun. Il portait un heaume noir à visière, décoré par des ailes semblables à celles d’une chauve-souris, haut et large, cachant son visage et donnant l’impression que sa tête était elle aussi énorme. Lorsqu’il se posta à côté de Johan, il s’inclina vers lui, révélant dans son dos une bosse près de son omoplate droite, bien qu’il réussisse malgré elle à se tenir très droit en selle, sur son grand cheval à la robe brune.

-Quel animal est-ce là ? Articula Geoffroy, aussi stupéfait qu’inquiet.

-Moi qui espérais un combat honorable, me voilà désigné pour achever les supplices d’une abomination, rétorqua Barthélémy avec férocité. Nul doute que la mort lui serait plus séante que d’avoir à supporter sa carcasse ignoble.

Le champion de Johan saisit son heaume qu’il retira lentement, révélant son visage aux hommes d’Aquitaine. Son menton était large et semblait boursouflé du côté droit, son nez était miraculeusement épargné par sa difformité, mais ses pommettes semblaient comme avoir fondu et dégouliné sur son visage, jusqu’à ce que son œil droit se retrouve plus bas que le gauche de plusieurs centimètres. L’arcade sourcilière du même côté était gonflée, une tumeur épaisse écrasant sa paupière supérieure, dénudée de cils et de sourcils. L’homme, s’il en était un, laissait pousser ses cheveux noirs le plus possible pour couvrir son visage grotesque, mais il les écarta d’une pichenette sous les regards dégouttés et méprisants de Barthélémy et de Geoffroy.

-Si la vue de mon faciès vous fait tant d’horreur,
J’ose espérer qu’elle n’émoussera pas votre lame.
Car, je vous préviens dès à présents mes seigneurs,
Tant que je resterais en vie, votre oriflamme,
Il ne conservera pas bien plus de valeur,
Que les fausses prétentions que votre seigneur nous clame.

Tristan de Montfort, baron de Chante-Bois, s’était exprimé d’une voix forte et grave, malgré sa mâchoire difforme, et ses yeux gris fixaient les deux Aquitains avec un mépris calme. Si bien que Barthélémy se mit à rougir de colère.

-Nous verrons si vous êtes toujours apte à proclamer de la poésie, le monstre, le menaça le champion de Geoffroy, lorsque ma lame aura trouvé votre cœur dans le tas de barbaque difforme qui vous sert de poitrine.

Geoffroy attrapa le chevalier par le coude et chuchota quelques mots à son oreille en guise d’avertissement. Si Barthélémy semblait ignorer qui était son adversaire, Geoffroy, lui, le savait.

-Alors c’est vous, Le Poète. Ricana Barthélémy une fois que son seigneur eu finit de le renseigner. Nous allons voir de quoi vous êtes fait.



*
* *

Les deux adversaires se faisaient face sur le champ de bataille, entre les deux armées qu’ils représentaient chacun, Geoffroy et Johan à quelques mètres d’eux, attendant que le duel commence. Il avait été décidé que le combat se ferait à pied, avec libre choix des armes, jusqu’à ce que l’un des deux adversaires n’abandonne, où ne soit plus en mesure de poursuivre le combat, la mort faisant partie de cette éventualité.

-Votre monstre est impressionnant, concéda Geoffroy, mais nul n’a jamais vaincu sir Barthélémy, inutile de sacrifier votre bête de foire. Nous prétendrons qu’il a vaillamment combattu mais s’est incliné honorablement devant plus fort que lui.

-Laissons les épées en juger, voulez vous ? Répliqua Johan avec un léger sourire en coin.

Barthélémy dans son armure de maille faisait des moulinets avec son épée, une longue lame au pommeau incurvé, tout en remuant son écu de bois aux couleurs de Plantagenêt afin de s’échauffer les bras. En face, Tristan venait d’être rejoint par un jeune homme d’à peine vingt ans, au visage angélique et aux cheveux blonds ondulés qui tombaient bas derrière sa nuque. Il tenait dans ses bras un long paquet, enveloppé dans une étoffe sombre qui semblait être de la soie. L’homme difforme en sortit une épée formidablement large, autant qu’une main, et longue de presque six pieds, si bien que celle de son adversaire semblait ridicule à côté d’elle. Le jeune garçon détacha de son dos un bouclier de bois, rond et arborant les couleurs de Chante-Bois, pour le passer au bras du champion de Johan. Le guerrier remercia son écuyer qui en retour enlaça brièvement le colosse avant de partir rejoindre les rangs de l’armée.

-Tous les vôtres sont-ils aussi familier avec vos écuyers où bien votre monstre est-il un cas à part ? S’étonna Geoffroy, avec un arrière pensé grossière.

-Le seigneur Tristan est très proche de ses enfants. Expliqua Johan, ravie de l’étonnement provoqué chez le comte en exil. Comme tout un chacun, il était stupéfié par la beauté des enfants du baron.

Les duellistes s’approchèrent l’un de l’autre, visière rabattue, tous deux mettant un genou à terre un bref instant, leur épée posée sur le sol afin d’adresser une prière à Dieu, éternel témoin des combats des hommes. Tous deux se relevèrent, et franchirent les derniers mètres les séparant, puis, se mirent en garde. Barthélémy se lança en premier à l’assaut, face à un Tristan d’une rare vélocité, parant de l’épée ou du bouclier avec une agilité insoupçonnée compte tenu de ses difformités qui ne semblaient guère le ralentir. Après quelques tentatives infructueuses, Barthélémy recula sans que Tristan n’essaye de contre-attaquer, le chevalier Aquitain semblant aussi stupéfait que les spectateurs n’ayant encore jamais eu l’occasion de voir le baron de Chante-Bois au combat.

-Pas mal. Pas mal du tout même, tu te débrouilles bien pour un animal. Lança Barthélémy à l’encontre du baron.

Ce dernier restait impassible, retranché derrière son écu, tandis que Tristan se mit à se déplacer de côté, jouant à faire tourner son épée entre ses deux, cherchant probablement un angle d’attaque. Mais Tristan se mit alors en mouvement, accompagnant d’un rugissement féroce un bond qui le rapprocha de son adversaire, assez pour l’attaquer de haut en bas, puis de taille et encore à la verticale, coups que Barthélémy dévia de son bouclier avec grande peine, gémissant à chaque impacte sous leur puissance. L’épée de Tristan volait, s’abaissant et frappant avec fureur, le bois de l’écu de son ennemi se fissurant, faisant voler écailles de peintures et échardes, jusqu’à ce que, faisant tournoyer sa longue épée pour lui donner plus de vitesse et de force, Tristan frappa à nouveau, pulvérisant le bouclier de l’Aquitain qui tomba à la renverse avec une exclamation de stupeur, lâchant au passage son épée.

-Non ! Bats-toi ! Hurla Geoffroy, terrifié par la force prodigieuse de Tristan qui s’approchait du champion du comte.

Barthélémy se mit sur le dos, sans quitter des yeux son adversaire qui avançait sur lui, se débattant comme une anguille sortie de l’eau. Il se releva rapidement, lorgnant sur sa lame, tombée derrière Tristan qui avançait toujours. Ce dernier passa à nouveau à l’attaque, frappant du plat de sa lame pour renvoyer Barthélémy à terre, mais l’Aquitain parvint à éviter le coup de taille et courut vers son épée qu’il ramassa sans s’arrêter, le poids de son armure le faisant glisser sur l’herbe encore humide de la dernière rosée. Le chevalier parvint à pivoter sur lui-même durant sa glissade tout en gardant son équilibre, ce qui fut salutaire, le permettant de parer avec son épée une nouvelle attaque de Tristan, ce dernier l’ayant rattrapé dans sa course. Les deux adversaires se lancèrent dans une danse d’attaques et de contre-attaques endiablées, Barthélémy s’efforçant de compenser la perte de son écu en étant plus mobile, bien que Tristan restait lui aussi très rapide, tentant quant à lui de renverser le chevalier pour finir le duel. D’un coup de butoir de se bouclier, le guerrier difforme envoya finalement valser à terre son ennemi, s’appuyant de son pied contrefait sur sa poitrine pour l’y maintenir. De la pointe de sa longue et large épée, il releva la visière de Barthélémy, ce dernier était rouge de rage, la lèvre inférieure en sang, après se l’être mordue sous le choc.

-Abandonne à présent, valeureux chevalier,
Point n’est nécessaire que ce jour soit ton dernier.

Barthélémy foudroya du regard le baron, serrant les dents d’un air de défi, mais, à nouveau mis à terre et désarmé, il commença à remuer les lèvres pour admettre sa défaite, avant d’être interrompu par Geoffroy aux côtés de Johan.

-Relèves-toi et bats-toi, lâche ! Hurla le prétendu comte avec fureur. Je t’interdis d’abandonner !

-Si mon seigneur me l’ordonne…marmonna Barthélémy d’un ton narquois.

Surpris, Tristan regarda sans réagir Barthélémy se saisir d’une dague à sa ceinture, qu’il enfonça violemment dans le pied malformé qui le plaquait à terre. Tristan poussa un hurlement de douleur inhumain, reculant en boitant, tandis que Barthélémy se relevait pour reprendre son épée et attaquer à nouveau. Visiblement en proie à une souffrance considérable, Tristan ne parvint pas à régir aussi vite qu’à l’ordinaire, et Barthélémy lui assena une violente attaque de taille, frappant son heaume avec force. Une aile décorant le casque du champion Toulousain vola, tandis que le combattant chancelait, Johan et son armée retenant leur souffle avec appréhension en voyant leur représentant en danger.

-Geoffroy, que cela cesse ! S’insurgea Johan à l’encontre du comte qui exultait. Cette farce n’a plus le moindre sens, votre champion était défait !

-Et pourtant le vôtre est sur le point de mordre la poussière, baron. Rétorqua le comte avec mépris.

Johan regarda, démuni, Tristan vaciller de plus en plus, tandis que son fils, resté dans les rangs de l’armée, semblait prêt à se joindre au combat, protestant contre la tournure que prenait le duel.

-Beslav, restes où tu es ! Ordonna Johan au jeune garçon qui venait de tirer l’épée et s’était avancé de quelques pas vers les deux combattants. Si tu y prends part, la bataille sera inéluctable !

Le jeune homme semblait fulminer, mais comprenant les enjeux, il recula, tandis que son père enlevait son heaume dont la visière avait été endommagée par la précédente attaque. Son visage difforme se tourna vers Barthélémy qui était resté à distance, guettant une nouvelle opportunité, maintenant que son adversaire était blessé.

-Tout ne semble pas aller pour le mieux, baron. Se moqua Barthélémy avec un sourire cruel. Vous avez une sale mine !

Les traits déjà affreux de Tristan devinrent plus plissés encore et ses lèvres s’écartèrent en un rictus de colère. Déliant les sangles attachant son bouclier à son bras, il s’en défait, le jetant à terre avec rage. L’homme difforme s’avança de quelques pas vers Barthélémy, d’abord hésitant à s’appuyer sur son pied blessé, puis avec plus d’assurance, et tenant sa longue épée à deux mains, il attaqua. Les deux combattants se relancèrent dans leur bataille, chacun attaquant de taille tour à tour, parant et esquivant avec rapidité à un rythme endiablé, sans que l’un d’eux ne sembla vraiment dominer l’autre, Barthélémy faisant preuve de vivacité en échappant aux féroces attaques de Tristan qui semblait quant à lui inépuisable bien que ralentit par sa blessure au pied. Ce dernier se lança dans une large taillade suivie d’une charge en estoque afin d’empaler l’Aquitain sur la lame, mais Barthélémy esquiva d’un pas chassé et frappa, atteignant Tristan aux côtes, le long desquelles il fit courir son épée qui dut y faire sauter quelques mailles, car lorsque les deux adversaires se séparèrent d’une bourrade de pied de la part de l’Aquitain, l’épée de ce dernier était rougie par le sang de Tristan qui reculait en se tenant le flanc, ce qui provoqua une exclamation joyeuse de Geoffroy.

Le visage ravagé du champion difforme reflétait sa douleur et sa colère, soufflant comme un bœuf pour calmer ses cotes et son pied en proie à la souffrance, tandis que Barthélémy s’approchait, sa visière relevée, laissant voir dans son regard hautain qu’il était prêt à en finir. Semblant ne pas réaliser que son adversaire approchait, Tristan posa légèrement son épée sur son épaule gauche, comme pour reposer ses bras de son poids, et Barthélémy attaqua. Le Toulousain se recula d’un bond et contre-attaqua dès que l’épée de Barthélémy lui eu passé au ras du visage, lui emportant au passage une fine balafre sur le nez, son ennemi parant aussitôt, faisant glisser leurs lames l’une contre l’autre pour attaquer aussi sec. Les deux combattants se rendant coups sur coups avec férocité, l’Aquitain frappant avec force de haut en bas, s’attendant à rencontrer la lame où la tête de Tristan. Au lieu de cela, l’homme difforme s’échappa sur la droite de Barthélémy et lui taillada la jambe, juste derrière son genou, en le dépassant. L’Aquitain tituba en beuglant, peinant à conserver son équilibre, et tandis que Geoffroy hurlait sa rage, Tristan désarmait définitivement son adversaire en lui sectionnant le bras au niveau du coude d’un revers de son épée en se retournant vers lui.

Barthélémy ne poussa pas même un cri, il regarda son bras armé tomber à terre à côté de lui. Hébété par le choc, il se tourna lentement vers Tristan tandis que le sang s’échappait de son moignon, tombant à genoux, son visage perdant toute couleur, ses lèvres remuant sans laisser s’échapper le moindre son.

-Grâce…Parvint-il finalement à murmurer en levant ses yeux écarquillés vers le baron.

Ce dernier regarda un instant le chevalier, la colère toujours inscrite sur ses traits hideux, ses doigts s’ouvrant et se refermant nerveusement sur la garde de son épée. Il en posa la pointe sur le torse de son adversaire défait.

-De nombreuses fois, vous m’avez manqué de respect,
Les règles de la guerre, vous les avez violés.
Et pourtant ce jour, je vais vous laisser la vie,
Et même si très forte s’en fait ressentir l’envie.
Car tristement, vous ne serez pas le dernier,
A cause de mon faciès à me mésestimer.

Barthélémy resta bouche bée, plus à cause de son hémorragie que par l’inattendue clémence de son adversaire, et il s’effondra sur le dos, balbutiant des mots sans cohérence.

-Je crois que cela clos ce combat, observa Johan à quelques mètres de là, devant un Geoffroy qui semblait sur le point d’exploser.

Ce dernier se précipita auprès de Barthélémy qui balayait l’air de sa main restante et de son moignon sanguinolent. Tristan s’éloignait en boitant, se dirigeant vers son bouclier dont il s’était séparé durant le combat.

-Misérable ! Hurla Geoffroy contre Barthélémy qui ne l’entendait guère. Tu as osé perdre !

Et d’un geste enragé, le comte dégaina et enfonça son épée dans la poitrine de Barthélémy, encore à terre. Le champion poussa un gémissement pathétique avant d’expirer, tandis que Tristan s’approchait en clopinant, révolté.

-Comment avez-vous pu faire une telle chose ?! S’exclama-t-il, l’indignation lui faisant oublier de s’exprimer en vers.

Geoffroy foudroya du regard le baron, et avec une expression de dégoût, l’attaqua furieusement, sa lame l’atteignant au visage, lui ouvrant l’arcade sourcilière déformée, puis frappant de nouveau, cette fois-ci à son épaule. Tristan s’écroula, sous les regards scandalisés des deux armées.

-Attaquez ! Chargez ! Beugla Geoffroy à ses hommes à l’autre extrémité du champ. Leur trépas sera notre gloire !

Après un instant d’hésitation, l’infanterie Aquitaine se mit en branle tandis que la cavalerie s’échappait vers l’est du pré avec l’intention d’encercler l’armée Toulousaine. Tandis que Geoffroy regagnait ses lignes qui avançaient, Johan se précipita vers le corps de Tristan, bientôt rejoint par son fils Beslav. Tous deux tentèrent de relever le grand guerrier, mais celui-ci les repoussa d’une main forte, en grognant, se redressant avec efforts.

-N’ayez donc aucune raison de vous inquiéter,
Ces plaies, bien pires j’ai déjà eu à récolter.

Tandis que Beslav aidait son père à avancer, Johan leva son épée vers le ciel en haranguant ses troupes.

-Les Aquitains n’ont pas respecté les termes de notre accord ! N’ayez aucune pitié ni aucune crainte, car nul félon ne saurait vaincre les plus vaillants guerriers du royaume ! Chargez !

A son tour, l’armée Toulousaine se mit en marche au son des cors.
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Jeu 21 Juin - 13:07

Très agréable première partie mais en revanche, mieux vaut ne pas lire les nouvelles descriptions des personnages,vu qu'en effet tu spoiles la suite des événements What a Face Heureusement j'ai lu qu'un tout petit bout MrGreen

J'avais la musique de Braveheart en tête en lisant la phase de déploiement et le début de l'entretien,ça nous doit pas être un hasard MrGreen
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mar 26 Juin - 1:49

Toute ressemblance est totalement fortuite (pour une fois...). En revanche tu m'as rappelé que cela faisait longtemps que je n'avais pas vu ce film...
Qui manquerait une occasion de voir des Anglais se faire trucider, et en prime Mel Gibson se faire torture...un régal ! MrGreen
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mer 27 Juin - 3:34

Les deux armées se rencontrèrent au milieu de la plaine, leurs infanteries se chargeant sans qu’un semblant de plan de bataille ne semble être respecté. Pourtant, la mêlée ne semblait pas vouloir se former, et les Toulousains restaient groupés, formant un mur de bouclier solide non loin de quelques combattants courageux qui affrontaient les soldats Aquitains, à un contre dix. La piétaille des Plantagenêt cherchait à enfoncer les rangs ennemis, mais leurs assauts étaient rapidement entravés par quelques guerriers solidement équipés qui chargeaient leurs flancs. Petit à petit, le mur de bouclier gagnait en homogénéité, et le centre Toulousain avançait lentement, appuyé par les troupes de chocs éparpillées autour de lui. Parmi ces soldats isolés, l’on pouvait repérer de loin la silhouette difforme de Tristan Montfort, le colosse aux membres disproportionnés fauchant l’ennemi à tour de bras malgré ses blessures, ses cris de ralliement encourageaient ses alliés et effrayés ses ennemis. Sur le champ de bataille, le Poète devenait véritablement le Monstre.

En retrait avec l’essentiel de sa cavalerie, le baron Johan Fontaine lançait des ordres à sa foule de gens pour les inciter à garder leur position. Ses archers, restés à l’écart, encochaient leurs flèches et tiraient aussi précisément que possible sur le flanc gauche de l’ennemi, profitant de leur position légèrement surélevée pour les harceler de leurs traits, y affaiblissant dangereusement l’ennemi. C’est certainement en faisant ce constat que Geoffroy Longlac rappela sa cavalerie à qui il voulait faire contourner le champ de bataille, pour décider de charger à leur tête et sans attendre les archers Toulousains, à peine défendus par une vingtaine de reitres.

-Il mord à l’appât, constata Johan avec son demi-sourire, puis s’adressant plus clairement à son subalterne à ses côtés, rassemblez les cavaliers, nous allons à sa rencontre. Faites sonner du cor dès que nous serons au contact !

Son vassal le salua et regagna sa troupe au trot, tandis que Johan talonnait sa propre monture pour se placer à la tête de ses cavaliers. Tous des hommes de Toulouse, ni les plus braves ni les plus forts, mais il savait qu’ils le suivraient.

-Vous m’avez suivi jusqu’ici, au devant d’un ennemi redoutable et en surnombre. Si nous perdons aujourd’hui, ce sera une lente agonie pour nos terres, demain et après-demain. Et pour nous, il n’y aura pas de tristes chants et ballades en l’honneur des sacrifiés du Griseant, juste les chants des corbeaux au crépuscule. Mais chevauchez avec moi, et je vous montrerais que même ces braves guerriers de Plantagenêt saignent lorsqu’on les coupe et se chient dessus lorsqu’on leur perce le bide !

-Du sang et de la merde ! Hurla un cavalier, tel un cri de guerre, parmi les rires de ses camarades.

-Bien parlé Sir ! Approuva Johan avec un demi-sourire féroce, faisant faire un moulinet de son épée comme s’il pourfendait déjà l’ennemi. Montrons-leur que c’est tout ce qu’ils récolteront ici pour nous avoir défiés ! Pour notre seigneur et Toulouse ! Tuez-les tous !

Johan fit partir sa monture au galop, suivi par ses cavaliers en furie, et par sa bannière représentant les couleurs d’Eaubelle, un signe nageant sur azur. Menant la charge à la rencontre des cavaliers Aquitains, en périphérie du champ de bataille, il pria une dernière fois avant que le fracas des armes, des bêtes et des hommes ne l’entrainent dans un torrent de violence.

*
* *

Siegfried Eysteinsson put voir les cavaliers des deux camps se heurter avec fracas, les lances se brisant sur les boucliers, les hommes et les bêtes s’écroulant lors de l’impact, puis la folie de la mêlée s’engagea. Il en frémit, enviant le vieux pour sa chance d’être en plein cœur des combats. Là bas, il aurait fait un carnage. Mais il savait qu’on avait besoin de lui pour une autre tâche de plus grande importance. L’infanterie se débrouillait bien, et même les solides fantassins Aquitains peinaient à prendre l’avantage face à ceux de Toulouse, le baron d’Eaubelle ayant ordonné que ses meilleurs éléments se placent en première ligne, après s’être dissimulé lors du duel parmi les manants formant le gros de son armée afin de feindre la faiblesse de ses rangs. Mais mieux valait ne pas trainer, Eaubelle et le Monstre ne tiendraient pas lors d’un engagement prolongé, et toute la force de leur plan résidait entre les mains de Siegfried et des cavaliers de l’Epave.

Son fameux casque à l’allure de crâne de cheval sous le bras, Siegfried fit avancer sa monture pour se placer face à ses cavaliers, Brand, son cousin, le suivant de près.

-Déploie les tirailleurs sur le flanc gauche, ordonna t-il à ce dernier. Lorsque nous serons au contact, retire-les et fait le tour afin d’appuyer le vieux. Il ne faudrait pas que le baron ne tombe, ça serait fâcheux.

-Tu devrais éviter de l’appeler “le vieux“, lui fit remarquer Brand avec désapprobation. Il dirige nos forces coalisées, et manquer de respect à son égard devant nos hommes risque de mettre à mal notre unité. Et ne pousse pas trop nos cavaliers dans le centre Aquitain. Si vous vous faites repousser, c’en sera terminé de nous.

-Oui oui oui, j’y veillerais. S’exaspéra Siegfried, navré d’avoir à subit les reproches de son cousin, il ressemblait à une vieille mégère toujours sur son dos. Maintenant, va mener notre flanc gauche.

Brand le salua avec une grimace, sachant pertinemment que Siegfried n’en ferait qu’à sa tête, comme toujours, puis s’en alla déployer ses hommes. Le Jarl de l’Epave quant à lui se tourna vers ses propres cavaliers, tandis que Sleipnir, sa monture à la robe blanche, piétinant d’impatience, rendue de plus en plus nerveuse par les bruits de la bataille. Les huskarls commencèrent à former la ligne alors qu’il les guidait à l’orée du bosquet qu’ils avaient atteint pendant le duel entre le Monstre et le champion Aquitain. Montfort ne s’en était pas trop mal tiré malgré quelques ratés, et au final, le diversion offerte par le spectacle des deux guerriers s’affrontant à mort leur avait permis de se faufiler discrètement en périphérie du champ de bataille. A présent que l’infanterie ennemie était occupée à tenter de briser la ligne Toulousaine et que leur cavalerie était en prise avec celle du vieux baron d’Eaubelle, Siegfried avait le champ libre. Il allait ravager l’ennemi dans une charge mémorable. Son armée sortie des bois, surplombant légèrement le pré où s’affrontaient les deux armées.

-Cavaliers de l’Epave ! Hurla Siegfried en faisant se cabrer Sleipnir qui devenait intenable tant il trépignait de piétiner l’ennemi. Voilà près de deux ans que Plantagenêt nous a chassé de nos terres, deux ans d’errance, deux ans de rage et de désir de vengeance inassouvies. Mais l’attente s’achève ici et maintenant ! L’heure est venue de faire payer à ces chiens leur dette envers notre clan ! Pour la mort de notre Jarl mon père, le meurtre de mes frères, et pour avoir réduit en esclavage nos femmes, nos sœurs et nos filles, Henri paiera de sa vie, ainsi que de celles des siens ! Nous brûlerons ses terres comme il a incendié les nôtres ! Ses remparts tomberont, tout comme s’est écroulé notre Grand Hall ! Tout ceci commence maintenant ! Chevauchez avec moi ! Et ce soir, le Walhalla verra passer ses portes des guerriers par centaines qui diront avoir été pourfendu par les cavaliers de l’Epave ! Chargez !

Ses hommes poussèrent des cris de guerre, en langues franques où scandinaves, et Siegfried enfila son heaume et talonna Sleipnir qui se mit à galoper avec frénésie vers le champ de bataille, suivi par près de deux cent huskarls, armés de lances, de haches et d’épées. Siegfried empoigna sa fidèle lance, dont la lame à double tranchant était si longue qu’elle avait aussi bien vocation à transpercer l’ennemi qu’à le taillader, et prit la tête de la charge, les panaches blancs de sa lance et de son heaume flottant au vent alors que l’infanterie Aquitaine prenait seulement conscience de l’arrivée de l’ennemi sur leur flanc.
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mer 27 Juin - 4:51

Les tirailleurs de l’Epave ouvrirent le feu sur l’ennemi sans interrompre leur charge, les archers et les javeliniers montés tirant leurs traits et lançant leurs javelots dans la masse compacte formée par l’infanterie ennemie en prise avec le mur de boucliers Toulousain. Les hommes commencèrent à reculer, pris de panique devant la charge folle des cavaliers Normands, les lanciers dépassant en trombe les tirailleurs qui tiraient cette fois-ci l’épée et la hache tandis que Brand Eysteinsson levait la main en l’air afin de les inciter à le suivre. Le choc des cavaliers contre l’infanterie fut terrifiant, les hommes se faisant piétiner impitoyablement par les bêtes, et embrochés sur les lances de l’Epave.

-Tirailleurs, avec moi ! Ordonna Brand, leva cette fois-ci sa hache, comme signe de ralliement. Sus à leurs chevaliers ! Montrons leur de quoi sont capables les cavaliers de l’Epave !

Les quelques Normands qui le suivirent poussèrent des exclamations féroces, s’éloignant de la mêlée avec regrets. Déjà, Brand et ses hommes arrivaient au niveau de la réserve d’Eaubelle, son infanterie légère peuplée de paysans et de mercenaires ayant été mis de côté au cas où il aurait fallut couvrir la retraite de l’armée. La piétaille s’écarta de leur passage, laissant libre le chemin le plus rapide jusqu’à l’endroit où les cavaliers du baron affrontaient ceux du prétendu comte à la solde de Plantagenêt. Brand fut admiratif devant l’organisation et la discipline qu’avaient réussi à imposer les officiers du baron parmi ces hommes peu habitués à garder leur position sur le champ de bataille. Il faudrait lui en parler lorsque le combat s’achèverait…à condition que la victoire leur soit accordée.

Ses cavaliers émergèrent des rangs des piétons, chargeant les chevaliers Toulousains et Aquitains, bataillant toujours férocement au pied de la butte d’où les archers du baron continuaient de tirer leurs traits sur le flanc ennemi.
Le premier Aquitain rencontré tournait le dos à la charge des Normands, combattant à l’épée un Toulousain, et Brand lui asséna un violent coup de hache entre les épaules en passant à côté de lui. L’homme hurla, le dos ouvert et bascula de son cheval, sans que Brand ne le voie. Il était déjà arrivé au niveau d’un autre chevalier qui lui l’attendait, et bloqua sa première attaque avec son bouclier et contre-attaqua aussitôt. Brand dévia avec sa hache, et le duel s’arrêta là, un Normand fonça sur son adversaire et leurs montures se heurtèrent si violemment que le chevalier fut projeté à terre, juste avant que son propre cheval ne lui écrase les jambes dans sa chute. Brand fit avancer sa monture au milieu des combats, cherchant un adversaire apte au combat, mais déjà, le comte d’Alep rappelait ses chevaliers, leur ordonnant de battre en retraite, face aux assauts subis à la fois par ses cavaliers et par son infanterie.

-Nous devons pousser l’avantage, maintenant ! S’exclama le baron d’Eaubelle, surgissant à ses côtés.

Le heaume du vieux seigneur était cabossé, son visage couvert d’éclaboussures de sang et de boue, son tabard était déchiré et sa cotte de maille percée ici et là, révélant quelques blessures, mais il semblait globalement en bonne santé. Son épée quant à elle, rougie de la pointe à la garde, prouvait qu’il était encore un fin bretteur.

-Conduisons nos cavaliers dans le dos de leur infanterie ! Ordonna le baron.

-Il ne vaudrait mieux pas ! Objecta vivement Brand. Nous voulons les mettre en déroute. Mais si nous les cernons, ils se battront jusqu’à la mort avec la rage du désespoir, et là, ils nous saigneraient à blanc avant même que nous n’ayons tué la moitié d’entre eux. Attaquons plutôt leur flanc droit tandis que mon cousin continue d’enfoncer leur gauche.

-Va pour le flanc, acquiesça Eaubelle avec un demi-sourire forcé par sa paralysie faciale.

Brand resta aux côté du baron, lorsque leurs cavaliers rejoignirent le champ de bataille, suivis de près par les archers qui avaient vidé leurs stocks de flèches et s’étaient saisis de gourdins. De son côté, Montfort avait ordonné à l’infanterie de rompre le mur de bouclier et de charger avec plus de force encore le centre Aquitain. Ces derniers paniquaient face à la combattivité adverse. L’armée de Plantagenêt s’était attendue à une journée sans combats, au lieu de cela, ils faisaient face à un ennemi farouchement décidé à la renvoyer chez elle.
Juché sur le dos de son cheval, Brand fendait les crânes à sa portée tout en encourageant ses hommes à avancer, lorsque des cris attirèrent son attention. Il réalisa que c’était le nom de son cousin que l’on scandait avec admiration et fureur.
Lorsqu’il regarda vers les rangs ennemis, il discerna sans peine un cavalier tout vêtu de blanc, mais taché de rouge, se frayant un passage à la lance parmi la piétaille. Siegfried galopait sous les ovations de ses cavaliers, restés en retrait, et il abattait tout ennemi assez fou pour se mettre en travers de sa route. Un chevalier ennemi le chargea de front, mais en un éclair, Sleipnir l’esquiva avec vélocité, et son cavalier abattit d’un coup spectaculaire l’Aquitain qui s’affaissa sur sa monture encore galopante, la gorge ouverte. Un autre attaqua sur le flanc de Siegfried, mais celui-ci repoussa l’épée ennemie d’un revers de sa lance, puis démonta le cavalier d’un second revers. Et les acclamations redoublaient de puissance dans les rangs Toulousains.

-Siegfried ! Siegfried ! Siegfried !

Le Jarl renversait les soldats à pied qu’il rencontrait, pourfendant certain de sa lance, sans jamais stopper sa course. Lorsqu’un piquier tentait de l’arrêter, son cheval faisait un écart et le Jarl lui fouettait le visage avec son arme.

-Siegfried ! Siegfried ! Siegfried !

Un chevalier le rattrapa, et sans même un regard derrière lui, le Jarl se pencha vivement pour éviter un coup d’épée et fit tournoyer sa lance en se redressant, avant de la planter en plein dans le plastron de son adversaire. Il l’en retira d’un geste vif, abandonnant son poursuivant agonisant.

-Siegfried ! Siegfried ! Siegfried !

Il galopait toujours vers le comte d’Alep qui regroupait sa cavalerie à l’écart des combats, ces derniers observant avec stupeur la progression du Normand vers eux. Sous les ordres de Longlac, trois cavaliers chargèrent Siegfried qui n’était plus qu’à mi-chemin, émergeant des rangs ennemis. Deux chevaliers se ruaient de front vers lui tandis qu’un autre prenait le large pour lui tomber dessus à revers. Siegfried attrapa alors sa lance, tel un javelot, et la projeta avec force, transperçant l’un des chevaliers de part en part. L’autre fut trop étonné pour réagir lorsque le Jarl dégaina son épée et arriva à sa hauteur, faisant voler la tête de son adversaire d’un coup fulgurant, avant de rengainer aussitôt. Sleipnir dépassa au galop le cheval arrêté du cavalier transpercé par la lance de Siegfried, et ce dernier l’arracha du dos de son ennemi sans s’arrêter. Des ovations délirantes retentirent dans les rangs Toulousains, et même des Aquitains cessaient le combat pour contempler avec terreur la chevauchée meurtrière du Normand.

-Siegfried ! Siegfried ! Siegfried !

Ce dernier lança un regard derrière lui, vers le chevalier Aquitain qui le poursuivait. Lorsqu’il se vit repérer par le terrible cavalier, l’homme tourna la bride et s’éloigna au galop. Plus loin, les cavaliers entourant Longlac commençaient eux aussi à s’écarter, redoutant de croiser le fer avec le guerrier de l’Epave, sous les ordres et les insultes du comte d’Alep qui tentait de ramener l’ordre dans ses rangs. Mais plus personne ne l’écoutait, tous n’avaient d’yeux que pour la charge solitaire de Siegfried. Brand pouvait presque entendre les cris paniqués de Longlac qui appelait ses hommes à le protéger. Mais lorsque Siegfried l’atteignit, plus aucun Aquitain n’était présent pour le défendre. Le Jarl le frappa d’estoc avec sa lance, la lame l’atteignant en plein sternum, le faisant décoller de sa selle, et tous purent voir la chute du général Aquitain, projeté dans les airs, puis retombant péniblement sur le sol à plusieurs mètres de son cheval. Siegfried fit faire le tour du corps désarticulé de son adversaire mis à bas, puis, regardant vers le champ de bataille, et se sachant observé, il leva sa lance vers le ciel. Des ovations éclatèrent dans les rangs, les hommes poussant de terribles rugissements et acclamant le nom du Jarl tandis que les Aquitains prenaient la fuite, paniqués.

-Siegfried ! Siegfried ! Siegfried !

Les cavaliers de l’épave parcoururent les rangs alliés et ennemis pour entourer leur chef en scandant son nom, tandis que les hommes de Toulouse faisaient de même, ignorant presque les Aquitains en déroute.

-On m’a vanté sa force, sa bravoure et son habilité, balbutia Johan Fontaine en faisant avancer sa monture auprès de celle de Brand, resté à l’écart de la foule qui se dirigeait vers Siegfried. Je n’y croyais qu’à moitié…et maintenant, je me rends compte que même les éloges que l’on faisait de lui étaient en dessous de la vérité.

-Et pourtant, ça n’a pas été suffisant pour sauver notre foyer. Pondéra tristement Brand. C’est une force de la nature, un tel talent pour la guerre, il n’en apparaît qu’un tous les cent ans. Il est regrettable qu’il ait vu le jour dans une maison aussi modeste que la notre. Au service d’un seigneur plus puissant, son nom aurait été porté jusqu’aux confins de l’Orient et au-delà.

Johan approuva tandis que Siegfried rassemblait ses cavaliers et menait la poursuite des Aquitains, espérant en faucher le plus possible afin de les empêcher de se regrouper. Brand regarda le paysage entre lui et son cousin. Des dizaines de corps et plus encore de blessés reposaient sur le champ de bataille, hommes et chevaux gisant côtes à côtes, quelque soit leur camp. A vu de nez, il estimait leurs perte à un peu plus d’une centaine d’hommes, il y ajouta une cinquantaine de blessés qui ne pourraient être sauvés. Plus d’un dixième de leurs forces. Il estimait en revanche, selon son évaluation la plus pessimiste, que les Aquitains avaient perdu près de trois cent des leurs, et peut être cent de plus si la chasse de Siegfried était médiocre. Dans le meilleur des cas, l’armée Aquitaine serait amputée d’environ six cent hommes, près d’un tiers de l’avant-garde ennemie…ça ne serait pas assez. Les nobles de Plantagenêt avaient subi une défaite humiliante, et la vision de Siegfried fauchant les leurs comme le blé allait leur donner des cauchemars pendant quelques semaines. Mais au final, il craignait que cette victoire n’allait que rendre l’ennemi plus prudent et plus difficile à duper à l’avenir.

-Rappelez-votre cousin messire Eysteinsson, conseilla Johan. Il ne faut pas que nous nous dispersions trop, et le perdre serait une véritable catastrophe pour nous. Je vais me charger d’envoyer des civières pour nos blessés et donner des ordres pour que le camp soit levé le plus vite possible. Nous nous replions.

-Sage décision. Approuva Brand, le Griseant ne sera pas tenable plus d’une semaine face à l’ennemi. Je chargerai aussi nos médecins de sauver autant d’Aquitains que possible. Etre clément envers eux aujourd’hui poussera peut-être Plantagenêt à autant de clémence envers nous lorsque…vous savez.

Johan approuva après un instant d’hésitation. Au moins, tous deux ne se faisaient guère d’illusions. Cette guerre, ils ne la gagneraient pas. Brand fit sonner les cors, afin de rappeler Siegfried qui miraculeusement fit reculer ses hommes. Sûrement avait-il eu son compte de combat aujourd’hui. Le jeune Normand regarda son cousin revenir vers leur armée à la tête de la cavalerie, sous les ovations des Toulousains. Il était bon qu’il soit là pour rendre courage à leurs hommes, car Brand, lui, n’avait d’yeux que pour les torches et les braseros qui s’allumaient qui s’allumaient en haut des collines au nord. La journée entière s’était écoulée pendant la bataille, et la nuit tombait. Loin au nord, le camp de l’armée Aquitaine s’illuminait. Des feux pour réchauffer et éclairer les vingt mille hommes restant à Plantagenêt. Ils arrivaient, et Toulouse ne pourrait pas les arrêter.
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mer 27 Juin - 12:55

Squall qui se lance dans l'épique, je suis plus que fan MrGreen

J'avais superbement la scène en tête, même si le personnage avait plutôt un aspect à la Dynasty Warriors qu'a la normande MrGreen

http://koei.wikia.com/wiki/Ma_Chao
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mer 27 Juin - 21:12

*chaos* a écrit:
Squall qui se lance dans l'épique, je suis plus que fan MrGreen

J'avais superbement la scène en tête, même si le personnage avait plutôt un aspect à la Dynasty Warriors qu'a la normande MrGreen

http://koei.wikia.com/wiki/Ma_Chao

Ca alors...je me demande où tu as bien pu aller trouver une idée pareille... Rolling Eyes Cette série de jeux si plats, si redondants et au background si pauvre est indigne de figurer parmi mes sources d'inspiration. Rolling Eyes

*S'éclipse vers la sortie discrètement. Une musique rock déjantée retenti, accompagnée d'un cri de barbare dopé aux stéroïdes "I am Lu Bu ! Who dares to face me ?!"*
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   Mer 27 Juin - 23:54

J'ai débuté la romance des trois royaumes il y a pas longtemps, le premier tome était fabuleux,la première moitié du second aussi et puis... Le traducteur est mort et c'est un couple de manchots complétement incompétents qui ont repris la traduction,je n'ose plus ouvrir le troisieme tant la fin du deuxième était insupportable (changement dans les noms, traductions mots à mots, horrible quoi ) What a Face
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MessageSujet: Re: La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]   

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La bataille du Griseant [Toulouse vs Aquitaine]
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